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 Semaine du 22 au 28 novembre 2006, numéro 637

 

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Arts

Cinéma. Un zeste africain, un focus sur le sud et une rivalité égypto-tunisienne ont marqué les dernières Journées cinématographiques de Carthage.

Dialogue sud-sud

Les Journées Cinématographiques de Carthage (JCC) viennent de célébrer leur quarantième anniversaire. C’est le premier festival panafricain et panarabe à se dérouler sans interruption depuis 1966.

La 21e édition qui vient de prendre fin a accordé un intérêt particulier au cinéma jeune, opposant notamment des créateurs égyptiens et tunisiens. Ainsi a été présenté en compétition officielle Les Loisirs, premier long métrage de Mohamad Moustapha. Et hors compétition, Malek wé kétaba (pile ou face) de Kamla Abou-Zikri, et Leabet al-hob (jeu d’amour,) de Mohamad Ali. De même, d’autres réalisateurs égyptiens ont été à la page avec des documentaires et courts métrages comme 30 Novembre de Mahmoud Soliman, Ces Filles-là de Tahani Rached, et Patrie, de Tamer Ezzat. Un hommage spécial a été rendu au réalisateur Yousri Nasrallah pour l’ensemble de son œuvre.

Le public faisait la queue devant les salles afin de voir ces films nettement en rivalité avec les nouvelles productions tunisiennes comme le dernier film de Nouri Bouzid, Making off, traitant du terrorisme et du fanatisme religieux.

Le cinéma venu d’Afrique noire a surtout consacré les questions d’actualité brûlante. Bamako, du cinéaste mauritanien Abderrahmane Sissako, en est l’exemple le plus patent. Ce n’est pas uniquement une fiction très touchante, mais aussi une œuvre qui se place hors des sentiers battus du cinéma conventionnel. Car il s’agit d’un procès d’intention contre l’Occident, délivrant les pensées qui rongent les peuples africains. Le réalisateur y dénonce l’injustice et la corruption à travers des situations désastreuses.

« Lorsque le festival a fait ses débuts en 1966, la Tunisie, l’Algérie, le Maroc et la plupart des pays du continent noir n’étaient pas capables de produire de longs métrages », indique Ferid Boughedir, le directeur artistique du festival. Et d’ajouter : « Cette année, on a décidé de privilégier le dialogue entre les pays du tiers-monde. On a tenu alors à une plus grande ouverture sur le cinéma de l’Amérique Latine et celui de la Corée du Sud ».

En effet, les Journées de Carthage ne ressemblent en rien à ces festivals qui attirent un bon nombre d’invités pour les cérémonies d’ouverture et de clôture, laissant les salles vides durant le reste des festivités. Bien au contraire, le festival s’est transformé, au fil des ans, en une vraie fête pour les cinéphiles qui se précipitent afin de voir un nouveau film en provenance du Mali ou de Burkina-Faso et boycottent automatiquement des films commerciaux au-deça du niveau habituel. (D’ailleurs, le prix réduit des billets, soit l’équivalent de 4 L.E., encourage les spectateurs à se rendre en salle. Ce, sans oublier les invitations gratuites offertes aux étudiants et aux gens des médias). Bref, il s’agit d’un public à qui on a inculqué la notion de la diversité culturelle.

Fawzi Soliman

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