Al-Ahram Hebdo,Monde | Le bras de fer continue
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 11 au 17 avril 2007, numéro 657

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Monde

Ukraine . La crise politique s’aggrave entre le président pro-occidental et son premier ministre pro-russe après la dissolution du Parlement. Une médiation internationale a été demandée à l’Autriche.  

Le bras de fer continue 

Deux ans et demi après la Révolution orange qui a porté le président Iouchtchenko pro-occidental au pouvoir, la crise se durcit en Ukraine. La lutte pour le pouvoir est à son comble, entre le président pro-occidental, Viktor Iouchtchenko, et son premier ministre pro-russe, Viktor Ianoukovitch. Dimanche, la crise a pris un tournant très dangereux avec le refus du président de revenir sur sa décision de dissoudre le Parlement à majorité pro-russe. Le passage des députés pro-occidentaux au camp opposé a été le prétexte par M. Iouchtchenko, aux prises avec une majorité hostile à sa politique d’ancrage à l’Occident, pour dissoudre le Parlement et fixer au 27 mai des législatives anticipées. Selon lui, la coalition pro-russe offre aux députés pro-occidentaux des pots-de-vin, s’élevant à plusieurs milliers de dollars pour changer de camp. « Cette dissolution servirait de vaccin contre la tyrannie et l’usurpation » dont il accuse la coalition pro-russe qui a vu ses rangs grossir avec le renfort des députés de l’opposition.

Contestant cette décision comme anticonstitutionnelle, les députés de la majorité pro-russe, qui continuent de siéger malgré le décret de dissolution, ont, pour leur part, voté une résolution accusant le chef de l’Etat d’avoir provoqué un « chaos juridique » et de pousser les autorités centrales à « commettre des actes illégaux ». Parallèlement, environ 15 000 partisans du premier ministre ont déclenché une large série de manifestations dans les rues du pays. « A bas Iouchtchenko », scandaient les manifestants. Prouvant ses bonnes intentions, la majorité parlementaire a de nouveau exclu de ses rangs onze transfuges venus de l’opposition pro-occidentale. La majorité pro-russe estime avoir satisfait ainsi à la principale exigence du président. Pourtant, M. Iouchtchenko demeure intransigeant : « Je ne ferai pas un seul pas pour annuler le décret. Ma décision est constitutionnelle et légale », tout en affirmant qu’il serait prêt à un compromis sur la date des législatives. Selon des experts sur place, la Cour constitutionnelle va examiner la validité de la dissolution du Parlement cette semaine, mais sa décision pourrait prendre aux environs d’un mois, selon les experts.

Confiance méritée

Face à cette impasse, le premier ministre a fait appel, cette semaine, à une médiation internationale à la participation de l’Autriche pour trouver une solution. En effet, M. Ianoukovitch a créé la surprise en demandant la médiation internationale de Vienne, ignorant l’offre de médiation russe. Justifiant son choix, le premier ministre a affirmé, samedi : « L’Autriche est connue comme un pays démocratique neutre. Elle bénéficie d’une confiance méritée ». Commentant le choix du premier ministre, Volodymyr Fesenko, directeur du Centre des études politiques Penta, explique : « Ianoukovitch ne peut pas en appeler à la Russie car Iouchtchenko n’écoutera pas Moscou. Bien plus, le premier ministre, considéré comme une marionnette de Moscou, veut briser ce stéréotype et devenir un leader européen. Depuis sa nomination en août, Ianoukovitch cherche à plaire à l’Europe, il va à Bruxelles plus souvent qu’à Moscou. Il tente même de rivaliser avec le président dans le domaine de l’intégration européenne ».

Poursuivant l’analyse, le chef du Centre des recherches politiques et d’étude des conflits à Kiev, Mikhaïlo Pogrebinski, ajoute que la médiation européenne a peu de chances de réussir aujourd’hui en raison de la position ferme du président Iouchtchenko qui refuse de revenir sur la dissolution du Parlement : « Je pense que cela ne donnera rien, car Iouchtchenko refuse toutes les concessions que Ianoukovitch lui propose », estime M. Pogrebinski.

Les propos de M. Pogrebinski ont leur part de crédibilité puisque le président a déjà rejeté toute médiation internationale — russe ou européenne — dans la crise : « Nous trouverons nous-mêmes une solution à nos problèmes nationaux. Nous avons assez d’expérience et de bonne volonté pour résoudre notre crise », a affirmé le président.

Dans une tentative de résoudre cette crise, plusieurs pays ont affirmé leur disposition à intervenir. Le premier a été Javier Solana, porte-parole de la diplomatie européenne qui a demandé aux deux Viktor de faire preuve de retenue et de sagesse. Il s’agit de la première intervention européenne dans la crise politique en Ukraine. Pour sa part, le président polonais, Lech Kaczynski, a proposé ses services, rôle qu’avait joué son prédécesseur lors de la Révolution orange. Comme prévu, la réaction la plus remarquable, cette semaine, était celle de la Russie qui ne cesse de soutenir le camp du premier ministre pro-russe. Samedi, la Douma (chambre basse du Parlement) a estimé que la dissolution du Parlement ukrainien était contraire à la Constitution et envoyait un « signal extrêmement dangereux  » aux forces politiques dans le pays. Dans un communiqué, le président russe Vladimir Poutine a exprimé le souhait que les responsables ukrainiens fassent preuve de retenue pour régler la crise par un dialogue constructif.

La question qui s’impose à l’heure actuelle est la suivante : Si les leaders politiques ne réussissent pas à contenir la crise, l’Ukraine aura-t-elle recours à une révolution d’une autre couleur pour y mettre fin ? Tout se décidera après la décision de la Cour constitutionnelle cette semaine.

Maha Al-Cherbini

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.