Al-Ahram Hebdo, Monde Arabe |Prasad Kariyawasam, « Tous les droits fondamentaux de l’homme sont violés dans les territoires occupés »
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 12 à 18 avril 2006, numéro 606

 

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« Tous les droits fondamentaux de l’homme sont violés dans les territoires occupés »

Prasad Kariyawasam, chef de la Commission d’enquête des Nations-Unies sur les violations des droits de l’homme dans les territoires occupés, explique la mission de la commission et relève l’ampleur des pratiques israéliennes.

Al-Ahram Hebdo : Est-ce que vous pourriez nous donner une idée sur la nature du travail de la Commission d’enquête sur les violations des droits de l’homme dans les territoires occupés ?

Prasad Kariyawasam : Cette commission existe depuis déjà 37 ans. Elle a été créée par l’Assemblée générale des Nations-Unies pour enquêter sur les violations israéliennes des droits de l’homme dans les territoires occupées et au Golan. Notre rôle a été, au long de ces années, d’élaborer des rapports à ce sujet. Cependant, enquêter sur ces violations dans les territoires occupés n’est pas une chose facile en raison des entraves que nous pose systématiquement Israël qui nous empêche même de nous rendre dans ces territoires.

— Comment faites-vous donc pour mener à bien votre travail d’enquêteur ?

— Nous travaillons comme nous pouvons, en essayant de rencontrer le plus grand nombre de témoins des violations de droits de l’homme que ce soit à Gaza, en Cisjordanie ou au Golan. Nous choisissons, par exemple, des personnes vivant à Gaza puis les invitons à venir nous rencontrer au Caire pour nous donner leurs témoignages. Quant à ceux qui vivent en Cisjordanie, nous les rencontrons à Amman et ceux vivant au Golan nous les voyons soit en Syrie, soit au Liban. Lorsque nous parlons avec eux, nous nous concentrons sur des questions spécifiques liées aux droits de l’homme, comme le droit à la vie, droit à l’éducation, droit à la libre expression, etc.

— Quelles sont les violations israéliennes les plus communes ?

— Je dois dire que tous les droits fondamentaux de l’homme sont violés dans les territoires occupés. Le premier d’entre eux est le propre droit à la vie qui a été violé régulièrement par Israël à travers, par exemple, les assassinats ciblés qui ont lieu dans l’impunité la plus totale. Je dois aussi mentionner les droits à l’alimentation et à l’eau également violés par Israël. A cela, il faut ajouter les pratiques israéliennes qui empêchent les Palestiniens d’accéder aux soins médicaux, constamment soulevées par les témoins que nous interrogeons. Certains témoins nous ont fait part du meurtre d’un membre du personnel médical en pleine activité.

Les Israéliens imposent aussi de nombreuses entraves à la libre circulation des Palestiniens. Le plus flagrant exemple à ce titre est le mur de séparation dont la construction est le meilleur symbole de la violation des droits fondamentaux des populations vivant dans les territoires occupés.

— Au-delà de votre travail d’enquêteur, quelles mesures concrètes entreprenez-vous ?

— Cette commission est uniquement chargée d’enquêter. Nous ne sommes pas chargés d’entreprendre des actions concrètes. Nous sommes trois représentants des trois pays, la Malaise, le Sri Lanka et le Sénégal, et nous avons été mandatés par l’Assemblée générale des Nations-Unies pour entreprendre cette action. Ce que nous faisons, c’est écouter les nombreux témoins et produire des rapports visant à maintenir informés, les membres de l’Assemblée générale sur les violations des droits de l’homme dans les territoires occupés. Nous émettons aussi des recommandations à chacun des acteurs de l’Assemblée générale impliqué dans la question, ainsi qu’à l’Autorité palestinienne et à Israël. Dans nos rapports, nous nous adressons à l’Assemblée générale et au Conseil de sécurité. Mais notre travail s’arrête là, nous ne pouvons pas entreprendre des mesures. Tout ce que nous pouvons faire, c’est recommander aux autres de le faire.

— Et que se passe-t-il après l’émission de vos recommandations ?

— Les Etats membres sont censés les étudier et agir en conséquence. Lors de notre dernier rapport, nous avons recommandé à l’Assemblée générale et au Conseil de sécurité de l’Onu d’adopter de sanctions contre Israël. Ceci doit être bien sûr approuvé. Tout le monde sait que malheureusement, il y a certains pays au sein du conseil qui s’y opposent.

— Est-ce c’est la première fois que la commission recommande l’adoption des sanctions contre Israël ?

— Oui, c’est la première fois.

Randa Achmawi

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