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l'an IV-V de son règne, Aménophis IV, alors Akhénaton,
avait choisi l'édification de sa capitale dans une
zone désertique située dans le nome du Lièvre à
près de 450 km au nord de l'actuelle capitale Thèbes.
L'emplacement de sa villa sera délimité par la découpe
dans la falaise de 14 stèles de 4 m de hauteur.
La totalité de ces stèles est construite sur le
même schéma, cintre décoré de la famille royale
devant Aton et nombreuses inscriptions relatant
la délimitation du nome par le roi. La cité émergera
ainsi du sable sur un territoire de près de 9 km
de long sur 1 km de large et suivra le tracé du
Nil. Elle sera divisée en plusieurs quartiers comprenant
les bâtiments administratifs et les habitations
particulières. Elle s'est ensuite développée autour
de la rue principale alors appelée « La
Voie royale » et qui était dans l'axe du
Nil nourricier que bordaient les temples et les
palais.
Autour
des ces édifices les plus importants se regroupaient
les habitations des nobles, mais aussi les villa
bourgeoises ; les habitations modestes étant
construites plus en périphérie. Plus à l'écart,
une soixantaine de maisonnettes, de 5 m de large
sur 10 m de long et composées de 4 pièces, accueillaient
les ouvriers construisant la cité. Parallèle à la
voie royale se trouvait la rue du grand prêtre dans
laquelle furent retrouvées entre autres les villas
du vizir Nakht.
On
parle peu de l'habitat des Anciens Egyptiens, se
contentant de les imaginer vivant à l'extérieur,
sous les rayons bienfaisants de Rê. Il est vrai
que les traces archéologiques de leurs demeures
(maisons ou palais) sont peu nombreuses, les matériaux
utilisés étant trop fragiles (bois et briques séchées
au soleil) pour résister aux affres du temps. Cependant,
les technologies modernes peuvent ici nous donner
un petit coup de main, en particulier la modélisation
3D et les images de synthèse. Voici donc la villa
de Nakht, vizir sous Akhénaton (XVIIIe dynastie),
telle qu'elle devait se présenter à Tel Al-Amarna.
Un bel exemple illustrant la qualité et le confort
de l'habitat prévalant à l'époque, du moins pour
les privilégiés de la société pharaonique.
La
villa du vizir Nakht a été construite vers 1345
av. J.-C. Sous l'impulsion d'Akhénaton (Amenhotep
IV, 1353-1338), une nouvelle capitale est construite :
c'est Akhetaton (Amarna). L'antique Thèbes est abandonnée
par le pharaon et les grands fonctionnaires. Ces
derniers se font alors construire de splendides
villas qui témoignent du luxe de l'époque. Celle
de Nakht faisait 880 m carrés et comprenait près
de 20 pièces. Domaine autosuffisant, la villa se
complète d'étables, de cuisines, d'un puits, d'habitations
pour les domestiques, ainsi que d'une chapelle privée.
Certes, les habitations à cette époque étaient généralement
construites autour d'un jardin, comprenaient des
étables, des dépendances, des silos à blés et une
chapelle, la surface de l'ensemble variant suivant
la richesse ou l'importance de l'occupant.
Une
fois la porte d'entrée de la villa de Nakht franchie,
le visiteur se dirige vers la chapelle privée, dédiée
à Aton. La structure est couverte de stuc. On peut
aussi admirer des colonnes rouges qui sont de bois
peint . De là, l'on peut se rendre au jardin ou
vers la maison. Notez les deux étages de l'édifice.
A l'avant, les greniers. La salle de réception qui
s'élève sur deux étages est baignée des rayons du
soleil. Une frise colorée décore le haut des murs
de la pièce. Tel Al-Amarna comprend également, plus
au sud, une résidence royale édifiée autour d'un
magnifique lac artificiel de 120 m x 60 m et une
rangée de 11 bassins en forme de T. Plus important
encore au centre de la ville, le grand temple qui
comprenait 2 édifices dans une surface de 760 m
de long sur 270 m de large. |