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 Semaine du 17 au 23 janvier 2007, numéro 645

 

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Afrique

Somalie . Le gouvernement affiche sa volonté de ramener la sécurité après le vote du Parlement instaurant l’état d’urgence dans le pays. Une tâche difficile qui se heurte déjà à la question épineuse du désarmement.

Fragile accalmie 

Survenu rapidement et contre toutes les attentes, le renversement de la situation en Somalie n’augure pourtant pas le retour à la stabilité dans ce pays de la Corne de l’Afrique. Vendredi dernier, les forces somaliennes soutenues par l’armée éthiopienne ont pris le contrôle du dernier refuge des islamistes dans l’extrême sud de la Somalie. Depuis fin décembre-début janvier, les combattants islamistes — qui contrôlaient la majeure partie du sud et du centre de la Somalie — ont été mis en déroute par les troupes éthiopiennes et somaliennes. Cependant, malgré la « victoire » militaire des troupes somaliennes et éthiopiennes, les risques sont encore majeurs. Pour preuve, le Parlement somalien a approuvé samedi l’instauration pour trois mois de l’état d’urgence et de la loi martiale dans le pays. Cette loi autorise notamment le président somalien à publier des décrets concernant la sécurité nationale ou à interdire des manifestations non autorisées ou des barrages mis en place à travers le pays pour rançonner les civils.

Deux tâches difficiles se présentent désormais au gouvernement somalien : l’instauration de la sécurité et la question du désarmement. A Mogadiscio, contrôlée depuis le 28 décembre par l’armée éthiopienne et les forces somaliennes après la fuite des islamistes mais où l’insécurité persiste, une importante opération de fouille a été menée samedi par des soldats éthiopiens. Armes et miliciens pullulent en effet dans la capitale somalienne. Cette opération de fouille intervient au lendemain de la conclusion, vendredi, d’un premier accord important à Mogadiscio entre le gouvernement somalien et les principaux chefs de guerre qui ont accepté de rendre leurs armes et d’intégrer leurs hommes au sein des forces de sécurité.

Mais la question du désarmement reste problématique. En effet, en Somalie, pays en proie à un conflit depuis plus de 15 ans, la tradition du port des armes est très ancrée parmi les chefs de guerre et leurs miliciens. Depuis le début de la guerre civile, les Somaliens s’arment puis s’enrôlent comme miliciens et gardes du corps auprès de ceux qui peuvent les payer, tout en se servant de leurs armes pour rançonner les habitants.

D’ailleurs, une première opération lancée par le gouvernement s’était soldée par un échec cuisant, et le gouvernement somalien avait préféré renoncer, le 6 janvier, à une épreuve de force en reportant le désarmement obligatoire des nombreux miliciens dans la capitale. D’autre part, l’accord entre le gouvernement somalien et les principaux chefs de guerre qui ont accepté de rendre leurs armes et d’intégrer leurs hommes au sein des forces de sécurité, reste bien fragile. Signe de l’extrême volatilité de la situation dans la capitale chaotique, un accrochage, qui s’est soldé par 5 morts, a éclaté pendant les entretiens entre la sécurité du président Abdullahi Yusuf Ahmed et les miliciens d’un puissant chef de guerre réapparu dès la chute des islamistes, Mohamed Qanyare Afrah, dans l’enceinte même de la présidence, Villa Somalia.

Il y a donc aussi l’apparition des anciens chefs de guerre, aujourd’hui incontournables dans tout règlement politique dans l’avenir.

Mais il y a surtout la question des islamistes et de l’intervention américaine dans ce pays. En effet, les raids menés par l’aviation américaine contre des membres présumés d’Al-Qaëda en Somalie ont été vivement critiqués, d’autant plus que les Etats-Unis n’ont pas un passé très glorieux en Somalie. Tout le monde se souvient encore de l’échec cuisant de l’opération américaine Restore Hope au début des années 1990. Mais les Etats-Unis, qui entendent garder un contrôle de la Corne de l’Afrique, se sont contentés de déclarer qu’ils « recherchent la stabilité en Somalie ». « Les Etats-Unis ont deux objectifs : promouvoir un gouvernement national stable fondé sur une véritable réconciliation nationale et bannir les terroristes étrangers connus qui opèrent depuis la Somalie », a déclaré l’ambassadeur américain au Kenya, Michael Ranneberger, dans le quotidien kényan Daily Nation de vendredi dernier.

Abir Taleb

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