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 Semaine du 26 Juillet au 1er août 2006, numéro 620

 

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Iraq. Le premier ministre Nouri Al-Maliki a entamé sa première tournée en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, où il s'agira de reconsidérer le plan de lutte contre les attentats.

A l'épreuve d'une violence qui ne fléchit pas

Parler sécurité et économie, tel est l'ordre du jour de la première sortie occidentale du premier ministre iraqien Nouri Al-Maliki, qui a entamé dimanche une tournée le menant en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Mais le volet sécuritaire doit sans doute prendre le dessus, d'autant plus que près de 70 personnes ont été tuées le jour du départ de Maliki dans plusieurs attentats ciblant notamment la communauté chiite. Mais la visite de Maliki ne fait pas l'unanimité parmi les Iraqiens. La mouvance du chef chiite radical Moqtada Sadr a exprimé son mécontentement. « Le bloc sadriste ne voit pas d'utilité dans cette visite au moment où le pays traverse une situation difficile au niveau de la sécurité », a estimé Falah Hassan Chanchal, chef du bloc d'une trentaine de députés de la mouvance Sadr, qui soutient le gouvernement mais qui est hostile aux Etats-Unis et à la présence des forces multinationales. « Il ne doit y signer aucun accord sur une présence (permanente) des forces de l'occupation en Iraq », a-t-il encore ajouté.

Or, il s'agit en ce moment d'une augmentation des effectifs des soldats américains présents en Iraq. Pour commencer, l'armée américaine est en train de redéployer ses 127 000 hommes en Iraq pour en concentrer plus à Bagdad où le plan de sécurisation de la ville a échoué et où les attaques se multiplient. La Maison Blanche a d'ailleurs considéré « décevants les résultats » du plan de sécurisation de Bagdad, selon un haut responsable qui a indiqué que la visite de M. Maliki aux Etats-Unis pourrait déboucher « sur des accords concrets sur des changements de priorités, un changement dans (l'utilisation des) ressources » militaires.

Là-dessus, les divergences interiraqiennes risquent d'éclater au grand jour, alors que les Iraqiens tentent, tant bien que mal, de concrétiser le projet de réconciliation nationale. En effet, la Commission de réconciliation a entamé ses travaux samedi dernier. La première réunion de la Commission de réconciliation nationale réunissait une trentaine de personnalités politiques dont le président Jalal Talabani, le Premier ministre Nouri Al-Maliki, le président du Parlement, Mahmoud Al-Machehadani, les leaders des principaux groupes parlementaires ainsi que des chefs tribaux et des représentants de la société civile assistent à la réunion. Comment donc imaginer que de telles initiatives contribuent à la fin de la violence ? « Ces réunions sont sans résultats tangibles parce qu'elles ne comprennent pas les représentants des groupes responsables des attaques et des attentats » explique ainsi le Dr. Abdel-Ghaffar Chokr, directeur du Centre des études politiques arabes. Cet avis est partagé par plusieurs analystes politiques. D'autres experts, comme le Dr Hicham Ahmad, professeur à la faculté de sciences politiques, de l'Université du Caire, estiment que ces réunions, pour qu'elles donnent un quelconque résultat, doivent grouper des membres du parti Baass, ancien parti au pouvoir, ainsi que les leaders des groupes qui organisent les attaques. « Les membres du parti Baass sont considérés par le gouvernement et les Américains comme des criminels. Aussi, sont-ils évincés des postes du gouvernement. Anciens militaires bien qualifiés, ils passent leurs temps libres à former des cadres aptes à mener des actes terroristes dans le pays », explique-t-il.

Abdel-Ghaffar Chokr va dans le même sens : « Si les revendications des anciens baassistes et celles des groupes responsables des actes de violences ne sont pas prises en compte, on ne parviendra jamais à une réconciliation. L'Iraq ne connaîtra pas la stabilité sans trouver une solution à l'insécurité ».

Maha Salem

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