Al-Ahram Hebdo, Egypte | « Notre unique but est de protéger les citoyens »
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 11 au 17 avril 2007, numéro 657

 

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Egypte

Alexandrie. Adel Labib, gouverneur d’Alexandrie, défend sa politique d’urbanisme et évoque son plan de réaménagement de la ville.

 

« Notre unique but est de protéger les citoyens »

Al-Ahram Hebdo : Pourquoi avez-vous subitement procédé à tant de destruction de bâtiments ?

Adel Labib : Simplement parce que nous avons constaté qu’un nombre énorme de bâtiments ne respectent pas les règles de construction. Nous avons recensé environ 60 000 constructions contrevenantes. Il n’est pas question de fermer les yeux, car cela met en danger la vie des citoyens. Les responsables des quartiers ont reçu les ordres de démolition qu’ils doivent exécuter. Notre devoir est de protéger le citoyen avant le propriétaire. Nous demandons donc à chaque citoyen souhaitant acheter un appartement de vérifier si celui-ci est conforme aux critères de construction.

— Mais certains propriétaires possèdent des permis de construire délivrés par le gouvernorat ...

— Nous examinons les cas de ceux qui possèdent de tels permis. J’ai demandé au département des affaires juridiques du gouvernorat d’examiner leurs dossiers. Je répète que notre unique but est de protéger les citoyens.

— Vous semblez avoir une approche différente de celle de votre prédécesseur, Mohamad Abdel-Salam Al-Mahgoub. Quel est votre plan pour réaménager la ville d’Alexandrie ?

— Quand je suis arrivé l’année dernière à la tête du gouvernorat, j’ai identifié de nombreux problèmes. Ma stratégie est bien déterminée. Je préfère commencer le réaménagement de l’intérieur puis me tourner vers l’extérieur, c’est-à-dire commencer par les rues et les petits quartiers situés au cœur d’Alexandrie pour aller ensuite vers la périphérie. Nous avons un grand projet de réaménagement. L’exécution de ce projet a été confiée à plusieurs grandes sociétés, dont Al-Moqaouloun Al-Arab. Chacune est chargée d’exécuter les travaux de réaménagement dans un secteur. Il s’agit d’installer des réseaux d’égouts, d’électricité, d’eau potable et de gaz naturel. 60 000 foyers ne sont pas équipés en gaz naturel. La ville sera entièrement rénovée.

— Comment allez-vous assurer le financement ? Les hommes d’affaires vont-ils y contribuer, comme c’était le cas avec votre prédécesseur ?

— Un budget de 300 millions de L.E. a été alloué à notre projet. Le financement sera assuré uniquement par le gouvernorat et par l’Etat. Le fait d’accorder des facilités aux hommes d’affaires en échange desquelles ils assument les frais de certains travaux a des avantages, mais aussi des inconvénients. Parmi ces derniers, il y a le fait qu’on s’est intéressé à certaines régions aux dépens d’autres.

— Le centre hospitalier universitaire d’Al-Chatbi à proximité de la Bibliothèque d’Alexandrie est aussi sujet à polémique. Est-il vrai qu’il sera démoli ou transféré à Smouha pour être remplacé par un hôtel de luxe ?

— Cette décision ne peut être prise que si nous avons les moyens de donner à l’hôpital de meilleures conditions de fonctionnement que les actuelles. Et je voudrais ajouter que Smouha n’est pas un quartier éloigné d’Al-Chatbi. En même temps, Smouha est très proche de la périphérie de la ville d’où proviennent la plupart des malades de l’hôpital actuel d’Al-Chatbi.

— Et l’université d’Alexandrie ? Y a-t-il une volonté de vendre ses locaux pour construire un complexe touristique ?

— C’est une idée qui a été proposée. A vrai dire je ne suis ni pour ni contre. Je pense qu’il faut bien étudier ce projet avant de prendre une décision. Mais je ne pense pas que ce projet puisse être exécuté prochainement.

— Le problème de la circulation à Alexandrie ne cesse de s’aggraver. Que comptez-vous faire à ce sujet ?

— La seule solution pour résoudre les problèmes de circulation est de construire des tunnels. Nous allons commencer en septembre prochain la construction de deux tunnels avec un financement de 180 millions de L.E. Le premier sera sur la corniche à hauteur de la rue Khaled Ibn Al-Walid. Les voitures seront obligées à cet endroit de rentrer dans le tunnel et de laisser la corniche aux passants. L’autre tunnel sera à Miami, rue 45. Outre ces deux tunnels, nous allons ouvrir, dans quelques semaines, un nouvel axe routier qui traversera toute la ville d’Alexandrie comme la rue de la corniche et celle d’Abouqir. Nous allons par ailleurs élargir de 5 mètres la chaussée sur la corniche à Sidi Bichr devant l’hôtel Al-Mahroussa car c’est un lieu d’embouteillage. Nous avons transféré la gare routière du quartier de Smouha vers Moharram Bey pour diminuer les bouchons. Il y aura un jardin à la place de cette station. Nous avons eu recours à un professeur de la faculté de polytechnique de l’Université du Caire pour mettre en place un plan afin d’assurer la fluidité de la circulation à Alexandrie. Il travaille depuis quatre mois et je crois que les citoyens ressentiront dans quelques temps la différence.

— A l’approche de l’été, avez-vous un plan concernant les plages privées ?

— Lorsque je suis venu à Alexandrie, il y avait plus de 30 plages privées que je cherche maintenant à rendre publiques. 13 plages seront ouvertes gratuitement cette saison aux estivants, puisque la période de leur location est terminée et que le gouvernorat ne va pas les renouveler. Les estivants vont jouir de ces plages sans être obligés de consommer des boissons ou de louer des parasols. Les boissons seront au contraire bon marché. Le prix d’une bouteille d’eau gazeuse ou d’une tasse de thé sera inférieur au prix normal dans les cafés. En ce qui concerne les 17 autres plages privées, lorsque la durée de leur location sera achevée elles seront ouvertes aussi gratuitement aux estivants. D’autre part, il y aura des plages cinq étoiles privées, et les anciens casinos sur la corniche et qui sont dans un état déplorable, comme ceux d’Al-Chatbi, Stanly, Glim et Al-Saraya, seront confiés à des investisseurs pour qu’ils en fassent des restaurants de catégorie supérieure. La qualité de l’eau sur les plages d’Alexandrie va enfin beaucoup s’améliorer, les eaux usées ne sont plus déversées dans la mer.

Samar Zarée

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