Cette commission existe depuis déjà
37 ans. Elle a été créée par l’Assemblée générale des Nations-Unies
pour enquêter sur les violations israéliennes des droits de
l’homme dans les territoires occupées et au Golan. Notre rôle a
été, au long de ces années, d’élaborer des rapports à ce sujet.
Cependant, enquêter sur ces violations dans les territoires
occupés n’est pas une chose facile en raison des entraves que
nous pose systématiquement Israël qui nous empêche même de nous
rendre dans ces territoires.
— Comment faites-vous donc pour mener à bien
votre travail d’enquêteur ?
— Nous travaillons comme nous pouvons, en
essayant de rencontrer le plus grand nombre de témoins des
violations de droits de l’homme que ce soit à Gaza, en
Cisjordanie ou au Golan. Nous choisissons, par exemple, des
personnes vivant à Gaza puis les invitons à venir nous
rencontrer au Caire pour nous donner leurs témoignages. Quant à
ceux qui vivent en Cisjordanie, nous les rencontrons à Amman et
ceux vivant au Golan nous les voyons soit en Syrie, soit au
Liban. Lorsque nous parlons avec eux, nous nous concentrons sur
des questions spécifiques liées aux droits de l’homme, comme le
droit à la vie, droit à l’éducation, droit à la libre
expression, etc.
— Quelles sont les violations israéliennes
les plus communes ?
— Je dois dire que tous les droits
fondamentaux de l’homme sont violés dans les territoires occupés.
Le premier d’entre eux est le propre droit à la vie qui a été
violé régulièrement par Israël à travers, par exemple, les
assassinats ciblés qui ont lieu dans l’impunité la plus totale.
Je dois aussi mentionner les droits à l’alimentation et à l’eau
également violés par Israël. A cela, il faut ajouter les
pratiques israéliennes qui empêchent les Palestiniens d’accéder
aux soins médicaux, constamment soulevées par les témoins que
nous interrogeons. Certains témoins nous ont fait part du
meurtre d’un membre du personnel médical en pleine activité.
Les Israéliens imposent aussi de nombreuses
entraves à la libre circulation des Palestiniens. Le plus
flagrant exemple à ce titre est le mur de séparation dont la
construction est le meilleur symbole de la violation des droits
fondamentaux des populations vivant dans les territoires occupés.
— Au-delà de votre travail d’enquêteur,
quelles mesures concrètes entreprenez-vous ?
— Cette commission est uniquement chargée
d’enquêter. Nous ne sommes pas chargés d’entreprendre des
actions concrètes. Nous sommes trois représentants des trois
pays, la Malaise, le Sri Lanka et le Sénégal, et nous avons été
mandatés par l’Assemblée générale des Nations-Unies pour
entreprendre cette action. Ce que nous faisons, c’est écouter
les nombreux témoins et produire des rapports visant à maintenir
informés, les membres de l’Assemblée générale sur les violations
des droits de l’homme dans les territoires occupés. Nous
émettons aussi des recommandations à chacun des acteurs de
l’Assemblée générale impliqué dans la question, ainsi qu’à
l’Autorité palestinienne et à Israël. Dans nos rapports, nous
nous adressons à l’Assemblée générale et au Conseil de sécurité.
Mais notre travail s’arrête là, nous ne pouvons pas entreprendre
des mesures. Tout ce que nous pouvons faire, c’est recommander
aux autres de le faire.
— Et que se passe-t-il après l’émission de
vos recommandations ?
— Les Etats membres sont censés les étudier
et agir en conséquence. Lors de notre dernier rapport, nous
avons recommandé à l’Assemblée générale et au Conseil de
sécurité de l’Onu d’adopter de sanctions contre Israël. Ceci
doit être bien sûr approuvé. Tout le monde sait que
malheureusement, il y a certains pays au sein du conseil qui s’y
opposent.
— Est-ce c’est la première fois que la
commission recommande l’adoption des sanctions contre Israël ?
— Oui, c’est la première fois.
Randa Achmawi