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 Semaine du 7 au 13 mars 2007, numéro 652

 

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Kurdes . La Turquie et l’Iran accusent la région autonome du Kurdistan iraqien de servir de base arrière aux rebelles turcs et iraniens, et somment Bagdad de prendre des mesures.

Troubles de voisinage

Une recrudescence des attentats attribués à la rébellion kurde en Turquie inquiète de plus en plus Ankara. En effet, un groupe armé de rebelles kurdes, responsable de plusieurs attentats à la bombe, a menacé cette semaine d’attaquer des cibles touristiques dans le pays et conseillé aux touristes européens d’éviter de s’y rendre. Il s’agit des Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), considéré par Ankara comme une organisation de façade du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), tandis que le PKK affirme qu’il s’agit d’un groupe dissident sur lequel il n’exerce aucun contrôle. Cette nouvelle menace est survenue au lendemain de la saisie de 17 kilos d’explosifs dans le sud-est du pays. Selon les forces de sécurité, ces explosifs étaient destinés à des attaques terroristes de rebelles séparatistes kurdes, prévues le 31 mars, jour du nouvel an kurde (Newrouz).

De l’autre côté de la frontière, en Iran, le séparatisme kurde inquiète autant. Dix-sept rebelles armés « entrés en Iran pour mener des opérations de sabotage » et quatre militaires iraniens ont été tués près de la frontière iraqienne. Selon le commandant des Gardiens de la Révolution, le général Yahya Rahim Safavi, 30 rebelles ont été tués au cours de la semaine dernière dans des affrontements entre les forces armées iraniennes et les militants du Pejak (Parti pour une vie libre au Kurdistan).

Ces nouveaux affrontements entre les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique du régime de Téhéran, et le Pejak, un parti séparatiste kurde iranien, ont eu lieu après que l’Iran eut menacé d’attaquer les rebelles kurdes iraniens basés en Iraq si le gouvernement iraqien ne les expulsait pas des zones frontalières. « Si le gouvernement iraqien n’expulse pas les rebelles armés iraniens liés aux étrangers de la zone (frontalière Iraq-Iran), les Gardiens de la Révolution se réservent le droit de les pourchasser au-delà des frontières » de l’Iran, a averti le général Yahya Rahim Safavi.

En effet, les membres armés du Pejak, ainsi que ceux du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), parti séparatiste turc considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, les Etats-Unis et l’Union européenne, sont installés dans les montagnes de Qandil, qui longent les frontières de l’Iraq, de l’Iran et de la Turquie, depuis lesquelles ils mènent des opérations contre la Turquie et l’Iran depuis deux ans. La présence armée du PKK et du Pejak dans cette région autonome d’Iraq est donc bien embarrassante pour son gouvernement kurde régional qui a du mal à maintenir de bonnes relations avec ses voisins.

Car, les Iraniens ne sont pas les seuls à menacer le gouvernement régional du Kurdistan, créé le 7 mai 2006, d’intervenir militairement si celui-ci ne se décide pas à agir contre les rebelles kurdes. En effet, Ankara reproche régulièrement au gouvernement régional du Kurdistan, et aux Etats-Unis de laisser les rebelles kurdes de Turquie utiliser le nord de l’Iraq comme base arrière. L’armée turque a même récemment accusé les Kurdes iraqiens de soutenir les rebelles et de leur fournir des explosifs pour mener des attaques en Turquie. Malgré l’impatience d’Ankara, les Etats-Unis lui ont déconseillé d’intervenir militairement au Kurdistan iraqien qui est relativement la région la plus stable d’Iraq. Pour régler le problème, Washington préférerait une meilleure coopération entre la Turquie, le gouvernement iraqien et les Kurdes iraqiens, a récemment déclaré le porte-parole du Département d’Etat américain, Tom Casey.

Ce plan pourrait, d’ailleurs, se concrétiser puisque, la semaine dernière, le Conseil national de sécurité turc s’est prononcé en faveur d’un renforcement des efforts diplomatiques pour régler le problème. Le président de la région autonome du Kurdistan iraqien, Massoud Barzani, a appelé le 26 février à des négociations pour mettre fin aux tensions entre le gouvernement régional du Kurdistan et la Turquie. Enfin, le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a adressé jeudi ses vœux de prompt rétablissement au président iraqien Jalal Talabani, hospitalisé à Amman depuis dimanche. « M. Talabani (qui est Kurde) a dit qu’il pensait que la Turquie et l’Iraq pouvaient travailler ensemble pour rapidement surmonter leurs problèmes », a déclaré le collaborateur de M. Erdogan à l’AFP.

Malgré cette déclaration de bonne volonté, les menaces turques et iraniennes ne sont pas à prendre à la légère, puisqu’ils ont déjà plusieurs fois attaqué les camps rebelles de Qandil en 2006.

Julie Durand

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