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 Semaine du 17 au 23 janvier 2007, numéro 645

 

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Sports

Football. Hani Ramzi, 38 ans, est le plus jeune directeur technique de la première division égyptienne. Il est en charge du club Enppi, 13e au classement, et refuse que l’on remette ses capacités en doute.

Coach en terrain miné

A 38 ans et 10 mois, Hani Ramzi est le plus jeune directeur technique de la première division égyptienne. Et il a mené Enppi lors de la rencontre face à Zamalek (0-2) jeudi dernier à l’occasion de la 17e journée du championnat national. L’ancien capitaine des Pharaons a pris la relève de l’Allemand Rainer Zobel qui a été écarté en raison d’insuffisance de résultats. Ramzi fut d’abord l’assistant de Zobel, ancien directeur technique d’Ahli depuis le début de la saison, avant qu’il ne lui soit attribué la mission complète dans une tentative de remettre l’équipe sur les rails. Un risque ? Peut-être, si l’on sait que Ramzi n’a jamais entraîné d’équipes auparavant. « Je pense que 15 ans d’expérience en tant que joueur en Europe, au cours desquelles je me suis entraîné avec beaucoup d’entraîneurs de qualité, m’ont donné une très large expérience technique et administrative, et je veux mettre tout cela au service d’Enppi », a-t-il déclaré.

L’ancien défenseur international est perçu comme le doyen des joueurs égyptiens évoluant en Europe. Il est allé sur le Vieux Continent en 1990, alors qu’il n’avait que 21 ans. Sa première étape fut la formation suisse de Neuchâtel Xamax avant d’aller en Allemagne où il a passé le reste de sa carrière au sein de Werder Brême et Kaiserslautern. Il s’est trouvé sous la houlette de quelques entraîneurs distingués tels que le célèbre technicien français Gilbert Gress, le Britannique Roy Hodgson, ancien entraîneur de l’Inter Milan, de Blackburn, de l’équipe nationale de Suisse et de l’équipe nationale des Emirats arabes unis et actuel sélectionneur de la Finlande (tous à Neuchâtel Xamax) avant de se trouver sous la direction de l’Allemand Otto Rehagel, champion d’Europe 2004 avec la Grèce. Ceci sans compter qu’il a longtemps été le favori du technicien égyptien Mahmoud Al-Gohari, l’un des meilleurs entraîneurs que l’Afrique et le monde arabe aient jamais donné. Il a aussi suivi des cours et stages d’entraîneurs en Allemagne avant de revenir sur la terre natale et d’être embauché par Enppi. Mais est-ce assez pour assurer une telle mission ? « Je veux réussir dans ma mission pas seulement pour Enppi, mais aussi afin de changer plusieurs faux concepts dans le football égyptien, notamment celui selon lequel le coach doit avoir 50 ou 60 ans afin d’avoir l’expérience et la qualité nécessaires pour assumer la responsabilité d’une équipe », nous répond-il. « Mon jeune âge n’est pas un défaut, c’est souvent même un atout car je suis très proche des joueurs et on peut mieux se comprendre.

Mais en même temps j’essaie de garder une certaine distance afin de maintenir l’ordre. Il s’agit de mettre en place un bon système professionnel où chacun sait ce qu’il a à faire », ajoute-t-il.

Il est vrai que l’expérience est nouvelle en Egypte et semble être risquée, mais ce n’est pas la cas dans le reste du monde. En 1998, la grande vedette yougoslave et slovène, Srecko Katanec, a été nommé sélectionneur de la Slovénie, alors qu’il n’avait même pas encore fêté ses 35 ans. Et son expérience avec son pays fut un succès puisqu’il le mena pour la première fois vers une phase finale de l’Euro 2000, et ensuite en Coupe du monde 2002. Le modèle fut ensuite recopié par l’AS de Monaco qui a embauché la légende française Didier Deschamps en 2001 à l’âge de 33 ans pour le mener jusqu’à la finale de la Ligue des champions, l’Allemagne en nommant Rudi Völler, finaliste du Mondial 2002 ; ensuite Jürgen Klinsmann, médaillé de bronze du Mondial 2006, la FC Barcelone qui a appelé l’ancienne star néerlandaise Frank Rijkaard en 2004 pour mener la formation catalogne à son ère de gloire avec deux titres de champion d’Espagne et un titre de champion d’Europe 2006 ; Marco Van Basten affiche de belles performances avec les Pay-Bas et voilà que le capitaine de l’équipe brésilienne championne du Monde en 1994, Dunga, est devenu sélectionneur de la Seleção pour débuter sa carrière d’entraîneurs. Pourquoi pas Hani Ramzi, qui rêve de réussir et de réaliser son rêve de devenir sélectionneur d’Egypte ... .

