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 Semaine du 17 au 23 janvier 2007, numéro 645

 

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Opinion

La participation civile aux amendements constitutionnels

Al-Sayed Eléwa
Professeur de sciences politiques
à l’Université de Hélouan

Le passage vers la démocratie est à nos portes. La porte des amendements constitutionnels est grande ouverte aux forces politiques. Il incombe donc à ces forces politiques de prendre les choses en main et de confirmer la participation de toute la société dans ce processus historique qui représente une condition sine qua non pouvant garantir sans nul doute la réussite de cette expérience et l’aboutissement de la démocratie.

Il faut introduire un changement dans les mentalités et la culture même du vote. Et ceci doit se manifester par la prise de conscience des devoirs qui implique l’idée de la citoyenneté. Rappelons que 77 % des Egyptiens s’abstiennent de voter. Ce chiffre dénote une véritable insouciance de la part des deux tiers du peuple égyptien et un désengagement évident du processus politique. Nous sommes face à une problématique à laquelle il est difficile de trouver une issue. Il faut à tout prix associer les efforts des institutions et de la société civile. L’objectif étant de sensibiliser nos compatriotes sur la nécessité d’une vraie vie politique motivée par une vraie démocratie pour la garantie même du quotidien. Les forces politiques égyptiennes, quant à elles, ont beaucoup à faire et c’est essentiellement à elles de stimuler la volonté d’un réel changement dans les esprits. Ainsi, l’Egypte pourra-t-elle récupérer sa position et son prestige régional et international qu’elle mérite.

Mais avant d’ancrer cette volonté chez le citoyen, il faut effectuer des pas concrets vers la modernisation de l’Etat et de la société à travers le raffermissement de la bonne gestion qui doit avoir pour pilier les décisions censées, la transparence et le développement du sens critique. La clé réside dans les mains des organisations civiles, représentées dans les ONG, les communautés, les syndicats, les partis, les centres de recherches et les institutions éducatives.

Personnellement, je vous livre mon expérience au regard de ma position académique. Lorsqu’un dialogue politique a lieu et lorsque la vie politique passe par un tournant important, j’essaye de stimuler la volonté de mes étudiants en leur demandant de présenter des rapports. A titre d’exemple, je leur ai demandé de faire une recherche et des analyses sur les amendements constitutionnels proposés. Et le résultat était excellent parce que leurs rapports et leurs réponses ont reflété toutes les couleurs de l’arc-en-ciel politique avec toutes ses ambitions et tendances.

Certains rapports ont, par exemple, favorisé la nécessité d’opter pour un régime parlementaire réglementant et régularisant les prérogatives du président de la République et renforçant celles du premier ministre. Ce dernier aura le droit de soumettre les ministres à des interrogations.  D’autres ont estimé que le pouvoir judiciaire doit être indépendant avec une réactivation du rôle de l’Assemblée du peuple dans la discussion du budget, du bilan, avec un renforcement de la décentralisation et du rôle des partis politiques.

Les espoirs s’attachaient également à voir de nouveaux amendements constitutionnels dans un avenir proche renforçant davantage les libertés publiques et les droits de l’homme. Dans ce contexte, la redéfinition de la presse et des médias en général est un débat intéressant sur lequel il y aurait beaucoup à dire. Les universités, instituts, écoles, institutions éducatives et organisations populaires agiront-elles pour prendre part au plus important et plus dangereux dialogue sur l’avenir de la patrie ?.

 

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