Initiative . Une rencontre réunissant huit pays arabes, sous l’impulsion de la Ligue arabe, s’est tenue au Caire pour discuter de la création du premier Rapport sur l’avenir de l’environnement dans le monde arabe. Compte rendu.

 

L’environnement arabe, rapport à l’appui

 

Sur le modèle du rapport international intitulé « L’Avenir de l’environnement global » (GEO, Global Environment Outlook) et du rapport régional « L’Avenir de l’environnement en Afrique » (AEO, Africa Environment Outlook), le premier rapport sur L’Avenir de l’environnement dans la région arabe (EOAR, Environment Outlook for the Arab Region) devrait voir le jour en juin 2008.

Le processus a été initié l’année dernière par la Ligue arabe à travers le Conseil des ministres arabes responsables de l’environnement ou CAMRE (Council for the Arab Minister Responsable of the Environment). Et pour jeter les bases de la création de ce premier rapport pour la région arabe, notamment son processus de préparation, sa structure, ses chapitres ainsi que les techniques utilisées, le Centre de l’environnement et du développement pour la région arabe et l’Europe, CEDARE, le Programme des Nations-Unies pour l’Environnement (PNUE), les bureaux de l’Afrique (ROA) et de l’Asie occidentale (ROWA), et la Ligue arabe, à travers le département de l’environnement et du développement durable, ont organisé une réunion de trois jours au Caire, du 27 au 29 mars dernier. Elle a regroupé une trentaine de participants du Bahrein, d’Egypte, du Koweït, du Liban, de la Libye, de la Syrie, du Soudan et de la Tunisie. Les participants étaient pour la plupart des experts, des académiciens, des responsables gouvernementaux et des représentants des médias, spécialisés dans le domaine de l’environnement et qui, ayant participé au processus de rédaction du GEO et de l’AEO, sont familiers de ce genre de rapport.

« Le monde arabe fait face actuellement à plusieurs défis environnementaux, et la mission du CAMRE est d’aider les pays arabes à réaliser le développement durable », a commenté Shahira Whabi, chef de la division de coopération multilatérale environnementale au département de l’environnement et du développement durable au sein de la Ligue arabe. Et d’ajouter que la région a besoin de mobiliser les ressources et de faciliter l’utilisation de l’information.

« La préparation d’un tel rapport entraînera les Etats arabes à avoir leur propre stratégie régionale en termes d’environnement, à augmenter également le potentiel des sciences et à sensibiliser les gens grâce à la pré-alerte et l’évaluation. A mon avis, le rapport doit inclure des prédictions et montrer quels sont les problèmes environnementaux les plus urgents dans la région arabe afin de leur trouver des solutions convenables », a insisté Mme Whabi.

Nadia Makram Ebeid, directrice exécutive du CEDARE, a quant à elle souligné l’importance de ces rapports qui sont considérés comme des sonnettes d’alarme régulières qui aident à faire le point sur l’état de la protection de l’environnement, mais aussi donnent aux responsables la base de données nécessaire à une meilleure prise de décision.

« La Ligue arabe a demandé au PNUE de coordonner avec ses centres de collaboration afin de préparer un rapport sur L’Avenir de l’environnement dans la région arabe. Notre but est donc de fournir, à travers ce rapport, les informations les plus récentes et les plus justes en matière d’environnement, afin de donner une image correcte de l’état de l’environnement dans la région arabe. Nous tenons également à ce que le rapport soit écrit dans un langage simple et facilement compréhensible », explique Marion Cheatle, directrice adjointe de la Division de la pré-alerte et de l’évaluation, (DEWA, Division of Early Warning and Assesment) au sein du PNUE.

Les sources d’information en débat

Adel Farid Abdel-Qader, directeur régional de la DEWA au PNUE, bureau de l’Asie occidentale, a pour sa part présenté les outils, les guides et les différentes sources d’informations que les éditeurs pourront utiliser. D’ailleurs, les sources d’informations qui devront être utilisées ont provoqué un débat. « Les chiffres nationaux et officieux sont les plus appréciés de la part des responsables », avoue l’ingénieur Mohib Abdel-Sattar, directeur général des programmes d’informations au sein de l’Agence Egyptienne pour les Affaires de l’Environnement (AEAE).

Il rappelle qu’une étude sur le coût de la dégradation de l’environnement, préparée par la Banque mondiale il y a quelques années, avait fait beaucoup de bruit en Egypte. A l’époque, le ministre de l’Environnement avait refusé de l’approuver en contestant les informations et les chiffres utilisés dans l’étude, bien loin des chiffres officiels.

C’est pourquoi la Ligue arabe s’est déclarée responsable d’appeler les Etats à faciliter la collecte des informations pour la préparation du rapport.

Le rapport, de quelque 300 pages, sera composé de 11 chapitres, dont L’Environnement pour le développement durable, l’eau, la terre, L’Environnement marin et côtier, la biodiversité, L’Atmosphère, les défis et les opportunités, le Futur aujourd’hui et bien d’autres.

« J’étais personnellement pour l’ajout d’un chapitre sur les perspectives des Etats, ce qui permettait à chacun des 22 pays arabes de se concentrer très brièvement sur un sujet environnemental sur deux pages, une étape pareille pourrait créer une sorte de propriété », avoue Ahmad Abdel-Réhim, directeur régional du programme d’évaluation environnemental au CEDARE.

Ce genre d’initiative, avec l’importance qu’elle représente, reste malheureusement sans écho concret. Qui exactement profite des études et des rapports dont la préparation coûte des sommes énormes et des efforts personnels considérables ?

C’est la Ligue arabe qui doit ici jouer le rôle dynamique pour que son premier rapport porte ses fruits et pousse les dirigeants arabes à changer leurs politiques en faveur d’une meilleure protection de l’environnement et une meilleure utilisation des ressources naturelles.

Dalia Abdel-Salam