Al-Ahram Hebdo, Voyages | Révolution de palais
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 Semaine du 17 au 23 janvier 2007, numéro 645

 

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Patrimoine.  A la suite de nombreuses violations, le palais Omar Tousson à Choubra est aujourd’hui dans un état de délabrement avancé. Le CSA vient de mettre au point un plan urgent de restauration.  

Révolution de palais

Le prince Omar Tousson, un nom important dans l’histoire de l’Egypte monarchique, n’est autre que le fils de Mohamad Saïd pacha et le petit-fils de Mohamad Ali, fondateur de l’Egypte moderne, qui a gouverné de 1805 à 1840. C’est à Choubra, à l’ouest du Caire, que se trouve son palais qui fut construit en 1892 selon le style européen. Ce chef-d’œuvre couvre une surface de 3 200 m2, y compris un énorme jardin.

Or, cette belle demeure historique est en danger, elle est actuellement occupée par quatre écoles construites récemment des deux côtés est et ouest du palais, un siège du PND occupe la partie droite de l’entrée du jardin et les dépôts du ministère de l’Education occupent la partie gauche du mur du palais. En fait, il ne reste du jardin qu’une petite superficie qui demeure vide. Si ces violations portent en grande partie sur le jardin, il n’en est pas autrement pour le palais qui, lui aussi, est dans un très mauvais état. Pour ce, le Conseil Suprême des Antiquités (CSA) a entamé un projet pour restaurer le palais, et cela dans le cadre du projet de développement et de rénovation du Caire historique.

« La restauration du palais est devenue une nécessité suite à la présence de fissures au rez-de-chaussée et au premier étage. Une autre raison : l’usure totale du bois du plancher des chambres du premier étage ainsi que le sol en marbre, et l’absence de quelques marches de l’escalier en marbre qui relie le rez-de-chaussée au premier étage. Concernant la façade, il existe une détérioration complète des portes et des fenêtres. Quelques parties de la corniche embellissant l’intérieur du palais sont absentes ainsi que quelques marches de l’escalier principal en face du portail », a signalé Ossama Al-Bassiouni, inspecteur des monuments de la zone ouest du Caire. « Nous envisageons de mettre fin aux violations qui se trouvent autour du palais pour entreprendre les travaux de restauration qui, à mon avis, seront la cause de la découverte de plus amples secrets de l’architecture de ce palais », a-t-il repris.

« Les détériorations qui se trouvent au niveau des plafonds en bois des deux chambres superposées du côté sud-est sont dues à un incendie auquel le palais a été exposé en 1975, avant son enregistrement comme monument. Cela dit, c’est le prince lui-même qui a offert en 1926 au ministère de l’Education pour l’utiliser en tant qu’établissement scolaire. Suite à l’incendie de 1975, l’école a dû occuper le jardin et y construire quelques bâtiments. Le palais n’a été enregistré en tant que monument islamique qu’en 1984 », raconte Aymane Abdel-Moneim, superviseur du projet de développement du Caire historique.

En fait, les travaux de restauration qui devraient commencé dans les deux mois à venir prendront fin dans deux ans.

Enorme effort qui devrait être déployé pour que ce palais retrouve son éclat. « De grands arbres à feuilles larges seront plantés du côté est et ouest du palais, formant un rideau, pour cacher les quatre écoles construites dans le jardin en vue de donner un aspect strictement intime au palais », a signalé Ossama.

Les éléments artistiques les plus importants se concentrent dans les plafonds en bois décorés de dessins végétaux, ainsi que dans la chambre à coucher du prince, dotée d’une salle de bain à côté de laquelle se trouve un escalier en forme de spirale dont le balustre en fer forgé servait pour la montée et la descente du prince. On y trouve également un grand cadre en bois doré qui entourait un miroir. Dans le jardin se trouve une fontaine en marbre placée d’une façon symétrique par rapport au palais.

Les études préliminaires ont démontré la présence de deux étages souterrains, l’un pour les tuyauteries des égouts et l’autre qui servait d’entrepôt. « Les études ont également démontré que les tunnels qui se trouvent au sous-sol atteignaient le Nil dans le quartier de Rod Al-Farag à Choubra. Ces tunnels étaient utilisés en cas d’évacuation d’urgence », a déclaré Ossama Al-Bassiouni, en ajoutant : « Ils sont actuellement bloqués à cause de la construction de plusieurs immeubles autour du palais et dont les travaux de fondation trop profonds ont bloqué totalement ces tunnels » .

Thérèse Joseph

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Omar l’éclairé

Né à Alexandrie, le 8 septembre 1872, le prince Omar Tousson était un grand historien et un chercheur. Il fit ses études de commerce et de langues en Suisse. Lors de sa jeunesse, il s’intéressa surtout au tourisme, au sport et à la chasse. Le 14 août 1898, il se maria avec la princesse Bahiga, fille du prince Hassan pacha, fils du khédive Ismaïl. Il eut deux garçons (Saïd et Hassan) et deux filles (Amina et Esmat). En plus de sa langue maternelle, le turc, il maîtrisait les langues arabe, française et anglaise. Il se consacra à l’étude de l’histoire contemporaine de l’Egypte. Il réalisa beaucoup de tournées sur les sites archéologiques. Il publia nombre de livres en arabe et en français. Il soutint le mouvement national égyptien matériellement ainsi que par ses écrits, ce qui a causé des différends avec la famille royale.

Il fut le président honoraire de la Société archéologique d’Alexandrie et de la Société archéologique copte depuis leur fondation. Il était l’un des membres de l’Association des scientifiques du Caire et de Damas. Il était ainsi un membre actif de l’Association géographique du Caire. En 1932, il est devenu le chef de l’Association agricole royale qui s’intéressait aux affaires agricoles et à la production animale. Il s’occupait également d’œuvres de charité. En l’an 1933, un aviateur a informé le prince Tousson qu’il avait observé, lors d’un survol du golfe d’Abou-Qir, des fragments de monuments qui couvraient une grande surface sous l’eau de la mer. Tousson a pu, grâce aux pêcheurs de la région et à l’aide de quelques scaphandriers, localiser un nombre de statues et de colonnes de temples. Il a révélé notamment la tête d’Alexandre le Grand, exposée actuellement au Musée gréco-romain à Alexandrie. Cette découverte a été publiée dans la revue de l’Association royale des antiquités en 1934. Il est mort à Alexandrie le 26 janvier 1944.

 

Le prince du peuple à l’ouvrage

Omar Tousson, Prince of Alexandria, est le nom d’un nouveau livre qui vient d’être publié par le Centre de recherche monographique alexandrin et méditerranéen affilié à la Bibliotheca Alexandrina et rédigé par Sahar Hamouda.

Divisé en 5 chapitres, cet ouvrage montre à quel point ce prince était aimé, non seulement par les Alexandrins mais aussi par la grande majorité des Egyptiens. Comme l’a décrit l’auteur, c’était un homme de grand calibre, un prince qui avait tout, mais qui a généreusement tout donné à son pays. Durant son vivant, le prince Omar Tousson était l’un des membres les plus aimés de la famille royale égyptienne. Ce livre est la première monographie publiée par ce centre pour commémorer l’occasion de la donation des publications du prince Omar Tousson à la bibliothèque d’Alexandrie, offerte par son petit-fils Hussein Tousson et sa famille.

 




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