Al-Ahram Hebdo, Evénement | La Syrie entre dans le jeu
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 17 au 23 janvier 2007, numéro 645

 

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Evénement

Iraq. La visite à Damas du président iraqien — une première depuis plus de 25 ans — vient rappeler que le régime d’Al-Assad ne peut être écarté des recherches de solution. 

La Syrie entre dans le jeu 

Ce n’est certes pas la première fois que les Américains reprochent une attitude négative à Damas. Dans sa nouvelle stratégie en Iraq, le président américain a promis d’interrompre ce qu’il a appelé « le soutien apporté par la Syrie et l’Iran aux insurgés iraqiens ». Dans son discours à la nation, George Bush a également mis en garde Damas et Téhéran contre les « tentatives de déstabilisation de l’Iraq ». Un rapport établi sur la visite de Dick Cheney en Arabie saoudite le 25 novembre 2006 dévoile des démarches entreprises par l’Administration Bush au Moyen-Orient, plus précisément contre la Syrie et l’Iran. Les Américains tenteront ainsi d’encourager une sorte de divorce irano-syrien, pour isoler l’Iran dans la région. Selon ce rapport, Washington proposera à la Syrie de rompre ses relations avec l’Iran et de rejoindre le bloc arabe sunnite. Damas devrait en contrepartie demander un retrait israélien du Golan. Mais cette politique ambitieuse des Américains a été vite contrecarrée par une visite du président iraqien en Syrie. Pour la première fois depuis la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays il y a plus de 25 ans, un chef d’Etat iraqien se rend à Damas. Bien que tous les deux pays soient dirigés par le parti panarabe Baas, la Syrie et l’Iraq entretenaient de mauvaises relations. Jalal Talbani a entamé sa visite au moment même où Condoleezza Rice effectuait sa propre tournée dans la région. Tournée dont le but annoncé est de construire une alliance arabe contre l’Iran et la Syrie.

Mais ce qui s’est passé à Damas était presque l’opposé : une réconciliation syro-iraqienne. Le président Bachar Al-Assad a ainsi affirmé que son pays était prêt à « aider les Iraqiens à réaliser la conciliation nationale, ainsi que l’unité, la sécurité et la stabilité ».

Talbani était encore plus courtois. « La Syrie nous a aidés dans les jours les plus noirs et nous lui sommes reconnaissants. (...) Nous sommes déterminés à établir les meilleures relations politiques, commerciales et pétrolières », a-t-il affirmé. Le plus remarquable dans les déclarations de Talbani, qui est officiellement soutenu par les Etats-Unis, était ces critiques voilées contre les Américains. « Nous voulons briser cet étau qui nous a été imposé et qui a été planifié par les forces colonisatrices pour empêcher toute coopération et tout rapprochement syro-iraqiens », a précisé le président iraqien, qui est aussi un ami de l’Iran. Bagdad a certes besoin du soutien de Damas, en matière de sécurité précisément. Talbani a été précédé à Damas par une importante délégation sécuritaire, dont le ministre de l’Intérieur, Jawad Bolani.

Le vice-président, Farouq Al-Chareh, a affirmé que le rapprochement entre les deux pays visait à consolider les relations et « n’intervenait pas pour des raisons extérieures » en allusion à Washington. Al-Chareh a accusé George Bush de « jeter de l’huile sur le feu », en décidant de déployer des soldats supplémentaires en Iraq. Quelque 20 000 soldats américains devraient partir en Iraq aux côtés des 150 000 déjà sur le terrain depuis quatre ans. Aux yeux des Syriens, la nouvelle stratégie américaine vise à approfondir les divisions interarabes conformément aux intérêts d’Israël. Cette stratégie « consiste à briser les relations interarabes et à approfondir les divisions provoquées à l’origine par les Etats-Unis entre les régimes modérés et les régimes durs », écrit ainsi le quotidien officiel Techrine. De l’avis de certains observateurs, la Syrie ne devrait pas rester là. Le régime syrien serait contraint à faire non seulement des déclarations de bonne volonté, mais aussi des gestes. Des mesures pour tenter de sécuriser la frontière ou au moins une partie devrait intervenir.

Samar Al-Gamal

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