Un
vrai défi lancé à la métropole. C’est ainsi que les artistes et
amateurs de l’art considèrent les activités organisées par la
Bibliothèque d’Alexandrie, notamment le festival d’été
regroupant tous les arts confondus. « Le parvis des
civilisations portera bien son nom. Car le festival accueille
des artistes de nationalités et tendances différentes, avec la
participation de 11 pays dont la Belgique, l’Angleterre, la
Slovénie, la France, l’Allemagne, la Grèce, l’Italie, l’Espagne,
les Etats-Unis, le Liban et sans doute l’Egypte. Il s’étend aux
arts plastiques, théâtre, musique et courts métrages », souligne
Chérif Mohieddine, directeur du centre artistique de la
Bibliothèque d’Alexandrie.
Outre le Symposium international de la
sculpture et l’exposition de peintures organisée sous le titre «
Spectres alexandrins », se tient une autre manifestation
intitulée « Pour la première fois ». « La première fois désigne
plutôt les débuts ou la transition vers le professionnalisme »,
explique Mohieddine. Il s’agit en effet d’une exposition d’arts
plastiques regroupant des jeunes talents égyptiens.
Les jeunes groupes musicaux auront par
ailleurs la chance de participer à la programmation prévue à la
Plaza (toujours à la bibliothèque) et à une première compétition
musicale tenue entre eux. « C’est une manière de les initier à
s’exprimer et à se forger une identité tout comme leurs
homologues qui ont accédé à la célébrité dans les années 1960 et
70 comme les Black Coats et les Petits Chats. Les groupes primés
bénéficieront du soutien artistique de la bibliothèque, soit à
travers des ateliers spécialisés, soit à travers l’organisation
de concerts », ajoute Mohieddine.
Sadeem, The Crowed, Nemesis, Sneen, Gipsea,
Résonance, Mascara, Hypnosis … tous des groupes égyptiens de
musique qui cherchent à se faire une place. Ainsi, Emad Elouani,
fondateur du groupe Résonance lequel a animé avec succès un
concert jeudi dernier, se félicite d’avoir vendu plus de 500
billets, ne jouant que du hard rock. Il indique : « C’est la
troisième fois qu’on anime une soirée à la Bibliothèque
d’Alexandrie. Nous avons décidé de prendre part au festival et à
la compétition, car la bibliothèque nous assure une bonne
couverture médiatique. De même, elle offre aux artistes le
meilleur système de sonorisation d’Alexandrie et des salles pour
répéter ». Ensuite, c’est à Youssef Al-Masri, du groupe Nemesis,
de signaler : « Le métal et le hard rock sont deux genres qui se
donnent rarement en Egypte. Ici, on a l’occasion d’exposer
librement notre façon de penser et de présenter des morceaux
qu’on a composés nous-mêmes et d’autres qu’on a sélectionnés
parmi les œuvres de groupes célèbres tels Fantoms, Metallica et
Europe ».
Par ailleurs, le groupe Better Life, l’un des
plus anciens en Egypte et dont la création remonte à l’année
1978 réunissant 84 musiciens, se produira le 4 août, avec un
mélange de jazz, salsa et de classique. « L’emplacement génial
de la bibliothèque favorise une ambiance gaie et sympathique. Le
fait que les soirées se déroulent en plein air attire un large
public », dit Chadi Mickel, chef du groupe.
Le cinéma indépendant se taille une place,
avec un volet consacré à 30 courts métrages, dont 10 réalisés
par des Egyptiens et le reste par des Libanais ou des Européens.
Les films seront projetés gratuitement, à l’auditorium de la
bibliothèque.
Et le théâtre indépendant est présent avec 8
troupes, dont 5 égyptiennes, participant toutes avec des pièces
ayant la condition féminine comme dénominateur commun. Par
exemple, la mise en scène de Azza Al-Husseini Bint bounout (Une
Pucelle), prévue le 10 août, relate l’attente d’un prince
charmant qui ne vient jamais. La pièce Al-Hoga (Le Chaos), qui
sera donnée le 15 août par la troupe Al-Madina, raconte
l’ascension d’une danseuse. La pièce Trieste-Alessandria
Embraked (Le Trajet de Trieste vers l’Alexandrie), donnée par la
Slovaque Neda Bric, le 14 août, évoque l’histoire des femmes qui
ont quitté Trieste au XIXe siècle sous l’effet de la crise
économique.
Le 16 août, ce sera le tour d’Al-Maqamat
d’Ahmad Chawqi, qui se base sur la narration. Et le 17, The
Phase d’Al-Saïd Qabil, lequel parle du développement humain au
sens large. Un développement qui se place sans doute sous le
signe de l’échange, favorisé par la Bibliothèque d’Alexandrie.
Lamiaa Al-Sadaty