Al-Ahram Hebdo, Arts | Peut mieux faire
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 Semaine du 26 Juillet au 1er août 2006, numéro 620

 

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Arts

Festival Folklorique. La première édition présentée par Saqiet Al-Sawi n’est pas sans répondre à un besoin qui se fait urgent. Toutefois, l’initiative ne semble pas très ambitieuse.

Peut mieux faire

Regain d’intérêt ? L’espace culturel cairote Saqiet Al-Sawi organise son premier festival sur le folklore égyptien, qui s’étale sur trois jours, paraît-il sans grand écho. A l’initiative d’Ossama Al-Cherbini, fonctionnaire du théâtre d’Etat Al-Balloun spécialisé plus au moins dans le champ folklorique, le festival affiche un but lucratif. L’organisateur lorgne notamment un public étranger, curieux de voir les arts populaires égyptiens, en cette période d’été où les activités folkloriques du théâtre Al-Balloun se déplacent plutôt vers Alexandrie. Et peut-être aussi, l’espace alternatif Saqiet Al-Sawi sait d’avance que cela est à même d’attirer certaines jeunes personnes qui ont pris goût aux concerts de folklore moderne qu’il donne de façon régulière ces derniers temps, où tous les métissages font bon ménage. Car c’est un genre qui se veut parfois un peu kitsch, mais qui a apparemment le vent en poupe, répondant à l’identité multiculturelle de la ville … Les improbables ritournelles à la mélancolie tenace, en provenance du sud, les rythmes plus dansants du nord, sont à la fois dépositaires et véhicules d’un génie du peuple qui n’est pas sans toucher les cœurs.

Toutefois, la programmation a l’air un peu ringarde. Et ne se proclame guère à la hauteur d’un festival national sur les arts populaires comme celui de Marrakech, qui vient de prendre fin le 15 juillet dernier et qui en est aujourd’hui à sa 41e édition. En d’autres termes, on est loin d’une vraie tentative de préserver ou de valoriser un patrimoine menacé de déperdition et qui est censé faire face à une mondialisation galopante.

La soirée inaugurale (le 28 juillet à 21h) commence par un show pharaonique — bien déplacé et rikiki — où une fiancée du Nil donnera le coup d’envoi du festival. Ensuite, viendra l’heure des hommages allant cette année à des personnalités qui ont contribué à la vivification du folklore comme le chercheur Zakariya Al-Héggawi, le metteur en scène Abdel-Rahmane Al-Chaféï, l’artiste-peintre Salah Anani et l’intellectuel Abdel-Moneim Al-Sawi. La troupe populaire Al-Nil présentera également des chants et danses sillonnant le pays, explorant la hardiesse du paysan, le charme de la femme populaire ou la ténacité de la danse du bâton. (Il faut peut-être mentionner à l’ombre de cet engouement folklorique que Saqiet Al-Sawi propose des cours afin d’apprendre cette dernière danse). Des derviches tourneurs de tout bord, relativement jeunes, se trouvent regroupés à travers la troupe Les Derviches du Caire, présentant leur spectacle, toujours dans la salle Al-Nahr.

Le jour d’après, c’est-à-dire le 29, la troupe Le Sphinx donnera aussi la danse soufie des mevlevis turcs pour passer ensuite aux chants populaires, comme du coq à l’âne ! Deux enturbannés du bled, Mohamad Sowayed et Idriss Chamandi, mettront l’orchestre en branle, avec leurs chants saïdis. Ceux-ci seront, en effet, suivis par d’autres chants en provenance du Delta et interprétés par la troupe d’Al-Mansoura.

Et pour la clôture, le 30, c’est la danse qui sera plutôt de mise avec notamment la troupe d’Ossama Imam (chorégraphe de la troupe nationale des arts populaires) et à nouveau un show pharaonique conçu par Mona Moustapha, travaillant en principe pour la fameuse troupe Réda.

La seule mention de ces deux dernières troupes de danse (Nationale et Réda) soulève en effet deux points ultimes : d’abord que la plupart des artistes participants ont grandi dans les girons de l’Etat qui se portait mécène des lettres et des arts. Aujourd’hui, ils contribuent avec leurs formations privées, soi-disant moins authentiques, à un festival organisé par un espace culturel indépendant. Ensuite, rien que les noms de ces deux troupes rappellent l’époque révolue où elles ont fait surface. C’était l’époque de l’éveil du nationalisme et la recherche d’une identité égyptienne, après des siècles de domination étrangère. On s’est alors penché sur ce florilège d’une humanité en état de survivance qu’est le folklore. L’éclosion de celui-ci peut relever en général d’une nostalgie du passé, d’un besoin d’évasion, d’un goût de l’exotisme, d’une réaction à l’acculturation et au danger de l’uniformisation ... On a besoin d’aller aux sources, d’entendre quelqu’un conter, pourvu que cela soit bien fait. Et c’est d’ailleurs là que le bât blesse. Car les besoins et les attentes vont beaucoup plus loin que ce qui est proposé par ce festival .

Dalia Chams

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Du 28 au 30 juillet, à 21h, à Saqiet Al-Sawi, salle

Al-Nahr. Fin rue 26 juillet. Tél. : 736 88 81

 




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