A
22 ans, la star de la boxe égyptienne Samiha Hassan Aboul-Gheit
réédite l’exploit de remporter une médaille de bronze (52 kg)
aux Championnats du monde féminins. « Je suis très heureuse
d’avoir remporté cette médaille, elle a prouvé que je suis un
athlète d’un bon niveau et que je n’ai pas remporté la première
médaille de bronze aux Mondiaux de Russie par hasard », confie
la jeune fille, originaire de la Haute-Egypte.
La 4e édition des Mondiaux féminins
regroupait 180 boxeuses venant de 32 pays et a témoigné d’un
niveau très élevé et d’une grande concurrence entre les athlètes.
Conduite par Saïd Hassan, directeur technique de l’équipe
féminine, Samiha Aboul-Gheit faisait partie de ce lot et avait
quitté Le Caire dans l’objectif, le seul, de remporter une
médaille. La jeune Egyptienne a commencé son parcours en 8es de
finale. Elle a dépassé ce tour en battant la Canadienne Nathalie
F. aux arrêts de l’arbitre. En quarts de finale, elle a battu
encore la Française Saliha Ouchen aux arrêts. « Ce match était
très important et très difficile en même temps, car c’est le
match qui pouvait m’assurer une médaille (en boxe, tous les
demi-finalistes décrochent des médailles). Donc, j’ai fait de
mon mieux durant cette rencontre », déclare-t-elle. Puis en demi-finale,
la jeune Egyptienne se heurte à l’Indienne Sarita Devi, et c’est
là que son parcours s’arrête. « J’ai perdu ce match à cause du
mauvais arbitrage, lequel était en faveur de l’Indienne, qui
jouait à domicile », dénonce Samiha.
En préparation pour les Mondiaux, Samiha, qui
joue sous les couleurs du club de l’Institution militaire de
Minya, s’est rendue en Turquie. Là-bas, elle a disputé un
Tournoi international, mais elle a échoué à obtenir un bon
classement.
Durant les 6 dernières années, la jeune
boxeuse n’a cessé de s’entraîner. Elle a passé presque tout son
temps sur le ring à pratiquer le sport qu’elle adore. Les débuts
de cette fille remontent à l’an 2000. Elle a commencé, encore
enfant, à pratiquer l’athlétisme au Centre de jeunesse de
Nasser, à Assiout, jusqu’en 2000, lorsque Ali Mohamad Moustapha,
entraîneur de boxe au Centre de jeunesse, l’a repérée et lui a
demandé d’intégrer l’équipe de boxe. « Je dois tous mes
résultats à Ali Moustapha qui m’a intégrée dans cette
discipline. Il est même venu à la maison pour convaincre mes
parents de me laisser pratiquer ce sport de combat »,
raconte-t-elle. Issue d’une famille conservatrice aux traditions
connues au sud de l’Egypte, Samiha a tout bouleversé en devenant
la première Egyptienne du sud à pratiquer un tel sport.
Dès ses débuts, qui coïncident avec ceux de
la discipline dans le pays, elle s’est distinguée par un talent
extraordinaire et un style de jeu spectaculaire marqué par la
vitesse. Mais le fait de pratiquer un sport de combat n’a pas du
tout affecté sa féminité. Elle est restée belle et met un soin
particulier à toujours paraître en excellente forme.
Quelques années plus tard, les performances
de Samiha commencent à paraître. Elle progresse en peu de temps
grâce à son entraînement avec l’équipe hommes. « Je m’entraîne
avec les hommes, ce qui me donne plus de force et plus
d’expérience », dit-elle. En 2004, elle termine 3e de l’Open de
Norvège. La plus grande surprise de cette boxeuse est réalisée
en 2005, lors des Championnats du monde en Russie. Au cours de
ses premiers Mondiaux, Samiha surprend tout le monde en
remportant la médaille de bronze. « Cette médaille était très
précieuse pour moi mais représentait aussi un lourd fardeau. Car
je devais ensuite mieux réaliser », souligne la championne
d’Egypte. La première Africaine médaillée mondiale n’a plus
qu’un seul rêve : disputer les Jeux olympiques de Pékin 2008.
Doaa Badr