Al-Ahram Hebdo, Opinion
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 17 au 23 janvier 2007, numéro 645

 

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Opinion

Mohamed Salmawy

Salama A. Salama

Mohamed Khaled Al-Azaar
Ecrivain palestinien

 

Al-Sayed Eléwa
 Professeur de sciences politiques
 à l’Université de Hélouan

 

Ibrahim Nafie
 


Edito
Condi arrive les mains vides

Condoleezza Rice est au Proche-Orient. Visite traditionnelle ou tentative réelle d’aller de l’avant dans le processus de paix ? Le timing de la visite laisse à douter d’une telle chose, puisqu’elle intervient juste après l’annonce par le président  Bush de sa nouvelle stratégie pour l’Iraq. Condi accorde donc la priorité à la recherche d’un soutien arabe à cette politique. De nombreux observateurs mettent en doute la capacité de Washington de mener deux objectifs de front : s’en sortir du bourbier iraqien et relancer les efforts pour un retour à la table des négociations en ce qui concerne le dossier palestinien. Les analystes américains eux-mêmes ont souligné que Rice s’est rendue dans la région sans plan pour une relance du processus de paix israélo-palestinien. Certes, l’Iraq et la Palestine ne peuvent relever d’une seule vision. Mais, il est clair qu’un progrès sur le plan palestinien apporterait beaucoup d’espoir dans toute la région. Il est certain que la question palestinienne est au cœur du débat et qu’elle est à l’origine du tourbillon qui emporte tout sur son chemin dans la région.

Mais d’emblée, Mme Rice a tenu à réduire les attentes de cette visite concernant ce volet, en affirmant qu’elle voulait surtout écouter ses interlocuteurs. « Je ne viens pas avec une proposition, je ne viens pas avec un plan », a-t-elle déclaré. Et l’on voit que la diplomatie américaine n’arrive pas à sortir de ses ornières. Ainsi, elle a indiqué qu’elle souhaitait voir « comment on peut accélérer la Feuille de route », le plan qui prévoit la création d’un Etat palestinien. Mais interrogée sur les moyens d’accélérer ce plan, elle est restée vague. Elle s’est accrochée au discours américain qui rappela la nécessité pour les Palestiniens de parvenir auparavant à un accord sur la reconnaissance d’Israël, sans réciprocité. C’est-à-dire que l’on ne connaît guère les modalités d’une reconnaissance israélienne de l’Etat palestinien, ni la délimitation de ses frontières et détermination de sa capitale.

Tout porte à croire que certaines parties, Israël en premier lieu, cherchent à pousser les Palestiniens à une guerre civile et à empêcher la formation d’un véritable gouvernement d’union nationale. Il est certain dans ce contexte que les Palestiniens, soutenus par les nations agissantes au sein du monde arabe, doivent arrêter leurs affrontements et mettre en échec les plans israéliens. L’Etat hébreu voudrait évidemment profiter de la situation inconfortable où se trouvent les Etats-Unis en Iraq pour faire prolonger le statu quo en Palestine. La diplomatie américaine devrait se libérer de cette tutelle israélienne si elle veut faire progresser les choses.

Arrivée ainsi les mains vides, Condi repartira-t-elle de la même manière ? .

 




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