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Aviron . 8e en skiff aux Jeux olympiques d'Atlanta 1996, 12e à Sydney 2000, Ali Ibrahim tient à terminer dans les 6 premiers lors des JO d'Athènes 2004.

« Mon objectif est de disputer la finale A »

Al-Ahram Hebdo : Comment vous sentez-vous à quelques jours des Jeux Olympiques (JO) d'Athènes ?

Ali Ibrahim : Je me sens très bien. Contrairement à ce qui s'est passé avant les JO de Sydney. Je voudrais signaler qu'un mois avant Sydney, j'ai boycotté avec mes coéquipiers le stage de préparation de la sélection nationale. Ce qui a beaucoup affecté mon niveau. Aujourd'hui, les choses ont changé. Je me suis mis à 100 % à l'entraînement, notamment ces derniers 7 mois. Dès le début de l'année, j'ai commencé un stage de préparation aux Etats-Unis sous la houlette de Khaled Sanad, directeur technique de l'équipe de l'université américaine Colgate.

— Il est remarquable que votre niveau se soit nettement amélioré durant ces derniers mois. Quelle est la raison de ce progrès ?

— Mon niveau s'est beaucoup amélioré grâce au stage de préparation effectué aux Etats-Unis. Passer les quelques mois avant Athènes loin de l'Egypte était vital. Au Caire, je n'étais jamais suffisamment concentré sur mon entraînement, où il y avait toujours des choses qui venaient perturber ma concentration, comme les problèmes financiers de la Fédération égyptienne et mes propres problèmes. Aux Etats-Unis, je suis loin de tout cela, donc pour la première fois, j'ai tiré le meilleur d'un entraînement.

— Comment s'est déroulé votre entraînement aux Etats-Unis ?

— Il y a une grande différence entre l'entraînement en Egypte et l'entraînement aux Etats-Unis. Tout d'abord, je m'entraîne là-bas sur un parcours international en ligne droite. C'est une chose qui a grandement contribué à améliorer mon niveau. En Egypte, sur le Nil, j'étais obligé de m'arrêter dès que je croisais une autre embarcation, car une vague pouvait me faire chavirer. Deuxièmement, le système d'entraînement en Amérique est meilleur, je m'entraîne avec des athlètes de haut niveau. Une équipe d'entraîneurs me surveille. Chaque jour, j'effectue des tests de performance afin de connaître la progression de mon niveau. Finalement, pour la première fois, j'ai eu l'occasion de passer plus de temps en salle de gymnastique, une chose qui manque aux rameurs égyptiens. En passant plus de 2 mois en salle en raison des mauvaises conditions atmosphériques dues à l'hiver, j'ai développé les muscles qui ne travaillent pas quand je rame. A l'université, les entraîneurs appliquent des méthodes très sophistiquées.

— Comment vous sentez-vous avec votre nouveau directeur technique, Khaled Sanad ?

— J'ai beaucoup d'admiration pour Khaled Sanad. C'est grâce à lui que j'ai pu partir aux Etats-Unis pour m'entraîner avec l'équipe d'aviron de l'université de Colgate, à Hamilton (New York). Frappé par le manque de moyens de l'aviron national, il a proposé à la Fédération égyptienne de m'emmener avec lui. Khaled Zein, le président de la Fédération égyptienne, a immédiatement accepté. L'occasion était rêvée. D'autant plus qu'avec Khaled Sanad, on se connaît bien. Il a été mon entraîneur en 1998. C'est grâce à lui que j'ai obtenu la 8e place en Coupe du monde d'Allemagne 1998. Khaled Sanad est mon porte-bonheur.

— Premier aux éliminatoires africaines de Tunisie en avril dernier, vous vous êtes qualifié pour les JO. Comment préparez-vous ce grand événement ?

— J'ai commencé ma préparation en effectuant, dès le début de l'année, un stage de préparation aux Etats-Unis, car j'étais presque certain de ma qualification. Durant cette période, j'ai disputé 2 tournois internationaux aux Etats-Unis et j'ai remporté ces 2 courses. A la 2e étape de la Coupe du monde, qui s'est déroulée du 27 au 29 mai dernier à Munich (Allemagne), j'ai remporté la finale B avec un temps qui m'aurait permis de remporter une médaille de bronze si j'avais disputé la finale A. De passage en Egypte, je me prépare maintenant à partir pour l'Espagne afin d'effectuer mon dernier stage de préparation avant les JO.

— Durant ces quatre dernières années, vous n'avez remporté aucune médaille en skiff. Cela n'est-il pas de mauvais augure ?

— Pas du tout, car pendant cette période, je ne me suis pas concentré en skiff. Après avoir ramé 12 ans en skiff, je me suis lassé de cette catégorie. Notamment en réalisant les meilleures performances égyptiennes de la discipline : 8e aux Olympiades d'Atlanta, 12e à Sydney, 7e aux Championnats du monde du Canada 1999, entre la 7e et la 9e places aux diverses étapes des Coupes du monde, avec une médaille d'argent en 1997. Donc, il me fallait changer d'embarcation. En 2001, j'ai ramé en 4 sans barreur puis j'ai intégré l'équipe du 8 barré. Avec ce bateau, j'ai réalisé le résultat le plus remarquable de l'aviron égyptien en remportant la médaille de bronze en Coupe du monde 2002. Je ne suis revenu au skiff qu'en janvier 2004.

— 7 mois en skiff sont-ils suffisants pour disputer les JO d'Athènes en août ?

— N'oubliez pas que j'ai passé presque toute ma vie en skiff. Je connais bien ce bateau. De plus, après avoir quitté le skiff peu de temps, j'y reviens avec plaisir. Donc, durant ces 7 mois, j'estime avoir réalisé d'importants progrès.

— En skiff, vous avez tendance à commencer la course (2 km) en tête, et à céder votre place 500 mètres avant la fin. Avez-vous réglé ce problème ?

— Aux Etats-Unis, j'ai adopté la méthode de mon entraîneur. En départ de course, je reste avec les autres concurrents et je ne déploie des efforts qu'en dernière partie de course. J'ai pu réaliser cela grâce à la méthode d'entraînement de Khaled Sanad. Pour améliorer ma technique, il laissait les autres rameurs commencer la course avant moi. Donc, dès le début de course, je devais déployer plus d'efforts afin de rattraper les autres.

— Que redoutez-vous lors des JO d'Athènes ?

— La seule chose que j'appréhende lors des JO est le parcours. Car à cause des vagues, le courant est rapide. Lors des derniers Championnats du monde juniors qui ont eu lieu cette année en Grèce, l'Allemagne avait retiré son équipe après avoir fait une reconnaissance du parcours. Les autres pays ont confectionné des bateaux qui sont plus adéquats. Il est vrai que la fédération m'a acheté un nouveau bateau, j'espère qu'il sera efficace sur les eaux rapides d'Athènes.

— Ces JO seront vos 3es Olympiades. Que souhaitez-vous réaliser ?

 Les Jeux d'Athènes seront probablement mes derniers. Alors, si je dois inscrire une performance, c'est maintenant ou jamais. Mon objectif est de disputer la finale A. Mais quand il s'agit de finale, il est difficile de prévoir le vainqueur.

Propos recueillis par Doaa Badr
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