Le
massacre perpétré par les forces israéliennes à Beit Hanoun et
qui a causé la mort de 20 Palestiniens, en grande partie des
enfants, a été un choc pour le monde entier. Si les mésententes
entre le Hamas et le Fatah étaient un tant soit peu moins
virulentes, cet événement terrible aurait certainement eu plus
d’écho au sein de l’opinion internationale. Les personnes
intéressées par les droits de l’homme et la protection des
citoyens dans les conflits armés auraient eu plus d’espace pour
réagir en réclamant de suite le jugement des criminels de guerre
israéliens face à un tribunal international. Il semblerait, en
effet, que la tiédeur de la réaction arabe, ainsi que l’absence
d’une véritable action en association avec les organisations
internationales concernées, soient à la source d’une lassitude
envers la cause palestinienne.
Or, il faut dire que l’Organisation arabe de
la lutte contre la discrimination fait exception. Elle accomplit
un travail assidu qui consiste à détecter et à enregistrer tous
les crimes commis contre les Palestiniens, tout en restant en
contact continu avec les organisations internationales. Dans
cette mission, l’organisation se réfère aux médias israéliens
mêmes. Elle a aussi recours à des témoignages pour élaborer des
dossiers concernant la cause palestinienne.
En travaillant sur le dossier de Beit Hanoun,
je me suis surpris à lire l’article du célèbre journaliste
israélien Gideon Levy, publié par le Haaretz, intitulé « Il n’y
a pas de coupable en Israël ». Dans cet article, il reconnaît le
crime commis avec préméditation par les forces israéliennes à
Beit Hanoun. Levy a réclamé le jugement de ceux qui ont commis
ce crime atroce en disant : « Vingt citoyens palestiniens ont
été tués avec préméditation. Il n’y a aucune autre façon de
décrire la manière dont ils ont été assassinés. Quiconque jette
une allumette dans une forêt provoque un incendie. Et qui
bombarde un quartier résidentiel tue des citoyens innocents » .