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 Semaine du 11 au 17 avril 2007, numéro 657

 

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Iran . Téhéran a annoncé avoir réussi l’enrichissement industriel d’uranium, provoquant une montée de la tension avec les pays occidentaux.

Nouveau défi 

Une nouvelle escalade en perspective entre la République islamique et l’Occident. Le ton a été donné lundi lorsque Téhéran a annoncé être passé à l’enrichissement industriel d’uranium. Le président Mahmoud Ahmadinejad a clamé que l’Iran « a rejoint les pays qui produisent du combustible nucléaire à une échelle industrielle », dans un discours prononcé à l’usine d’enrichissement de Natanz, dans le centre du pays, à l’occasion de la première journée du nucléaire iranien qui marque la date où, il y a un an, l’Iran avait réussi à enrichir de l’uranium à un niveau de 3,5 %, suffisant pour produire du combustible nucléaire. « Nous sommes réunis ici aujourd’hui pour célébrer l’entrée du projet d’enrichissement d’uranium à un niveau industriel », avait annoncé peu avant le président de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OEA), Gholam-Reza Aghazadeh, présent lui aussi à Natanz.

A Washington, le département d’Etat a immédiatement réagi en    estimant que ce nouveau « défi » lancé par l’Iran justifiait la voie des sanctions choisie par le Conseil de sécurité de l’Onu. Les Etats-Unis semblent se sentir reconfortés dans leur stratégie de sanctions par l’annonce iranienne. De son côté, l’Union européenne a exhorté l’Iran de « coopérer pleinement » avec l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) et de « suivre la résolution des Nations-Unies ».

M. Aghazadeh a aussi annoncé « le début de la production en masse de centrifugeuses » pour l’enrichissement d’uranium. Mais étrangement, aucun des deux responsables n’a donné le nombre de centrifugeuses d’enrichissement supposées fonctionner à Natanz. Le vice-président de l’OEA, Mohammad Saïdi, s’est refusé à apporter toute précision sur le sujet. Pour atteindre une capacité industrielle, l’Iran doit faire tourner plusieurs dizaines de milliers de telles machines. A la mi-février, Téhéran a informé l’AIEA que deux cascades, de 164 centrifugeuses chacune, étaient prêtes à fonctionner et deux autres en voie d’installation, l’objectif étant de disposer d’environ 3 000 centrifugeuses d’ici au mois de mai. Le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, Ali Larijani, a répondu « oui » à une question des journalistes lui demandant si l’Iran avait commencé à alimenter en hexafluorure d’uranium les 3 000 centrifugeuses. Mais il n’a pas précisé si elles étaient toutes installées. La question du nombre est cruciale, car une installation de 3 000 centrifugeuses permet théoriquement d’obtenir, dans un délai de six à douze mois, une quantité suffisante d’uranium hautement enrichi pour une bombe nucléaire.

Les grandes puissances occidentales, ainsi que les pays arabes voisins, craignent que la République islamique ne détourne son programme civil à des fins militaires afin d’obtenir une telle arme. Téhéran a toujours démenti que telle soit son intention. Le président a répété que l’Iran ne permettrait pas aux grandes puissances de freiner son programme nucléaire. « Notre nation défendra ses droits jusqu’au bout », a dit M. Ahmadinejad, en ajoutant que « notre chemin vers le développement est irréversible ». L’Iran, a-t-il averti, « n’autorisera pas certaines grandes puissances brutales à mettre des obstacles à son progrès grâce à leur influence dans la communauté internationale ». M. Larijani a renchéri sur ce thème en affirmant que « si (les grandes puissances) exercent de nouvelles pressions, nous n’aurons pas d’autre choix que de reconsidérer notre appartenance au TNP », le traité de non-prolifération nucléaire. Une menace jugée « inacceptable » par la Maison Blanche, qui a rejeté lundi toute remise en cause de la coopération iranienne avec l’AIEA.

Ces annonces constituent un véritable défi à la communauté internationale, le Conseil de sécurité des Nations-Unies ayant exigé, dans maintenant trois résolutions, que l’Iran suspende ses activités d’enrichissement d’uranium. L’exécutif onusien a imposé dans ses deux dernières résolutions (1737 et 1747) des sanctions sur les programmes nucléaire et balistique iraniens, à cause de son refus de suspendre son enrichissement. Ce procédé permet d’obtenir aussi bien du combustible pour une centrale nucléaire que la matière première d’une bombe atomique. L’AIEA doit publier fin mai un nouveau rapport sur le programme iranien et le Conseil de sécurité pourrait renforcer ses sanctions contre Téhéran si ce rapport est négatif.

Hicham Mourad

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