Al-Ahram Hebdo,Arts |Le bon, la brute et le truand
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 17 au 23 janvier 2007, numéro 645

 

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Arts

Théâtre . La pièce Al-Qadiya 2007 (la cause 2007), adaptation de l’œuvre de Yousri Al-Guindi écrite en 1968, Al-Yahoudi al-taëh (le juif errant), narre le drame du peuple palestinien en abusant des symboles clichés.  

Le bon, la brute et le truand 

Une ambiance sacrée règne sur les planches du théâtre Al-Hanaguer. Une musique mélancolique introduit l’apparition des moines et des nonnes. Et avec quelques psaumes coptes récités commence la pièce Al-Qadiya 2007 (la cause 2007). Il s’agit d’une adaptation de l’œuvre de Yousri Al-Guindi, Al-Yahoudi al-taëh (le Juif errant), mise en scène par Hassan Al-Wazir. La pièce raconte l’histoire du jeune Palestinien Sarhane qui souffre de la perte de sa terre et de l’injustice. Il cherche à comprendre, à trouver une solution et attend le retour du Christ, salvateur. Face à cette victime de l’occupation, se présente Isaac (le juif errant) condamné à errer jusqu’à la fin de ses jours comme tous les siens qui ont refusé d’aider Jésus crucifié.

Le texte d’Al-Guindi, écrit en 1968, évoque Jérusalem, la crucifixion de Jésus-Christ, le mythe du juif errant, la cause palestinienne … Cependant, ces questions abordées vers la fin des années 1960 restent encore des sujets d’actualité. Une raison pour laquelle le metteur en scène a choisi de monter ce texte. Dans cette nouvelle version, il se concentre sur la crise palestinienne et les rapports existant entre Israël, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Il évoque les massacres commis depuis 1948 jusqu’à nos jours et fait allusion à la guerre contre le Liban et l’Iraq … L’Histoire passe en jugement. Le juge est à la fois le bourreau (représentant les Etats-Unis) et les témoins et l’audience ne sont que des clowns.

Beaucoup de détails historiques sont évoqués et racontés minutieusement par les personnages durant la pièce, d’où une certaine monotonie. De longs discours expliquant les complots contre la Palestine, l’exploitation de la terre sainte, le danger qu’affronte le monde arabe, etc.

Au niveau de la mise en scène, Al-Wazir a eu recours à une scénographie riche d’Ibrahim Al-Fawa, basée sur les écrans cinématographiques. Le décor évoque un endroit déserté, détruit et au milieu de la scène, un escalier en colimaçon que les acteurs bougent sur scène. Au sommet, un écran géant. En fait, les écrans cinématographiques se multiplient sur les côtés des planches afin d’accentuer l’émotion du public vis-à-vis des séquences projetées : quelques scènes du film de Mel Gibson La Passion du Christ, des séquences du conflit palestinien, des photos d’enfants tués, des mères qui se lamentent, etc.

Et pour mieux représenter la relation israélo-palestinienne et les rapports avec la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, le metteur en scène se sert de la symbolisation. Sur écran, il projette une séquence du film américain The Good, the Bad and the Ugly (le bon, la brute et le méchant, 1966) de Sergio Leone, où sous les menaces des pistolets, un homme est tué dans un silence total.

            Sur les planches, la scène du mariage résume toute l’histoire. Le monde arabe est représenté sous la forme d’une statue, celle d’un homme pendu gisant à terre. Derrière, Israël s’incarne par une jeune fille séduisante qui épouse tantôt la Grande-Bretagne, tantôt les Etats-Unis. Des mariages d’intérêt. Le message est évident, et les symboles clichés.

Les chansons du folklore palestinien et celles de la résistance sont accompagnées de chorégraphies anodines. L’une d’entre elles est accompagnée par la chanson Ya tayer al-ghorba (oiseau de nostalgie) ; les danseurs portant les keffiehs palestiniens imitent le lancement des pierres, signe de l’Intifada, suivant un pas cadencé.

Le procès se termine, et le juge-bourreau (les Etats-Unis) ne garantit pas la justice. A la fin, Sawsan Badr, jouant le rôle de la femme sage, qui commente l’Histoire, s’adresse au jeune Palestinien en l’invitant à résister, à ne plus attendre de sauveur. Le même message est adressé au public par les autres comédiens. Il est donc temps de quitter la salle des spectateurs.

May Sélim

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Al-Qadiya 2007, tous les soirs à 21h (relâche le lundi), au théâtre Al-Hanaguer, terrain de l’Opéra, Guézira. Tél. : 735 68 61.

 

 




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