Al-Ahram Hebdo, Opinion
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 22 au 28 novembre 2006, numéro 637

 

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Opinion

Mohamed Salmawy
 

Salama A. Salama
 

Wahid Abdel-Méguid
Politologue
 

Emad Awad
Politologue

 

Ibrahim Nafie
 


Edito

Le prix de la guerre

Combien d’Iraqiens ont-ils péri dans des violences en Iraq depuis l’invasion américano-britannique du pays en mars 2003 ? La réponse est difficile. Il est vrai que les Iraqiens paient depuis plus de trois ans un lourd tribut à la guerre, entre combats, attentats terroristes et violences confessionnelles, mais les bilans varient du simple au quintuple, révélant un manque criant d’informations précises sur un sujet très politisé.

Le ministère iraqien de la Santé estime qu’entre 100 000 et 150 000 Iraqiens étaient morts dans des violences depuis cette date, à partir du nombre de corps apportés quotidiennement dans les morgues et hôpitaux du pays. Il y a un mois, la revue médicale britannique Lancet chiffrait, pour sa part, le nombre des morts entre mars 2003 et juillet 2006 à 650 000, dont 600 000 de mort violente — soit près de 7 % de la population adulte masculine du pays, qui compte environ 27 millions d’habitants. Ces conclusions ont aussitôt été jugées irréalistes par les autorités iraqienne et américaine, mais aussi par de nombreux observateurs critiquant la méthode employée, basée sur une comparaison de taux de mortalité faite par un échantillon de 12 000 personnes et extrapolée à l’ensemble du pays.

L’organisation non gouvernementale Iraq Body Count, qui recense depuis le début de la guerre le nombre de victimes, dénombre pour sa part entre 46 863 et 51 968 victimes civiles iraqiennes. Ces chiffres, qui viennent des informations recueillies par les médias, ne prennent pas en compte les victimes parmi les forces de sécurité iraqiennes ou les insurgés. Mais les médias eux-mêmes, qu’ils soient iraqiens ou étrangers, n’ont connaissance que d’une fraction du nombre de morts chaque jour dans le pays : certaines zones n’ont pas de correspondants, dans d’autres, les autorités refusent de communiquer des chiffres. Ainsi, dans un rapport publié en septembre dernier, les Nations-Unies avaient affirmé que plus de 100 Iraqiens périssaient de mort violente chaque jour, donnant des chiffres « sans précédent » de 3 590 civils tués en juillet et 3 009 en août. Ces chiffres représentent près du double de ceux dont les médias ont eu connaissance dans la même période. En réponse, le gouvernement iraqien avait donné, en septembre, pour consigne au ministère de la Santé et à l’Institut médico-légal de Bagdad ... de ne plus fournir le bilan des pertes humaines à l’Onu. Mais les autorités iraqiennes elles-mêmes ont du mal à connaître le bilan de certaines violences soit parce qu’elles se produisent dans des zones hostiles, comme la province d’Al-Anbar, le foyer de l’insurrection sunnite dans l’ouest du pays, soit en raison de la tradition musulmane qui veut qu’on enterre au plus vite les victimes, ce qui ne facilite pas leur recensement. 

 




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