Handball .
La sélection égyptienne entame les Championnats du monde,
qui auront lieu du 19 janvier au 4 février en Allemagne,
face à la puissante formation d’Espagne, samedi à Brême. Un
pari difficile pour Zivcovic et sa nouvelle équipe.
A l’attaque !
Samedi
20 janvier, les choses sérieuses commencent pour la
sélection nationale qui s’apprête à disputer la XXe édition
des Championnats du monde de handball qui auront lieu en
Allemagne du 19 janvier au 4 février. Placés dans le groupe
D avec l’Espagne, tenante du titre de la précédente édition,
la République tchèque, la puissance montante en Europe
actuellement, et le Qatar, les Pharaons ont une tâche pour
accéder au second tour qui semble pour le moins ardue.
La difficulté de la mission des Egyptiens ne réside pas
seulement dans la puissance de leurs adversaires, à
l’exception du Qatar, mais aussi dans le changement de
système de la compétition qui joue en défaveur de la
sélection nationale. Afin d’encourager la concurrence, la
Fédération internationale de handball a, en effet, décidé de
modifier le système de la compétition à partir de cette
édition des Championnats du monde.
Les 24 sélections participantes étaient partagées en 6
groupes de 4 sélections. Les deux premières équipes de
chaque groupe se qualifieront pour le second tour. Quant aux
autres équipes qui n’auront pas eu cette chance, elles
pourront disputer la Coupe du président de la fédération
internationale, nouvellement organisée pour cette édition.
Les sélections qualifiées pour le second tour seront
divisées en deux groupes. Le premier comprenant les
qualifiées des groupes A, B et C. Quant au second groupe, il
comprendra les qualifiées des groupes D, E et F. Les 4
premières équipes de chaque groupe du second tour se
qualifieront pour les quarts de finale et les autres
joueront pour le classement de la 9e à la 12e places. « Le
nouveau système de la compétition n’est pas en faveur de l’Egypte.
La réduction du nombre des sélections dans chaque groupe à 4
au lieu de 6 a augmenté la concurrence dans la phase des
poules. Par exemple, dans notre groupe, la concurrence sera
très serrée entre nous et la République tchèque afin de nous
qualifier au premier tour, surtout que l’Espagne va se
réserver le premier ticket pour le second tour. Ce qui
n’était pas le cas dans les éditions précédentes où le
système de la compétition donnait l’occasion aux équipes de
rattraper un faux pas éventuel », explique Tareq Mahrous,
entraîneur de la sélection nationale.
Théoriquement, les deux tickets qualificatifs du groupe pour
la phase finale sont presque réservés à l’Espagne et la
République tchèque.
Préparation plutôt incomplète
En effet, la performance de la sélection nationale tout au
long de sa période de préparation pour le Mondial a été
plutôt incomplète.
Cette préparation a commencé juste après la qualification de
la sélection pour le Mondial, grâce à sa deuxième place
obtenue lors du Championnat d’Afrique des nations en avril
dernier. La sélection a disputé plusieurs rencontres
amicales face à de nombreuses sélections européennes,
notamment la Suède, l’Islande, le Danemark et la Suisse. Le
Serbe Zoran Zivcovic, directeur technique de la sélection,
voulait par cette longue préparation donner l’expérience
nécessaire aux jeunes joueurs tels Mohamad Ibrahim,
Moustapha Al-Sayed et Karim Al-Saïd qui participeront à leur
premier Mondial avec la sélection. Ce trio, aux côtés des
autres jeunes qui possèdent une expérience précédente en
Mondial, tels Ahmad Al-Ahmar, Mohamad Abdel-Warès, Al-Sayed
Mohamad, Bilal et Hussein Awwad, représente le squelette de
la sélection. « Les jeunes joueurs occupent actuellement une
grande partie de la sélection. On a dû renouveler l’effectif
de la sélection afin de revivifier ses rangs et pour assurer
l’avenir du handball égyptien. L’exemple de la Suède reste
présent à notre esprit. Les Suédois ont négligé de
renouveler leur effectif, du coup, ils possèdent le plus
grand palmarès au monde, mais n’ont pas réussi à se
qualifier pour le Mondial d’Allemagne pour la première fois
de l’histoire de la discipline », confie Tareq Mahrous.
Mais le problème est que la performance de la sélection,
lors de cette préparation n’a pas été particulièrement
rassurante. Par exemple, lors du Tournoi d’Al-Ahram, fin
décembre dernier, la sélection nationale a terminé troisième
derrière la Russie et la Serbie-Monténégro. Le seul avantage
de ce tournoi est qu’il a révélé au grand jour les
nombreuses lacunes de la sélection.
La puissance offensive égyptienne réside seulement dans
l’arrière gauche de la sélection et du club espagnol Aragon,
Hussein Zaki, outre quelques petites contributions d’Ahmad
Al-Ahmar et Hassan Yousri. Des lacunes claires pour les
adversaires qui concentrent leurs efforts pour contrôler
Zaki d’où la difficulté de la sélection à trouver des
failles dans les défenses adverses. De même, la défense
égyptienne est plutôt perméable face aux attaquants
adverses. « La défense en handball exige une grande
expérience, surtout avec notre schéma de jeu défensif de
6-0, ce qui manque à nos jeunes joueurs. Mais je pense
qu’ils commencent à intégrer les plans de notre technicien
», explique Hani Al-Fakharani, le pivot d’Ahli et de la
sélection.
Par ailleurs, les joueurs ont du mal à tenir le rythme tout
au long de la rencontre. « La performance mitigée des
joueurs lors des rencontres est la plus grande lacune de la
sélection. Franchement, c’est la seule chose que je crains
avant les Championnats du monde. Les joueurs perdent leur
concentration à quelques instants de la rencontre, et
malheureusement dans les moments critiques. On a beaucoup
travaillé avec les joueurs afin de remédier à cette
faiblesse et j’espère que les joueurs pourront dépasser ce
problème lors du Mondial. Face à des adversaires tels que
l’Espagne et la République tchèque, nous ne pouvons nous
permettre une telle déconcentration », confie Zoran Zivcovic,
directeur technique de la sélection.
Autant dire que les chances de cette sélection en pleine
mutation sont plutôt maigres dans cette compétition
mondiale. « Rivaliser pour le titre du Mondial ne fait pas
partie de nos ambitions. On ne possède pas encore les
éléments nécessaires pour cette difficile mission. La
sélection est en pleine mutation et on la prépare pour
Beijing 2008 et les prochaines compétitions », avoue Hassan
Moustapha, président des Fédérations égyptienne et
internationale de handball.
Mohamad Mosselhi