Après avoir décroché la médaille de
bronze, Ahmad Nasser, le président de la Fédération égyptienne,
m’a dit : tu as marqué de ton empreinte l’histoire sportive de
ton pays. Ses paroles résument l’importance de cette médaille et
la signification de la première médaille africaine obtenue aux
Mondiaux de pentathlon moderne. Elles resteront gravées dans ma
mémoire. L’année dernière, le Chinois Zhenhua Qian a remporté la
médaille d’or aux Championnats du monde 2005, il était le
premier du continent asiatique à remporter une médaille aux
Mondiaux. Cette année, c’était mon tour. Mais j’ai déjà réalisé
plusieurs premières. En 2000, j’ai décroché la première médaille
d’argent de l’Egypte aux Championnats du monde des moins de 18
ans. Puis en 2002, j’ai remporté une autre médaille d’argent aux
Championnats du monde des moins de 21 ans à Sydney (Australie),
la première pour l’Egypte dans cette catégorie d’âge. La même
année, j’ai obtenu la médaille d’argent en Coupe du monde de
Hongrie, qui était encore la première de mon pays en seniors.
— Décrivez-nous votre parcours lors de ces
Mondiaux...
— J’ai commencé la journée de la finale en
toute confiance. Après la première épreuve de tir, j’étais
première au classement. Puis en escrime, je me suis distinguée
par ma vitesse et mon expérience, conservant toujours la
première place. Après avoir disputé la natation, mon classement
a baissé à la 3e place. Puis grâce à l’équitation, j’ai récupéré
la première place pour terminer la compétition à la 3e place,
après la course à pied. Aujourd’hui, je suis un nouveau système
de jeu qui m’a beaucoup aidée. Auparavant, l’important pour moi
était d’être 1re à chaque épreuve, notamment en natation (Ndlr :
elle était nageuse au début de sa carrière). Maintenant, mon
objectif est de récolter les points nécessaires dans chaque
épreuve pour avoir un bon classement final. Aujourd’hui, je suis
plus mûre.
— Comment avez-vous célébré la médaille ?
— Je déborde encore de joie, je suis très
heureuse. Après avoir terminé la course à pied, mon regard s’est
dirigé vers Ahmad Nasser pour lui demander si j’étais 3e. Je
pensais avoir été devancée de peu par plusieurs autres athlètes,
alors je n’étais pas sûre de mon résultat. Lorsqu’il s’est
assuré que j’avais décroché la médaille de bronze, j’ai remercié
Dieu qui a récompensé tous mes efforts et toutes mes souffrances.
Puis, j’ai remercié Ahmad Nasser, qui m’a beaucoup soutenue et à
qui je dois tous mes progrès. Ensuite, j’ai pris le portable du
capitaine, Ahmad Nasser, et j’ai appelé mes parents pour leur
annoncer la bonne nouvelle. Car c’est aussi grâce à eux et à
leur soutien durant toute ma vie que j’ai atteint ce niveau. Ils
ont beaucoup sacrifié pour moi, ils ont dépensé leur argent et
leur temps. En fin de compétition, Ahmad Nasser nous a invités à
passer quelques jours aux Etats-Unis pour célébrer la médaille
qui a été obtenue grâce aux efforts de toute l’équipe nationale.
Celle-ci comprenait des entraîneurs, des médecins, un conseil
d’administration bien organisé et des athlètes d’un très haut
niveau.
— Avez-vous imaginé avant la compétition
pouvoir remporter une médaille ?
— Chaque athlète part aux Mondiaux dans
l’espoir de remporter une médaille. En fait, quelque chose en
mon for intérieur me le disait, mais je n’ai pas révélé ce
sentiment. Ces Championnats du monde n’ont pas été mon objectif
principal, ils ont été une étape dans ma préparation, qui vise
les Jeux Olympiques (JO) de Pékin 2008. Il était prévu que je
réalise une bonne performance aux Mondiaux 2007 et non pas à ces
Mondiaux, surtout que je viens de me remettre d’une blessure.
— Durant ces dernières années, votre niveau a
enregistré une baisse. Pourquoi ?
— J’ai subi plusieurs blessures et l’ancien
cadre de la Fédération égyptienne ne m’a pas aidée à retrouver
mon niveau. Dès l’arrivée d’Ahmad Nasser à la présidence de la
Fédération, en décembre 2004, la situation a commencé à changer.
En tant qu’ancien athlète, il connaît bien nos besoins et sait
nous soutenir. Donc, il m’a aidée à traverser cette mauvaise
période de ma vie et en 2005, j’ai remporté le titre africain.
En 2002, j’étais 10e au classement seniors de la Fédération
internationale. En 2003 et 2004, mon classement a baissé à la
68e place. Puis en 2005, mon classement a progressé une autre
fois avec la 17e place. Après mon résultat aux Championnats du
monde, mon classement devra connaître sans doute un nouveau
progrès. Tout cela, grâce à la bonne préparation organisée par
la Fédération égyptienne, présidée par Ahmad Nasser. En effet,
nous avons disputé bon nombre de compétitions durant ces
dernières années et nous avons effectué d’excellents stages de
préparation, surtout le dernier avant les Mondiaux, qui était à
Colorado Spring, aux Etats-Unis. Ce stage a été très efficace
pour nous, il a eu lieu en pleine montagne. Ahmad Nasser y était
présent et il nous a beaucoup soutenues.
— Durant ces dernières années, votre
compatriote Aya Médani a réalisé des exploits en remportant
plusieurs médailles en Coupe du monde seniors, outre ses titres
mondiaux juniors des moins de 18 et 21 ans. Qu’est-ce que cela
représente pour vous ?
— Je suis très heureuse pour Aya, elle est
talentueuse et elle fait de grands efforts. Elle est encore
jeune et pourra faire mieux. Le fait d’avoir plusieurs athlètes
de bon niveau au sein d’une même équipe améliore le niveau de
tous les athlètes durant l’entraînement. Mais elle a beaucoup
plus de chance que moi, car elle a pu disputer plusieurs
Mondiaux juniors, ce que je n’ai pas pu faire. Personnellement,
je n’ai disputé que les Championnats du monde des moins de 18
ans et des moins de 21 ans. La nouvelle génération est beaucoup
plus chanceuse que moi, car les athlètes ont bénéficié de la
bonne gestion de la Fédération égyptienne et des bons résultats
que j’avais réalisés auparavant. J’espère que l’équipe nationale
comportera un autre athlète d’un niveau proche du mien pour que
nous puissions disputer le relais aux Championnats du monde
seniors.
— Que désirez-vous réaliser dans l’avenir ?
— Mon objectif principal est et demeure les
JO de Pékin 2008. Mais je dois d’abord assurer ma qualification
en remportant le titre africain des prochains Championnats
d’Afrique qui auront lieu en février 2007 au Caire. Ensuite, il
faudra conserver mon niveau en passant par les différentes
étapes de la Coupe du monde et les Championnats du monde 2007,
pour arriver fin prête aux JO 2008.
Doaa Badr