Marché financier .
Le président de l’Organisme du marché financier, Hani Sarieddine, fait le point sur
la mise en application des nouvelles règles concernant les
maisons de courtage et les nouveaux produits lancés
récemment sur le marché.
«
Grâce aux nouvelles règles, le marché se stabilisera »
Al-Ahram
Hebdo : Malgré certaines protestations, les nouvelles règles
pour la restructuration des sociétés de courtage sont
entrées en vigueur le 1er avril. Quelle est la situation
aujourd’hui ?
Hani
Sarieddine :
75 % des
sociétés de courtage ont réglé leur situation, conformément
au dernier délai accordé par l’Organisme du Marché Financier
(OMF). Le problème réside dans les 25 % restants. Selon la
loi, elles doivent se conformer aux nouvelles dispositions
dans un délai de deux semaines. Sinon, elles seront
suspendues pour un mois puis fermées si elles ne réagissent
pas. Pour la condition selon laquelle le capital des maisons
de courtage doit passer à 5 millions de L.E., elle n’est
applicable qu’aux nouvelles sociétés. Les autres, comme
celle de la restructuration hiérarchique interne, sont
applicables aux anciennes comme aux nouvelles. Je pense que
grâce aux nouvelles règles, le marché se stabilisera.
—
Ces nouveaux règlements ne représentent-ils pas une
intervention trop rigoureuse de la part de l’OMF ?
— Les
nouvelles règles techniques et financières représentent le
minimum pour qu’une société puisse œuvrer sur le marché.
L’objectif principal est de réorganiser le marché afin de
créer un climat sain et adéquat à l’investissement. Les cinq
dernières années ont connu la création de dizaines de
maisons de courtage, sans aucune restriction. Ce qui a
engendré un désordre sur le marché, affectant les intérêts
des petits investisseurs.
— En ce
qui concerne les règles de gouvernance, l’OMF va-t-il
allonger le délai de leur mise en œuvre afin de permettre
aux maisons de courtage de s’y adapter ?
— Ces
règlements ont été adoptés en 2005. Mais ce n’est qu’en 2007
que quelques maisons de courtage ont commencé à les
appliquer. Or, le dernier délai est fixé à la fin 2008 et
cette période de transition a pour objectif de permettre aux
sociétés de courtage de se conformer aux nouvelles règles de
gouvernance. Je pense que la plus importante de ces règles
est de réduire de moitié les membres du conseil
d’administration d’une société, et que les comités formés au
sein du conseil ne doivent plus regrouper d’exécutants, ce
qui limite la circulation des rumeurs. En plus, ces règles
de gouvernance interdisent l’occupation par une seule
personne des postes de PDG et de directeur général. Elles
exigent également la vérification des comptes, ce qui rend
plus actif le système de surveillance interne de la maison
de courtage et rend le commissaire aux comptes plus
responsable.
— Vous
prenez parfois des décisions sur lesquelles vous revenez
plus tard. Comme le principe de la division de l’action que
vous avez permis l’année dernière pour l’interdire cette
année. Pourquoi ?
— Nous
avons découvert que les sociétés avaient recours à la
division pour provoquer une forte demande sur leurs actions,
et profiter de la hausse des cours. Cependant, certaines
sociétés recourent parfois à la division de l’action pour
des raisons plus légitimes. Dans ces cas, l’OMF accepte
après avoir examiné le bilan de la société. Mais, l’OMF a
formellement interdit la division des actions ayant un cours
inférieur à 50 L.E., puisque la division est retenue pour
les actions ayant un cours très élevé ou pour accroître la
liquidité d’une action.
— L’OMF
a récemment permis l’introduction de nouveaux genres de
titres financiers. Pourquoi ?
— Ces
nouveaux titres financiers ont été introduits sur le marché
afin d’activer ce dernier. Ils ont été lancés en 2002, mais
pour des raisons techniques et financières et pour garantir
les droits des investisseurs, l’OMF les a limités aux
banques d’investissement. Désormais, les maisons de courtage
ayant une crédibilité financière suffisante seront
autorisées à échanger ces titres. Il s’agit de l’achat en
marge et la vente à court terme. L’achat en marge stipule
que l’acheteur finance 50 % de la transaction, tandis que le
reste l’est par la maison de courtage. L’action porte le nom
de la maison de courtage. Quant à la vente à court terme,
elle consiste à créer un fonds englobant toutes les actions
échangées à court terme et géré par la société Misr
Clearing. Je prévois que ces deux nouveaux produits rendront
le marché plus actif et liquide.
—
Etes-vous satisfaits des indices actuels du marché ?
— Le
marché a gagné en maturité, réalisant de bons chiffres
durant le second semestre 2006. Le total des échanges a
enregistré une hausse de 32,4 % , soit 133,1 milliards de
L.E., contre 100 milliards au cours de la même période
l’année dernière. La capitalisation du marché a également
connu une hausse, pour atteindre 533,9 millions de L.E.
contre 456 millions lors du second semestre 2005. Je prévois
une performance plus active grâce aux échanges rendus
possibles sur Internet depuis janvier 2007. Le taux
d’échange sur Internet a atteint à ce jour 5 % du total des
échanges, avec un total de 103 transactions et une valeur
dépassant 1,2 milliard de L.E. .
Dahlia Réda