Al-Ahram Hebdo, Afrique | La résolution sans solution
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 Semaine du 17 au 23 janvier 2007, numéro 645

 

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Afrique

Côte-d’Ivoire . Le Groupe de Travail International (GTI) tire la sonnette d’alarme face à l’impasse totale dans laquelle se trouve le processus de paix et exhorte les institutions africaines à assumer leurs responsabilités.

La résolution sans solution

Après toutes les tentatives de la communauté internationale, notamment du Conseil de sécurité de l’Onu pour trouver une issue à la crise en Côte-d’Ivoire, la situation demeure bloquée. Aucun progrès n’a été enregistré, aucun obstacle n’a été liquidé. C’est ce qu’a constaté le Groupe de Travail International (GTI) sur la Côte-d’Ivoire réuni vendredi dernier pour examiner la situation sur le terrain. Cette fois, le GTI a déploré l’impasse totale dans laquelle se trouve le processus de paix, trois mois après l’adoption de la résolution 1 721 de l’Onu qui devait le dénouer, et a chargé les institutions africaines de le démêler. « A trois semaines de l’échéance du 1er février à laquelle la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union Africaine (UA) doivent procéder à un réexamen de la situation en Côte-d’Ivoire, le groupe constate une impasse totale dans le processus de paix », indique son communiqué.

En effet, cette impasse totale est due principalement au refus de certaines parties ivoiriennes « d’accepter et d’appliquer la résolution 1 721 », ajoute le texte final de cette 12e réunion du GTI, coprésidé par l’Opération des Nations-Unies en Côte-d’Ivoire (ONUCI) et l’UA. « La crise en Côte-d’Ivoire exige une politique de longue haleine et des négociations périodiques entre toutes les parties ivoiriennes avec la présence des médiateurs. Mais ce qui se passe actuellement, c’est que les médiateurs se réunissent ensemble sans la présence de membres des parties concernées », explique Sayed Feleifal, analyste au Centre des études africaines.

Le processus de paix ivoirien, dont le GTI évalue chaque mois l’évolution, vise à réunifier un pays coupé en deux depuis septembre 2002 et la tentative de coup d’Etat de la rébellion des Forces Nouvelles (FN), qui s’est emparée du nord du pays, contre le président Gbagbo, qui a gardé la main sur le sud.

« Si l’opposition sent qu’elle joue un véritable rôle et qu’elle a son mot à dire, la crise peut être résolue », explique Ibrahim Nasreddine, analyste au Centre des études africaines. Tout en ajoutant : « L’opposition doit participer au gouvernement. Pour le moment, chacune des deux parties attend de l’autre côté des gestes de bonne volonté. Le gouvernement actuel doit accepter les revendications des rebelles et les réaliser puisque ces revendications sont logiques et réalisables ».

Pour le faire avancer, le Conseil de sécurité de l’Onu a adopté le 1er novembre 2006 une nouvelle résolution, la 1 721. Cette dernière a prolongé d’un an les mandats du président ivoirien Laurent Gbagbo et du premier ministre Charles Konan Banny, imposé à Gbagbo par la communauté internationale pour mener à bien le processus de paix et organiser des élections, sans cesse repoussées depuis 2005, avant la fin d’octobre 2007. Elle a doté Banny de pouvoirs théoriques élargis, face à un président accusé par certains de bloquer le plan de paix onusien. Le GTI soutient Banny et la résolution 1 721, même si de plus en plus de monde doute de la capacité du premier ministre à faire avancer les choses.

Mais près de trois mois après l’adoption de la 1 721, le blocage reste total. Pour débloquer la situation, le GTI invite l’Onu à s’en remettre aux institutions africaines, UA et CEDEAO, qui doivent envoyer le 1er février au Conseil de sécurité un rapport d’étapes sur l’application de la 1 721.

De son côté, le président Laurent Gbagbo a proposé fin décembre d’entamer un dialogue direct avec les rebelles. Et le chef de la rébellion des Forces Nouvelles (FN), Guillaume Soro, a réaffirmé qu’il était prêt au dialogue à condition que celui-ci soit un mécanisme pour accélérer l’application de la résolution 1 721. Mais, ces déclarations sont restées sans lendemain. A cet égard, le GTI suggère au Conseil de sécurité  d’exhorter les présidents en exercice de la CEDEAO et de l’UA à réunir, dès que possible, les parties ivoiriennes afin de débloquer la situation. Il lui suggère également d’envoyer une mission en Côte-d’Ivoire pour appuyer l’action des dirigeants africains et obtenir le ferme engagement des parties ivoiriennes d’appliquer la résolution 1 721 dans son intégralité.

Maha Salem

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