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Football .
La Jordanie s'est hissée aux quarts
de finale de la Coupe d'Asie qui se déroule actuellement en
Chine. Le principal artisan de cet exploit est l'Egyptien Mahmoud
Al-Gohari, directeur technique de l'équipe. |
Gohari,
l'idole des Jordaniens |
En 2002, l'acceptation
par le technicien égyptien Mahmoud Al-Gohari (66 ans) de prendre
en charge la sélection jordanienne a été perçue comme un choix
de préretraite paisible. Mais aujourd'hui, à voir la Jordanie
terminer quart de finaliste de la Coupe d'Asie, pour la première
fois de son histoire, on se dit qu'il a accompli un nouvel exploit
venant s'ajouter à son gigantesque palmarès. En effet, cette
petite nation, qui n'avait jamais réussi à se qualifier pour
la Coupe d'Asie, a impressionné les observateurs en Chine, en
réalisant de bons résultats face au titan asiatique qu'est la
Corée du Sud (0-0) et le Koweït (2-0), grand favoris du groupe,
et les Emirats arabes unis (0-0), avant de s'incliner de justesse
face au Japon (1-1 et 4-3 t.a.b.) dans un match qui était pourtant
à leur portée.
Une
performance qui témoigne de la grande mutation du football jordanien,
à savoir son émergence au niveau continental. « Il ne
faut pas nous sous-estimer. Nous sommes venus réaliser de bon
résultats et nous avons un objectif à atteindre : nous qualifier
au second tour », déclarait le technicien égyptien
avant le coup d'envoi de la compétition. Des propos qui se sont
confirmés. Mais pour les experts du football asiatique, plusieurs
signes précurseurs indiquaient que la Jordanie aurait son mot
à dire en Coupe d'Asie.
En prenant l'équipe
en charge en avril 2002, Gohari a eu un impact immédiat sur
la Jordanie. Dans la compétition de l'Ouest asiatique, qui a
eu lieu deux mois plus tard, il s'est hissé en finale pour la
première fois de l'histoire de la Jordanie, en s'imposant face
à des équipes comme l'Iran, le Liban et la Syrie avant de perdre
contre l'Iraq en finale (3-2) par un but en or. Les Jordaniens
ont continué sur leur lancée lors de la Coupe arabe, qui s'est
déroulée au Koweït en décembre 2003, en terminant demi-finaliste.
Quant au grand rêve de se qualifier pour la Coupe du monde 2006,
Gohari met en œuvre toute son expérience pour qu'il devienne
réalité. La Jordanie est actuellement tête du groupe, avec 9
points, grâce aux trois victoires consécutives face au Laos
(5-0), au Qatar (1-0) et finalement à l'Iran (1-0), le grand
favori de ce groupe, à Téhéran. Ce sont là de brillants résultats
mais il lui reste encore trois journées à jouer, où il devra
garder la tête du groupe avant de se confronter aux vainqueurs
des 8 autres groupes. Ce n'est qu'ensuite que les qualifiés
pour le Mondial d'Allemagne seront connus.
Des prouesses qui
se sont reflétées sur la position de la Jordanie dans le classement
de la Fédération internationale de football (FIFA). Elle est
en effet devenue 40e en juillet 2004, alors qu'elle occupait
la 98e place en avril 2002, date de la nomination de Gohari.
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Un défi de taille
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Après la Coupe
d'Afrique des Nations (CAN) 2002, Gohari avait annoncé son
intention de quitter la sélection d'Egypte pour de bon, après
avoir été nommé 4 fois à la tête de la direction technique.
Il voulait tenter une toute autre expérience. Cela n'a pas
tardé, avec l'offre de la Jordanie, source de défi. Car le
pays ne possède pas de palmarès et n'a ni les moyens
ni le potentiel pour évoluer parmi les grands. Gohari a entièrement
réformé l'équipe en lui injectant du sang neuf. Ainsi, Amer
Chafi (gardien, 22 ans), Khaled Saïd (milieu, 22 ans), Hassan
Abdel-Fattah (milieu, 22 ans), Mahmoud Chelbaieh (attaquant,
24 ans), Abdel-Hadi Al- Maharmeh
(attaquant, 21 ans) et d'autres encore ont été intégrés aux
côtés de certains éléments expérimentés tels que Rateb Al-Awadat
(défenseur, 33 ans) et le capitaine Abdallah Abou-Zema (milieu,
28 ans). Ces nombreux jeunes éléments, qui constituent le
noyau de la nouvelle génération de la sélection jordanienne,
ont fait baisser la moyenne d'âge à 24-25 ans. Ses critères
pour le choix des joueurs sont la détermination et l'enthousiasme,
plus que les qualités techniques. De même, il a adopté la
stratégie défensive, qui a fait toute sa réputation, convenant
parfaitement aux qualités de ses joueurs qui ne peuvent pas
s'offrir le luxe de disputer des rencontres à tendance offensive.
Gohari veut continuer
son aventure jusqu'au bout et peut-être même réaliser la grande
surprise en se qualifiant pour la Coupe du monde 2006. Beaucoup
d'Egyptiens regrettent d'avoir laissé partir un sélectionneur
d'un tel calibre qui aurait pu améliorer la situation délicate
des Pharaons dans leurs très délicates qualifications
pour le Mondial.
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Karim
Farouk |
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