Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | Scepticisme autour du cessez-le-feu
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 Semaine du 29 novembre à 3 décembre 2006, numéro 638

 

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Palestine . Bien que mettant un terme à cinq mois d’incursions et de raids israéliens dans la bande de Gaza, la trêve déclarée entre Palestiniens et Israéliens reste précaire et n’implique pas une véritable relance du processus de paix.

Scepticisme autour du cessez-le-feu

Un cessez-le-feu entre Israël et les activistes palestiniens de la bande de Gaza est entré en vigueur dimanche. L’accord conclu entre les principales factions palestiniennes devrait, en principe, mettre fin aux tirs de roquettes sur Israël et à l’offensive de l’armée israélienne lancée après l’enlèvement, en juin, du caporal Gilad Shalit, une offensive qui a causé la mort de 400 Palestiniens. Néanmoins, dimanche matin, juste après l’annonce du cessez-le-feu, au moins cinq roquettes tirées de la bande de Gaza se sont pourtant abattues en territoire israélien, ce qui a mis à mal les Palestiniens. Ces tirs ont été revendiqués par le Djihad islamique et les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, la branche armée du Fatah. Mais selon ces groupes, c’est Israël qui en est la cause. « L’ennemi sioniste n’a pas respecté » l’accord du cessez-le-feu qui « porte sur l’ensemble des territoires palestiniens », la bande de Gaza et la Cisjordanie, a estimé le porte-parole de la branche armée du Djihad islamique, Abou-Ahmad. « Dimanche matin, il y a eu des incursions et des arrestations à Jénine (dans le nord de la Cisjordanie). Nous ne nous engageons à aucune accalmie qui n’est pas respectée par l’ennemi », a-t-il ajouté.

Essayant de contenir la situation, le président palestinien Mahmoud Abbass a condamné cette violation de l’accord et ordonné aux responsables de la sécurité de s’assurer du respect de la trêve. Au total, 13 000 membres des forces palestiniennes vont patrouiller à la frontière entre la bande de Gaza et Israël pour empêcher de nouveaux tirs de roquettes. Pour le porte-parole du gouvernement, Ghazi Hamad, « tout le monde est impliqué dans cet accord qui a été signé par tous, y compris par le Djihad islamique. Il faut déployer tous les efforts pour le respecter ». De son côté, le premier ministre palestinien Ismaïl Haniyeh, lui-même membre du mouvement de la résistance islamique Hamas, a assuré que tous les principaux groupes palestiniens sont engagés à respecter la trêve.

Les Palestiniens tentent donc tant bien que mal d’éviter de donner un prétexte à l’Etat hébreu pour reprendre ses incursions. D’autant plus que le ministre israélien de la Défense, Amir Peretz, a prévenu qu’Israël reprendrait ses opérations militaires à Gaza si ces tirs se poursuivaient en dépit de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.

Si la trêve est respectée, cela pourrait faciliter les négociations entre le Fatah et le Hamas en vue de constituer un gouvernement d’union nationale, ce qui pourrait conduire à la levée des sanctions financières internationales prises contre l’Autorité palestinienne après la formation du gouvernement du Hamas en mars dernier. Le retour au calme pourrait aussi ouvrir la voie à un sommet entre Olmert et Abbass afin de relancer le processus de paix. Cela dit, il faut se méfier d’un optimisme exagéré, la trêve déclarée n’étant qu’une mesure qui doit être suivie par d’autres. « Si le cessez-le-feu n’a pas été très respecté, c’est parce qu’il n’a pas été lié à un règlement politique. On a l’impression que les factions l’ont signé sous pressions, qu’elles étaient obligées de le faire. Le cessez-le-feu doit être consolidé par la formation du gouvernement d’union nationale », souligne Emad Gad, rédacteur en chef d’Israeli Digest.

Mais aussi fragile soit-il, le cessez-le-feu est une nécessité absolue pour sortir de l’impasse actuelle. D’autant plus que les Palestiniens ont commencé à manifester leur ras-le-bol de l’atermoiement quant à la création de leur Etat. Le chef en exil du Hamas, Khaled Méchaal, a déclaré samedi au Caire que son mouvement était prêt à laisser six mois « pour que s’ouvrent de véritables horizons politiques », c’est-à-dire pour aboutir à la naissance d’un Etat palestinien, menaçant de déclencher une troisième Intifada.

Rania Adel

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