Al-Ahram Hebdo,Arts | Solide attelage
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 Semaine du 11 au 17 avril 2007, numéro 657

 

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Arts

Cinéma . Le succès rencontré cette année par la Caravane du cinéma euro-arabe, tenue au Caire du 4 au 10 avril, fait désormais d’elle un événement culturel majeur.

Solide attelage

Au bout d’une semaine de projections et de rencontres entre cinéphiles arabes et européens, le bilan de cette deuxième édition de la Caravane du cinéma euro-arabe rassemble paraît-il les suffrages de la critique aussi bien que ceux du public, massivement fidèle. Les séances (au centre Ibdaa, dans l’enceinte de l’Opéra) étaient souvent pleines et les spectateurs enthousiastes, ce qui n’est pas forcément le cas dans d’autres manifestations plus coutumières.

« Cette année n’est pas comme celle d’avant. Nous allons d’une surprise à l’autre. Le choix des films est excellent, même si leur nombre est, à mon avis, restreint », fait remarquer le critique Sami Seifeddine. Une autre belle surprise, selon lui, est l’origine géographique des films, avec une forte présence arabe, notamment syrienne.

La caravane a aussi projeté, cette année, certains films « mutants », loin des œuvres classiques.

Aux commandes pour la deuxième année consécutive, Hala Galal, directrice de la société Semat, et son équipe ont conçu une programmation à la fois éclectique et cohérente. Fouinant du côté des cinémas européens et arabes sérieux mais aussi commerciaux, sa ligne artistique s’est resserrée. La caravane a programmé un nombre plus limité de films, jetant la lumière sur les boîtes de production, sur les artistes et sur les tendances dont les travaux se sont avérés essentiels aux confins du cinéma non hollywoodien.

A commencer par le film d’ouverture : Volver de l’Espagnol Almodovar qui a décroché, il y a peu de temps, l’Oscar du meilleur film étranger. C’est dans ce film que le matador du cinéma espagnol revient à son monde féminin à travers l’histoire de trois générations de femmes issues de son milieu d’enfance.

« Nous avons pris l’initiative de présenter ce grand film pour la première fois en Egypte et dans le monde arabe, en dépit des rumeurs, lesquelles ont engendré un vrai malentendu avec la censure », indique Hala Galal, organisatrice de la caravane.

Outre les fictions qui ont rencontré un grand succès dans les festivals internationaux, comme le film anglo-turc 37 Uses for a Dead Sheep (les 37 usages d’un mouton mort), l’espagnol Le Sel de la terre de Sadrolin Tam, l’allemand Shoot Back (répondre au tir) de Michael Trabitzsch et Katharina Kiecol et le tunisien Making of de Nouri Bouzid, les films engagés avaient le vent en poupe. Politiques ou sociaux, ceux-ci n’hésitaient pas à jouer de la séduction des images pour faire passer les messages les plus enragés. Citons-en le film franco-algérien Back Home (la rentrée) de Rabeh Ameur Zaimeche, le marocain Quel monde magnifique de Faouzi Bensaúdi et le film soudanais Tout sur Darfour de Taghrid Al-Sanhouri. Un parti pris évident de la part des organisateurs. « Nombreux sont les cinéastes qui préfèrent aujourd’hui exprimer un point de vue politique portant leur vision sur le monde où ils vivent. Le cinéma a toujours quelque chose de sérieux à dire », explique Hala Galal.

Avec la Syrie comme invitée d’honneur, la caravane a consacré une partie de son activité à la projection de beaux films ambitieux. Il s’agit de Lettres verbales de Abdel-Hamid Abdel-Latif et La Nuit de Mohamad Malas, Terre pour un étranger de Sami Zikri, Les Etoiles en plein jour d’Ossama Mohamad et Extras de Nabil Maleh.

Un colloque regroupant des professionnels du cinéma s’est également tenu au CFCC de Mounira, sur les possibilités de la coopération arabo-européenne dans le domaine de la production. Sous le titre de L’Europe et le monde arabe, compères ou rivaux, le colloque a démarré sur un thème ancien et classique, mais la question a été relancée à travers l’interaction entre cinéastes et cinéphiles arabes, comme les Marocains Faouzi BenSaïdi et Moustapha Al-Messnawi, le producteur espagnol José Maria Riba et le critique égyptien Ali Abou-Chadi, également président du Centre national égyptien  du cinéma et responsable de la censure.

Cette journée de discussions a eu comme fruit un accord verbal entre les différentes parties ainsi que des recommandations, proclamant la nécessité de l’intervention des entités européennes concernées pour garantir, le plus vite possible, une coopération cinématographique équitable entre l’Europe et les pays arabes.

Autre moment fort de la caravane : la cérémonie dédiée au centenaire du cinéma égyptien. En coopération avec l’Institut Goethe et l’Association des documentaristes, la caravane a organisé une cérémonie pour l’occasion, où l’on a projeté un film égyptien muet, en côte à côte avec deux jeunes réalisations.

Finalement, la panoplie de films projetés a mis en avant un cinéma tant respectable que commercial.

Yasser Moheb

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