Il était nécessaire de remporter
cette rencontre contre l’Egypte pour rester dans le groupe 2
euro-africain et ne pas connaître la relégation en groupe 3.
Chypre pourra mieux progresser en jouant dans le groupe 2. En
tant que joueur professionnel, cette compétition est très
importante car je joue pour mon pays que j’adore. La victoire
est une bonne chose à la fois pour moi, pour mon pays et pour ma
famille.
— Pour ce face-à-face avec l’Egypte, vous
avez dû disputer 3 matchs en 3 jours (2 simples et 1 double),
que pensez-vous du système employé en Coupe Davis, totalement
différent de celui des tournois professionnels ?
— Ce système ne m’a pas gêné du tout, je
pense au contraire que c’est bien. Mais le problème vient du
calendrier de la compétition qui ne convient pas avec le
calendrier professionnel. Pour le premier match en Coupe Davis
contre la Bulgarie en avril dernier (défaite 2-3 de Chypre),
j’avais été obligé d’enchaîner deux compétitions en peu de
temps, car le 20 mars je jouais l’ATP (Association du tennis
professionnel) masters séries de Miami. C’était très fatiguant.
Je n’étais pas au même niveau de forme que mes concurrents à
cause de tous ces voyages en peu de temps.
— Vous avez rencontré deux joueurs de la
sélection égyptienne, que pensez-vous de leur niveau ?
— Ils ne jouent pas mal. Dans les deux matchs
contre Karim Maamoun et Mohamad Maamoun, j’ai été un petit peu
bousculé.
a
n’a pas été facile, mais j’ai fait le maximum pour gagner ces
deux simples. Et pour le double, qui était le match le plus
difficile, le 2e joueur de Chypre, Fotos Kallias, m’a beaucoup
aidé pour l’emporter. C’est grâce à ce match que nous avons fait
la différence pour l’emporter 3-2. Il était clair que l’équipe
qui gagnait le double finirait vainqueur.
— Chypre n’est pas une grande nation de
tennis, comment êtes-vous arrivés à devenir 10e mondial en
juillet 2006 ?
— Depuis mes débuts, à l’âge de 5 ans, j’ai
beaucoup travaillé. Mon père, d’origine libanaise, Christos,
était un grand fan de tennis et c’est lui qui m’a poussé à
pratiquer ce sport avec mes deux frères. A l’âge de 13 ans, j’ai
quitté Chypre pour rejoindre l’Académie de tennis de Mouratoglou
à Paris grâce à un programme de bourse d’Olympique Solidarité
pour le développement des jeunes. L’entraînement en France m’a
permis d’améliorer mon jeu jusqu’à devenir professionnel. Depuis
cette époque, je me consacre totalement au tennis, et pour
parvenir à ce niveau, j’ai abandonné tout le reste, même les
études. Dès le début de cette année, je suis retourné à Chypre
pour m’entraîner avec Guillaume Payre, mon coach privé.
— En janvier 2005 vous étiez classés 155e, en
2006 vous avez rejoint le top 10, que représente pour vous le
fait d’être le premier Chypriote à atteindre un tel niveau ?
— J’ai beaucoup travaillé pour arriver à ce
niveau, cette saison particulièrement, et j’ai fait de grands
matchs. Ce classement est dû à mes bonnes performances. Pour la
première fois de ma carrière et de l’histoire de mon pays, j’ai
atteint la finale de l’Open d’Australie (Grand Chelem), les demi-finales
de Wimbledon (Grand Chelem) et les quarts de finale à Indian
Wells (ATP masters séries). Etre classé 10e représente beaucoup
pour moi, car ça me permet d’aider mon pays. Aujourd’hui, il y a
de bons joueurs de tennis à Chypre et j’espère pouvoir les aider
pour qu’à l’avenir mon pays ait une bonne équipe.
— Depuis que vous êtes professionnel, vous
avez gagné 1 332 276 dollars. Cela représente-t-il une grosse
somme pour un jeune joueur ?
— Cette somme n’est pas énorme pour un joueur
de tennis, mais c’est juste le début. J’ai seulement 21 ans et
je ne suis professionnel que depuis 2003. En tennis, les joueurs
du top 20 gagnent beaucoup plus d’argent. Mais pour moi, ce
n’est pas l’essentiel, je joue au tennis pour le plaisir, et
s’il y a de l’argent en plus, c’est tant mieux.
— Quels sont les joueurs contre lesquels vous
avez le plus de difficultés à jouer ?
— Je dois disputer tous mes matchs en prenant
l’adversaire en considération. Pour moi, tous les matchs sont
difficiles surtout ceux contre les joueurs du top 20. Mais le
joueur le plus talentueux est l’Espagnol Rafael Nadal, 2e
mondial. Il a un niveau extraordinaire. J’ai perdu contre lui
deux fois : en quarts de finale de l’Indian Wells (0-2) et en
demi-finales de Wimbledon (0-3). J’espère quand même le battre
un jour.
— Quels sont vos objectifs à venir ?
— Mon premier but est de garder ce niveau.
Cette saison, je vais disputer en août prochain l’ATP masters
séries du Canada à Toronto, et l’US Open. Mon objectif est de
gagner ces deux tournois afin de terminer la saison avec un
meilleur classement .
Propos recueillis par Doaa Badr