Karim Farouk

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Génération jeunes entraîneurs

Frank Rijkaard (Pays-Bas)

Sans expérience, Rijkaard fut nommé sélectionneur des Pays-Bas en 1998, à l’âge de 36 ans. Il a pu mener les Oranges jusqu’à la demi-finale de l’Euro avant de perdre sur penalties contre l’Italie. L’ancienne gloire des Pays-Bas et de l’AC Milan (Italie) rejoint ensuite l’équipe de Sparta de Rotterdam pour une saison, avant d’être embauché par le président de la FC Barcelone, Joan Laporta. Ses débuts ne furent pas très prometteurs, affichant de mauvaises performances lors de sa première saison (2003/2004) au point que le conseil d’administration a considéré son remerciement. Mais lors de la saison suivante, il complète la construction de sa Dream Team avec l’arrivée de Ronaldinho, Edmilson (Brésil), Deco (Portugal), Samuel Eto’o (Cameroun), Henrik Larsson (Suède), et Ludovic Giuly (France). Cette équipe catalogne a tout raflé en remportant deux titres de la Liga espagnole (2005, 2006), — et est favorite pour le titre de cette année également —, deux Supercoupes d’Espagne (2005 et 2006) et ensuite un titre de Ligue des Champions d’Europe en 2006. Rijkaard (42 ans) est perçu comme l’un des entraîneurs les plus productifs de cette jeune génération.

Marco Van Basten (Pays-Bas)

C’était l’un des meilleurs attaquants de l’histoire du football. Van Basten menait une carrière glorieuse, avec trois titres de ballon d’or en 1988, 1989 et 1992, qui fut rompue en raison de blessure. Il avait d’abord annoncé qu’il ne comptait pas se convertir en entraîneur, mais il change de décision et occupe le poste d’assistant de John Van’T Schip à l’Ajax d’Amsterdam avant qu’il ne soit nommé sélectionneur en 2004. Il a reformé l’équipe des Pays-Bas en écartant d’anciennes vedettes telles que Clarence Seedorf, Roy Makaay, Patrick Kluivert et autres et nommé du jeune potentiel tels qu’Arjen Robben, Dirk Kuyt et Robin Van Persie, qui sont tous devenus des perles de cette génération. Cette formation des Pays-Bas était sûrement l’une des plus belles du Mondial d’Allemagne 2006, mais elle a perdu les quarts de finale contre le Portugal de Luis Figo (0-1) dans un match très violent. Van Basten avait cependant de quoi être fier de ses hommes. D’ailleurs, la Fédération néerlandaise a décidé de le maintenir en poste jusqu’à l’Euro 2008 avec une option de prolongation jusqu’au Mondial 2010.

Jürgen Klinsmann (Allemagne)

Attaquant légendaire de la Manschaft, Jürgen Klinsmann, a été nommé sélectionneur d’Allemagne en 2004 à l’âge de 40 ans, succédant à son ancien coéquipier Rudi Voller, finaliste du Mondial de 2002. C’était un choix très critiqué par les observateurs allemands, d’autant plus que l’ancien champion d’Europe 1996 et du Monde en 1990 n’avait aucune expérience d’entraîneur, quelle qu’elle soit. Il a dû travailler sous d’énormes pressions, notamment avant le début de la Coupe du monde 2006 qui s’est déroulée en Allemagne. Mais avec le début de la compétition, Klinsmann a fait taire toutes les mauvaises langues en alignant une solide équipe qui a pu se hisser jusqu’à la demi-finale de la compétition avant de s’incliner contre l’Italie par deux buts en prolongation au cours d’un match assez dramatique. Pour toute consolation, il a été vainqueur du Portugal (3-1) et décroche la médaille de bronze de cette édition (0-2). Après cette brillante performance, Klinsmann a décidé de quitter son poste malgré les nombreuses demandes de prolongation.

Dunga (Brésil)

L’ancien capitaine du Brésil et champion du monde en 1994, Dunga (44 ans), a été nommé sélectionneur national en succession au célèbre Carlos Alberto Pareira. Le milieu légendaire de la Seleção avait déjà été approché par la Fédération brésilienne en 2000 mais il avait alors décliné l’offre en raison de troubles au sein de la Fédération. Six an plus tard, et toujours sans une vraie expérience professionnelle, il est nommé à la barre technique de l’équipe la plus prestigieuse du monde avec comme objectif la Coupe de 2010. Dunga a montré une forte personnalité en écartant à plusieurs reprises des vedettes telles qu’Adriano, Ronaldinho et Ronaldo en raison d’une baisse de forme. « C’est le meilleur physiquement et techniquement qui joue. Si quelqu’un veut se trouver une place dans l’équipe, il n’a qu’à l’arracher », avait-il déclaré. Depuis sa nomination il a enregistré d’excellents résultats avec 1 nul en début de parcours et 4 victoires consécutives, dont un impeccable 3-0 face à l’Argentine. C’est vrai qu’il a eu sa chance plus tard que le reste de sa génération mais il ne compte pas la laisser échapper et compte bien rattraper le temps perdu. Il commence déjà à pleine allure.

 

 




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