Alexandrie
.
Le gouvernorat
a lancé une
vaste
campagne de démolition
des immeubles non
conformes aux
critères de construction,
suscitant le
désarroi des habitants.
Lifting monumental
Le
gouvernorat
d’Alexandrie s’en
va en
guerre contre les
bâtiments non
conformes aux
critères de construction.
Depuis
la nomination du nouveau
gouverneur, Adel
Labib, en
août 2006, les ordres de
démolition se
multiplient. «
Plusieurs
dizaines de milliers
d’ordres de
démolition sont en
cours
d’exécution », affirme
un
responsable au gouvernorat
d’Alexandrie. Les
quartiers
d’Al-Montazah et
d’Al-Amiriya
sont les plus
touchés.
Une
commission qui regroupe les
chefs des municipalités
ainsi que
des responsables
du
ministère de l’Habitat
et des
hommes d’affaires a
été formée
par le nouveau gouverneur.
Celle-ci
aura pour tâche de
délivrer les
permis de construction
dans un
délai d’un mois
à partir
de la date de présentation de la
demande.
Objectif
: veiller
à
l’application des critères
de construction et faire face aux contraventions. «
Aucun
bâtiment conforme aux
critères de construction
ne sera
démoli », a déclaré Adel
Labib,
gouverneur d’Alexandrie,
assurant
que la commission sera prête
à résoudre
tous les
problèmes entre la
population et le
gouvernorat.
L’ancien
gouverneur de la
ville,
Abdel-Salam Al-Mahgoub,
avait
accordé aux entrepreneurs et
aux hommes
d’affaires des facilités
en matière de construction.
En échange,
ces
derniers s’engageaient
à assumer les
frais de
certains travaux de
réaménagement.
Mais
les responsables
actuels
critiquent cette
approche. « Un trop grand
nombre de
permis de construire
ont été
délivrés au point
que les infrastructures
comme les
réseaux d’eau et de
drainage sanitaire
ne seront
pas en mesure
d’assumer
d’ici cinq
ans ce
lourd
fardeau », assure un
responsable
du gouvernorat
d’Alexandrie
ayant
requis l’anonymat. Et
d’ajouter « Au
cours des
récentes années, on a
permis aux
hommes d’affaires de
construire
et on leur a
demandé
d’embellir la corniche.
Mais
en agissant
ainsi, on a créé
une série
de problèmes
à
l’intérieur de la ville
où les constructions non
conformes aux
critères de hauteur
ont poussé
comme des champignons ».
Flambée
des prix
Les
démolitions en
série ont
créé un
état de malaise
parmi les
propriétaires d’immeubles
et les habitants. Certains,
ayant versé
des acomptes
d’achat de
leur appartement,
ont ainsi
tout perdu sans
obtenir la
moindre compensation. Les
démolitions dans les
seuls
quartiers d’Al-Motazah
et
d’Al-Amiriya ont
occasionné des
pertes de
l’ordre de six millions de L.E.
Tandis qe le
gouvernorat
affirme que tout
cela n’est
pas de sa
responsabilité. « Il
appartient
à l’acheteur de
l’appartement de
vérifier
s’il est
conforme aux
critères de construction
fixés par la
loi »,
déclare Tareq Al-Qii,
président
du Conseil municipal de
la ville
d’Alexandrie.
La
démolition des
immeubles
ont eu pour
conséquence
directe une
flambée des prix des
appartements
et une
baisse des prix des terrains.
Ainsi,
le prix d’un appartement
sur la
corniche est-il passé
d’environ 300 000 L.E.
à 500 000 L.E. en
quelques
mois. Dans les
quartiers de
Zizinia et
Kafr Abdo,
un appartement qui
valait 200 000 L.E.
vaut
désormais 300 000. Les entrepreneurs,
eux, se
trouvent face à
un dilemme.
« Nous
avons à faire face
à un grand
problème
: Comment acheter un
terrain à 10
ou 15 millions de L.E. pour y
bâtir un
immeuble de 7 ou 8
étages
seulement ? Ceci sans
compter que
les prix du
ciment et
du fer
ont
terriblement augmenté.
Nous
avons perdu
beaucoup d’argent »,
explique
Morsi Ahmad, entrepreneur. Pour
sortir du
problème, le
gouvernorat
annonce que 3 000
feddans
seront consacrés en
périphérie de la
ville à
la construction de 50 000 logements
d’ici cinq
ans. « Nous
avons fait en sorte
que les rues
soient larges,
entre 50 et 100
mètres, ce
qui permettra de
construire des
immeubles de plus de 10
étages », assure
Tareq Al-Qii.
Samar
Zarée