Al-Ahram Hebdo, Egypte | L’Egypte à l’écoute, mais réservée
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 17 au 23 janvier 2007, numéro 645

 

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Egypte

Diplomatie. Le président Moubarak a reçu lundi à Louqsor la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice en tournée dans la région pour recueillir des appuis à la nouvelle stratégie de Bush en Iraq.  

L’Egypte à l’écoute, mais réservée 

« Je n’ai pas de nouvelles idées à offrir au conflit israélo-palestinien, sauf la Feuille de route », a déclaré Condoleezza Rice avant de se rendre lundi à Louqsor en Haute-Egypte pour des entretiens avec le président Hosni Moubarak. C’est donc sur l’Iraq que la secrétaire d’Etat américaine, en tournée dans la région, a voulu centré sa visite. Objectif : obtenir l’appui de l’Egypte à la nouvelle stratégie américaine en Iraq, annoncée le 10 janvier par le président George Bush. Le chef de la Maison Blanche avait annoncé son intention d’envoyer de nouvelles troupes en Iraq afin de faire face à la violence et sa volonté de débloquer des fonds destinés à aider le gouvernement iraqien. Enfin, Washington, qui veut faire face à l’influence iranienne chiite dans la région, souhaite associer les sunnites aux prises de décisions à Bagdad.

L’Egypte a déclaré qu’elle appuyait cette nouvelle stratégie américaine. « Nous appuyons la stratégie américaine dont nous espérons qu’elle sera appliquée pour parvenir à la stabilité en Iraq », a déclaré Ahmad Aboul-Gheit, ministre des Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue américaine. « Nous espérons que ce plan mènera au renforcement de l’Etat iraqien  » a-t-il ajouté, tout en estimant que des amendements constitutionnels étaient nécessaires en Iraq afin de permettre à toutes les parties de prendre part au processus politique. Mais si Le Caire affiche son soutien à Washington au niveau de l’Iraq, il s’inquiète par rapport au processus de paix. « Mme Rice a dit qu’elle n’avait rien à proposer au processus de paix sauf la Feuille de route. Mais celle-ci est morte depuis longtemps. Le processus de paix a besoin lui aussi d’une nouvelle stratégie afin de le remettre sur les rails », a déclaré à Al-Ahram Hebdo une source diplomatique qui a requis l’anonymat. La responsable américaine a, certes, déclaré s’être entendue avec le premier ministre israélien Ehud Olmert et le président palestinien Mahmoud Abbass afin de tenir une rencontre tripartite dans trois à quatre semaines, mais ses déclarations avant sa visite en Egypte ont été perçues avec insatisfaction par les responsables égyptiens. « La pression des démocrates au Congrès a poussé la Maison Blanche à donner toute la priorité à l’Iraq. Or, nous pensons qu’il faut donner un intérêt au processus de paix », affirme la source diplomatique, expliquant que Le Caire appuie la stratégie américaine en Iraq car il craint l’influence iranienne sur les chiites de ce pays. Danger qui peut troubler la région et menacer directement les intérêts de l’Egypte au Proche-Orient. Mais pour Le Caire, le gel de la paix peut être tout aussi dangereux que la violence sectaire en Iraq et mener à une guerre civile. « Nous avons expliqué aux Américains que la Feuille de route doit être redynamisée comme leur nouvelle stratégie en Iraq », a déclaré la source anonyme. Le Caire avait proposé une nouvelle approche « la fin de la route » qui consiste à commencer par la fin, c’est-à-dire par la création de l’Etat palestinien pour régler ensuite toutes les questions en suspens comme le problème des réfugiés. Condoleezza Rice a expliqué au Caire que sa rencontre annoncée avec Olmert et Abbass visait à « aborder des questions larges, afin que nous puissions travailler sur la Feuille de route pour avancer vers un Etat palestinien ». De son côté, Ahmad Aboul-Gheit a déclaré que « la crise palestinienne devait être contenue et que les contacts devaient reprendre entre Israël et les Palestiniens, dans ce qu’il a décrit comme une phase de stabilisation  (...). Ensuite, vous commencez la deuxième phase, où tout est discuté concernant l’établissement de cet Etat palestinien ». Pour la source diplomatique, Rice qui a demandé l’aide de l’Egypte pour stabiliser l’Iraq, doit prendre des mesures actives pour relancer le processus de paix. « Le Caire a soutenu Washington en ce qui concerne la nouvelle stratégie en Iraq, c’est au tour des Américains de s’impliquer davantage dans le conflit israélo-palestinien », a affirmé la source. Ahmad Aboul-Gheit et le chef des services de renseignements, Omar Soliman, doivent se rendre prochainement à Washington afin d’évoquer la question de la paix .

Chérif Ahmed

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