Un
cessez-le-feu entre Israël et les activistes palestiniens de la
bande de Gaza est entré en vigueur dimanche. L’accord conclu
entre les principales factions palestiniennes devrait, en
principe, mettre fin aux tirs de roquettes sur Israël et à
l’offensive de l’armée israélienne lancée après l’enlèvement, en
juin, du caporal Gilad Shalit, une offensive qui a causé la mort
de 400 Palestiniens. Néanmoins, dimanche matin, juste après
l’annonce du cessez-le-feu, au moins cinq roquettes tirées de la
bande de Gaza se sont pourtant abattues en territoire israélien,
ce qui a mis à mal les Palestiniens. Ces tirs ont été
revendiqués par le Djihad islamique et les Brigades des martyrs
d’Al-Aqsa, la branche armée du Fatah. Mais selon ces groupes,
c’est Israël qui en est la cause. « L’ennemi sioniste n’a pas
respecté » l’accord du cessez-le-feu qui « porte sur l’ensemble
des territoires palestiniens », la bande de Gaza et la
Cisjordanie, a estimé le porte-parole de la branche armée du
Djihad islamique, Abou-Ahmad. « Dimanche matin, il y a eu des
incursions et des arrestations à Jénine (dans le nord de la
Cisjordanie). Nous ne nous engageons à aucune accalmie qui n’est
pas respectée par l’ennemi », a-t-il ajouté.
Essayant de contenir la situation, le
président palestinien Mahmoud Abbass a condamné cette violation
de l’accord et ordonné aux responsables de la sécurité de
s’assurer du respect de la trêve. Au total, 13 000 membres des
forces palestiniennes vont patrouiller à la frontière entre la
bande de Gaza et Israël pour empêcher de nouveaux tirs de
roquettes. Pour le porte-parole du gouvernement, Ghazi Hamad, «
tout le monde est impliqué dans cet accord qui a été signé par
tous, y compris par le Djihad islamique. Il faut déployer tous
les efforts pour le respecter ». De son côté, le premier
ministre palestinien Ismaïl Haniyeh, lui-même membre du
mouvement de la résistance islamique Hamas, a assuré que tous
les principaux groupes palestiniens sont engagés à respecter la
trêve.
Les Palestiniens tentent donc tant bien que
mal d’éviter de donner un prétexte à l’Etat hébreu pour
reprendre ses incursions. D’autant plus que le ministre
israélien de la Défense, Amir Peretz, a prévenu qu’Israël
reprendrait ses opérations militaires à Gaza si ces tirs se
poursuivaient en dépit de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.
Si la trêve est respectée, cela pourrait
faciliter les négociations entre le Fatah et le Hamas en vue de
constituer un gouvernement d’union nationale, ce qui pourrait
conduire à la levée des sanctions financières internationales
prises contre l’Autorité palestinienne après la formation du
gouvernement du Hamas en mars dernier. Le retour au calme
pourrait aussi ouvrir la voie à un sommet entre Olmert et Abbass
afin de relancer le processus de paix. Cela dit, il faut se
méfier d’un optimisme exagéré, la trêve déclarée n’étant qu’une
mesure qui doit être suivie par d’autres. « Si le cessez-le-feu
n’a pas été très respecté, c’est parce qu’il n’a pas été lié à
un règlement politique. On a l’impression que les factions l’ont
signé sous pressions, qu’elles étaient obligées de le faire. Le
cessez-le-feu doit être consolidé par la formation du
gouvernement d’union nationale », souligne Emad Gad, rédacteur
en chef d’Israeli Digest.
Mais aussi fragile soit-il, le cessez-le-feu
est une nécessité absolue pour sortir de l’impasse actuelle.
D’autant plus que les Palestiniens ont commencé à manifester
leur ras-le-bol de l’atermoiement quant à la création de leur
Etat. Le chef en exil du Hamas, Khaled Méchaal, a déclaré samedi
au Caire que son mouvement était prêt à laisser six mois « pour
que s’ouvrent de véritables horizons politiques », c’est-à-dire
pour aboutir à la naissance d’un Etat palestinien, menaçant de
déclencher une troisième Intifada.
Rania Adel