Al-Ahram Hebdo,Arts | Alexandrie cultive la fête
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 Semaine du 26 Juillet au 1er août 2006, numéro 620

 

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Arts

Evénement. La 5e édition du Festival International d’été pour les arts organisée à la Bibliothèque d’Alexandrie a commencé. Théâtre, cinéma indépendants, musique et jeunes artistes exposant pour la première fois sont au programme. Jusqu’au 17 août.

Alexandrie cultive la fête

Un vrai défi lancé à la métropole. C’est ainsi que les artistes et amateurs de l’art considèrent les activités organisées par la Bibliothèque d’Alexandrie, notamment le festival d’été regroupant tous les arts confondus. « Le parvis des civilisations portera bien son nom. Car le festival accueille des artistes de nationalités et tendances différentes, avec la participation de 11 pays dont la Belgique, l’Angleterre, la Slovénie, la France, l’Allemagne, la Grèce, l’Italie, l’Espagne, les Etats-Unis, le Liban et sans doute l’Egypte. Il s’étend aux arts plastiques, théâtre, musique et courts métrages », souligne Chérif Mohieddine, directeur du centre artistique de la Bibliothèque d’Alexandrie.

Outre le Symposium international de la sculpture et l’exposition de peintures organisée sous le titre « Spectres alexandrins », se tient une autre manifestation intitulée « Pour la première fois ». « La première fois désigne plutôt les débuts ou la transition vers le professionnalisme », explique Mohieddine. Il s’agit en effet d’une exposition d’arts plastiques regroupant des jeunes talents égyptiens.

Les jeunes groupes musicaux auront par ailleurs la chance de participer à la programmation prévue à la Plaza (toujours à la bibliothèque) et à une première compétition musicale tenue entre eux. « C’est une manière de les initier à s’exprimer et à se forger une identité tout comme leurs homologues qui ont accédé à la célébrité dans les années 1960 et 70 comme les Black Coats et les Petits Chats. Les groupes primés bénéficieront du soutien artistique de la bibliothèque, soit à travers des ateliers spécialisés, soit à travers l’organisation de concerts », ajoute Mohieddine.

Sadeem, The Crowed, Nemesis, Sneen, Gipsea, Résonance, Mascara, Hypnosis … tous des groupes égyptiens de musique qui cherchent à se faire une place. Ainsi, Emad Elouani, fondateur du groupe Résonance lequel a animé avec succès un concert jeudi dernier, se félicite d’avoir vendu plus de 500 billets, ne jouant que du hard rock. Il indique : « C’est la troisième fois qu’on anime une soirée à la Bibliothèque d’Alexandrie. Nous avons décidé de prendre part au festival et à la compétition, car la bibliothèque nous assure une bonne couverture médiatique. De même, elle offre aux artistes le meilleur système de sonorisation d’Alexandrie et des salles pour répéter ». Ensuite, c’est à Youssef Al-Masri, du groupe Nemesis, de signaler : « Le métal et le hard rock sont deux genres qui se donnent rarement en Egypte. Ici, on a l’occasion d’exposer librement notre façon de penser et de présenter des morceaux qu’on a composés nous-mêmes et d’autres qu’on a sélectionnés parmi les œuvres de groupes célèbres tels Fantoms, Metallica et Europe ».

Par ailleurs, le groupe Better Life, l’un des plus anciens en Egypte et dont la création remonte à l’année 1978 réunissant 84 musiciens, se produira le 4 août, avec un mélange de jazz, salsa et de classique. « L’emplacement génial de la bibliothèque favorise une ambiance gaie et sympathique. Le fait que les soirées se déroulent en plein air attire un large public », dit Chadi Mickel, chef du groupe.

Le cinéma indépendant se taille une place, avec un volet consacré à 30 courts métrages, dont 10 réalisés par des Egyptiens et le reste par des Libanais ou des Européens. Les films seront projetés gratuitement, à l’auditorium de la bibliothèque.

Et le théâtre indépendant est présent avec 8 troupes, dont 5 égyptiennes, participant toutes avec des pièces ayant la condition féminine comme dénominateur commun. Par exemple, la mise en scène de Azza Al-Husseini Bint bounout (Une Pucelle), prévue le 10 août, relate l’attente d’un prince charmant qui ne vient jamais. La pièce Al-Hoga (Le Chaos), qui sera donnée le 15 août par la troupe Al-Madina, raconte l’ascension d’une danseuse. La pièce Trieste-Alessandria Embraked (Le Trajet de Trieste vers l’Alexandrie), donnée par la Slovaque Neda Bric, le 14 août, évoque l’histoire des femmes qui ont quitté Trieste au XIXe siècle sous l’effet de la crise économique.

Le 16 août, ce sera le tour d’Al-Maqamat d’Ahmad Chawqi, qui se base sur la narration. Et le 17, The Phase d’Al-Saïd Qabil, lequel parle du développement humain au sens large. Un développement qui se place sans doute sous le signe de l’échange, favorisé par la Bibliothèque d’Alexandrie.

Lamiaa Al-Sadaty

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