Combien grandiose est cette salle avec ses
lumières qui scintillent, ses décorations et ses couleurs qui
resplendissent ! Je m’y suis trouvé en compagnie de mes frères
et sœurs, mes oncles et mes tantes ainsi que leurs enfants. Les
amis de Gamaliya et de Abbassiya, et les Harafichs nous y ont
rejoints. Tout ce monde se mit à chanter et à rire jusqu’à
perdre la voix, à danser jusqu’à ne plus sentir leurs jambes et
à aimer jusqu’à faire fondre leurs cœurs. Ils sont maintenant
allongés dans leur tombeau laissant planer autour d’eux le
silence et la menace de l’oubli. Dieu seul est éternel.
Rêve 202
La belle m’enlaça le bras et nous nous
trouvâmes devant un marchand de livres qui avait étalé des
livres sur le trottoir. Je vis que mes œuvres occupaient un
grand espace. Je pris un livre et l’ouvris. Je fus surpris de ne
trouver que des pages blanches. Je pris un autre bouquin et le
trouvais dans le même état. Ce fut le cas pour tous mes autres
livres dont il ne restait pas de trace. Je lançais un regard à
ma compagne qui me regardait avec pitié !
Rêve 203
Je me vis en train de lire un livre.
Subitement les saoulards du réveillon se mirent à jeter leurs
bouteilles vides qui éclatèrent en miettes alors qu’ils me
menaçaient. Je courus au poste de police le plus proche. J’y
trouvais les gens préoccupés à maintenir l’ordre général. Je
courus vers le fettéwa de l’ancien quartier. Mais alors que je
me plaignais à lui, il avait accouru avec ses hommes vers le bar
où se saoulaient les criminels et s’acharna à coups de bâtons
contre eux. Ces derniers finirent par m’appeler à leur secours.
Rêve 204
Je me vis directeur des affaires de cinéma.
La comédienne F vint me trouver pour me demander de la libérer
du rôle qu’elle tenait avec le comédien A. Cela me dérangea et
je lui dis que cela bouleverserait nos plans. Elle tint bon.
Ensuite, le comédien A me demanda de faire pression pour que F
ne se désistât pas du rôle. Je m’excusai de ne pouvoir agir de
la sorte. F répandit la nouvelle que je faisais pression sur
elle pour qu’elle joue avec A parce que c’était mon ami. Quant à
A, il prétendit que j’avais facilité la tâche à F afin qu’elle
se désiste pour une raison cachée. Je maudissais le jour où
j’avais occupé ce poste.
Rêve 205
Je regardai une patrouille de soldats
étrangers. Je lançai une pierre sur eux. Je montai à la terrasse
et sautai chez les voisins. Je pris les escaliers pour retrouver
le portail de l’immeuble et m’évader. Mais je trouvai des
soldats armés qui guettaient devant le portail.
Rêve 206
Je me vis en train de préparer la table alors
que les voix de ma mère, de mes sœurs et frères me parvenaient
de la pièce d’à côté. En les attendant, je fus pris par le
sommeil. Je me réveillai, impatient et j’accourus vers la pièce
voisine. Je la trouvai complètement vide et plongeant dans un
grand silence. L’espace d’une minute, je fus envahi par la
terreur. Mais je retrouvai mes esprits et me souvins que tout ce
monde avait élu leur siège chez Dieu et que j’avais suivi leurs
funérailles les uns à la suite des autres.
Rêve 207
Les acclamations pour les élections fusaient
de partout et le plaisir gagna le chanteur populaire qui se
présenta aux élections. Les foules le portèrent sur les épaules
à cause de sa réussite. Ils lui demandèrent de prononcer un
discours. Il monta sur l’estrade et se mit à jouer de la rababa
en chantant :
Ô toi le plus beau des hommes du Sud
Sur ma main est gravé ton nom.
Rêve 208
Monsieur D gagna les élections. Mais il
partit retrouver sa famille en disant qu’il était honoré d’en
faire partie et qu’il projetait de présenter sa démission. Une
femme lui dit : « Ta démission sera synonyme d’animosité et ils
vont médire sur toi et sur nous. Alors, sois content ou du moins
fais semblant de l’être et prononce un discours ». D se mit
debout sur l’estrade et dit : « L’histoire de l’Egypte a
commencé avec votre apparition sur la scène. Tout ce qu’il y
avait auparavant n’était qu’obscurité ».
Rêve 209
Je me trouvai en compagnie de mon ami E dans
une chambre d’hôtel. Des soldats envahirent la pièce et nous
emmenèrent devant un officier étranger qui demanda à mon ami
pourquoi il n’avait pas été enrôlé dans l’armée. Il répondit
qu’il refusait la guerre. Il ordonna de l’enrôler dans l’armée.
Il m’adressa la parole : « Ne quitte pas ta chambre car les
circonstances nous conduiront peut-être à t’enrôler malgré ta
vieillesse ! ».
Rêve 210
J’étais parmi une équipe qu’on avait déléguée
pour renforcer les digues afin de contrer une inondation rebelle.
Nous étions conscients que la moindre négligence signifiait que
l’inondation prendra le dessus provoquant famine et chaos !
Rêve 211
C’était l’école de Fouad Ier et c’était le
jour de la célébration de la fête de la fiancée du Nil. La cour
était remplie d’élèves en compagnie de leurs parents. Les
invités étaient installés sur l’estrade avec à leur devant la
reine d’Angleterre alors que la chorale se tenait de l’autre
côté.
Un homme fit un speech où il racontait
l’histoire du Nil et des belles jeunes filles depuis les temps
anciens. Il nomma la dernière en date dont le départ m’avait
laissé un mal au cœur qui ne se guérit pas. Après le speech,
nous chantâmes des quatrains qui reprenaient des moments de
l’Andalousie.
L’assemblée fut dissoute et la reine se
dirigea vers la porte. Lorsqu’elle se rapprocha, je reconnus que
c’était la reine Victoria qui était venue spécialement pour
fêter le Nil.
Rêve 212
L’injustice se répandit à un point tel
qu’elle laissa suinter une odeur étouffante. Je partis en
compagnie de gens vers le lieu où l’on jetait des pierres sur le
diable. Lorsque je revins, je fus frappé par l’odeur étouffante.
Les collègues dirent que le Comité du mal était rassemblé à
l’intérieur et que notre destin était en train d’être décidé. Je
partis aussitôt à l’intérieur et me retrouvai face à face avec
le président qui me lança un regard très dur. Je sortis de ma
poche quelques pierres que je lançais sur lui puis, je quittais
la pièce. Le bombardement éclata si fort que nos oreilles furent
assourdies .
Traduction de Soheir Fahmi