Al-Ahram Hebdo, Arts | Ebauche d’une génération
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 Semaine du 29 novembre à 3 décembre 2006, numéro 638

 

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Arts

Arts plastiques . A travers les œuvres de 21 jeunes artistes, l’exposition Stars d’aujourd’hui se veut représentative des tendances actuelles. Bien des lacunes restent cependant à combler.

Ebauche d’une génération

A regarder leurs CV, l’on remarque qu’ils ont tous été primés — au moins une fois — au Salon annuel des jeunes, et qu’ils sont nés pour la plupart entre 1966 et 1977. C’est la cohorte d’artistes, dite des années 1990, rassemblée sous la houlette des responsables des diverses éditions du Salon des jeunes qui s’est déroulé régulièrement pendant les quinze dernières années et qui ne sera plus ce qu’il était — selon les observateurs du champ culturel —, car la donne officielle a changé. Ces salons consécutifs ont fait office de « couveuse » où l’on fait éclore les talents.

Ihab Al-Labbane, directeur de la salle Ofoq et commissaire de l’exposition Stars d’aujourd’hui, a voulu réitérer cette hypothèse. Un peu sur la défensive, peut-être parce qu’il a l’avantage et l’inconvénient d’appartenir à la même « génération », à la même « clique ». A 30 ans, il ne veut pas se poser comme quelqu’un qui « théorise », qui juge ou fixe des critères de choix. De plus, il sait sans doute qu’on va lui reprocher d’avoir omis certains noms soi-disant incontournables, qui ont voulu se dissocier de « l’institution culturelle officielle » et des salles qu’elle dirige.

L’exposition actuelle regroupant 21 jeunes artistes n’est pas forcément représentative de ce qu’est l’art plastique contemporain en Egypte, et Al-Labbane en est conscient. « Je veux simplement instaurer une tradition et tenir une exposition pareille tous les ans, laquelle pourrait peut-être, de par son caractère sérieux, rallier tous les dissidents », dit Al-Labbane, ajoutant : « Je veux faire comprendre à mes collègues que ce ne sont pas les salles de l’Etat, mais les nôtres. Il ne faut pas boycotter tout court ». Le directeur de la salle a l’ambition de dresser ainsi les grandes lignes de la scène artistique, d’en faire une ébauche. Or, l’ébauche par définition a quelque chose d’imparfait. Du coup, l’exposition se présente comme juste un essai. Il n’y a pas de vidéos ni d’installations en vogue, seulement quelques œuvres photographiques qui s’ajoutent timidement aux gravures, peintures, sculptures et dessins exposés. En d’autres termes, le tableau demeure inachevé en l’absence des deux éléments susmentionnés.

Des abstractions aux couleurs criardes de Géhane Soliman, formes embryonnaires à l’encre sur papier par Fadwa Ramadan, manifestations, religiosité et aspect cairote informel dans les photos de Hani Al-Goweili … Adel Sarwat assemble ses motifs et ses petites histoires colorées comme pour cumuler les temps. Plus réaliste, Ibrahim Al-Dessouqi dépeint le corps humain (comme cette femme au dos nu), des journaux ou des bottins téléphoniques. Le graveur Haïssam Nawwar voit le monde par le prisme du corps humain.

Figurent aussi des sculptures qui ont fait le tour du monde, réalisées par des stars montantes issues du symposium d’Assouan : Armen Agop, Chams Al-Qoronfoli ou Nagui Farid, qui sont avant tout des amis au commissaire qui l’ont côtoyé au fil des ans. En voyant les pièces de Nagui Farid, on se rappelle un avis qu’il avait publié il y a quelques années dans la revue spécialisée Ein (œil), décrivant le dilemme actuel d’un jeune artiste : « Le rapport de notre génération à ses doyens n’est pas très réussi. Ils sont sur un même radeau. Rira bien celui qui parviendra à se sauver seul ». Des sons de cloche différents, mais l’exposition est quand même restée sur les médias plus au moins conventionnels, écartant bien de voix comme Chadi Al-Néchouqati (lire ci-contre), Amal Qénaoui, Moataz Nasr ... .

Dalia Chams

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Jusqu’au 12 décembre, de 10h à 21h30 (sauf le vendredi), à la galerie Ofoq. 1, rue Kafour, Guiza. Tél. : 336 29 21

 

 




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