Patrimoine.
A la suite de nombreuses violations, le palais Omar Tousson
à Choubra est aujourd’hui dans un état de délabrement
avancé. Le CSA vient de mettre au point un plan urgent de
restauration.
Révolution de palais
Le prince Omar Tousson, un nom important dans l’histoire de
l’Egypte monarchique, n’est autre que le fils de Mohamad
Saïd pacha et le petit-fils de Mohamad Ali, fondateur de l’Egypte
moderne, qui a gouverné de 1805 à 1840. C’est à Choubra, à
l’ouest du Caire, que se trouve son palais qui fut construit
en 1892 selon le style européen. Ce chef-d’œuvre couvre une
surface de 3 200 m2, y compris un énorme jardin.
Or, cette belle demeure historique est en danger, elle est
actuellement occupée par quatre écoles construites récemment
des deux côtés est et ouest du palais, un siège du PND
occupe la partie droite de l’entrée du jardin et les dépôts
du ministère de l’Education occupent la partie gauche du mur
du palais. En fait, il ne reste du jardin qu’une petite
superficie qui demeure vide. Si ces violations portent en
grande partie sur le jardin, il n’en est pas autrement pour
le palais qui, lui aussi, est dans un très mauvais état.
Pour ce, le Conseil Suprême des Antiquités (CSA) a entamé un
projet pour restaurer le palais, et cela dans le cadre du
projet de développement et de rénovation du Caire
historique.
« La restauration du palais est devenue une nécessité suite
à la présence de fissures au rez-de-chaussée et au premier
étage. Une autre raison : l’usure totale du bois du plancher
des chambres du premier étage ainsi que le sol en marbre, et
l’absence de quelques marches de l’escalier en marbre qui
relie le rez-de-chaussée au premier étage. Concernant la
façade, il existe une détérioration complète des portes et
des fenêtres. Quelques parties de la corniche embellissant
l’intérieur du palais sont absentes ainsi que quelques
marches de l’escalier principal en face du portail », a
signalé Ossama Al-Bassiouni, inspecteur des monuments de la
zone ouest du Caire. « Nous envisageons de mettre fin aux
violations qui se trouvent autour du palais pour
entreprendre les travaux de restauration qui, à mon avis,
seront la cause de la découverte de plus amples secrets de
l’architecture de ce palais », a-t-il repris.
« Les détériorations qui se trouvent au niveau des plafonds
en bois des deux chambres superposées du côté sud-est sont
dues à un incendie auquel le palais a été exposé en 1975,
avant son enregistrement comme monument. Cela dit, c’est le
prince lui-même qui a offert en 1926 au ministère de l’Education
pour l’utiliser en tant qu’établissement scolaire. Suite à
l’incendie de 1975, l’école a dû occuper le jardin et y
construire quelques bâtiments. Le palais n’a été enregistré
en tant que monument islamique qu’en 1984 », raconte Aymane
Abdel-Moneim, superviseur du projet de développement du
Caire historique.
En fait, les travaux de restauration qui devraient commencé
dans les deux mois à venir prendront fin dans deux ans.
Enorme effort qui devrait être déployé pour que ce palais
retrouve son éclat. « De grands arbres à feuilles larges
seront plantés du côté est et ouest du palais, formant un
rideau, pour cacher les quatre écoles construites dans le
jardin en vue de donner un aspect strictement intime au
palais », a signalé Ossama.
Les éléments artistiques les plus importants se concentrent
dans les plafonds en bois décorés de dessins végétaux, ainsi
que dans la chambre à coucher du prince, dotée d’une salle
de bain à côté de laquelle se trouve un escalier en forme de
spirale dont le balustre en fer forgé servait pour la montée
et la descente du prince. On y trouve également un grand
cadre en bois doré qui entourait un miroir. Dans le jardin
se trouve une fontaine en marbre placée d’une façon
symétrique par rapport au palais.
Les études préliminaires ont démontré la présence de deux
étages souterrains, l’un pour les tuyauteries des égouts et
l’autre qui servait d’entrepôt. « Les études ont également
démontré que les tunnels qui se trouvent au sous-sol
atteignaient le Nil dans le quartier de Rod Al-Farag à
Choubra. Ces tunnels étaient utilisés en cas d’évacuation
d’urgence », a déclaré Ossama Al-Bassiouni, en ajoutant : «
Ils sont actuellement bloqués à cause de la construction de
plusieurs immeubles autour du palais et dont les travaux de
fondation trop profonds ont bloqué totalement ces tunnels »
.
Thérèse Joseph