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Services .
Pour lutter contre la bureaucratie
et faciliter certaines procédures administratives, le gouvernement
a créé il y a un an des centres de services dans tous les
gouvernorats. Mais ils restent à ce jour trop fréquentés.
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Pour
se procurer un document officiel en Egypte, il faut accomplir
un véritable parcours du combattant. La procédure peut durer
des semaines. Aujourd'hui, on peut se procurer facilement le
document désiré en une semaine, et sans frais supplémentaires,
si on s'adresse à l'un des 500 centres de services installés,
depuis un an, par le ministère du Développement administratif
dans les 26 gouvernorats. Il s'agit de simples kiosques comprenant
chacun trois employés et installés dans différents quartiers.
Leur tâche est de faciliter l'accès des citoyens à quelque 590
services gouvernementaux : émission d'un certificat de
naissance, d'une pièce d'identité, permis de construction et
une série d'autres services dans d'autres domaines comme l'éducation
et la santé. Les employés de ces centres jouent le rôle d'intermédiaires
en achevant toutes les démarches administratives obligatoires
auprès des ministères et des institutions officielles à la place
du citoyen. « L'objectif de ces centres est de faciliter
aux citoyens les procédures administratives, de lutter contre
la bureaucratie et la corruption, et de remédier au taux élevé
du chômage entre les jeunes diplômés », affirme Omar
Abdel-Aziz, sous-secrétaire du ministère du Développement administratif.
Les citoyens accueillent sans doute favorablement l'idée de
ces centres. « Autrefois, pour transférer mon fils d'une
école primaire à une autre préparatoire, j'étais obligée de
faire la navette entre les différentes directions du ministère
de l'Education pour obtenir les documents nécessaires. Souvent,
il manquait un papier ou il y avait des erreurs et je devais
refaire toutes les procédures. En plus, pour ne pas rater la
date d'inscription à la nouvelle école, je devais verser des
pots-de-vin aux fonctionnaires. Aujourd'hui, je ne fais que
remplir un formulaire dans un des centres de services publics
et j'obtiens tous les documents nécessaires en une semaine »,
souligne Fatma Abdel-Hamid, enseignante.
Afin
d'accomplir les services dans les temps, des surveillants sont
chargés de contrôler quotidiennement ces centres. En cas de
transgression, le fonctionnaire subit un prélèvement de son
salaire ou est carrément interdit d'exercer ses fonctions.
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De nombreux problèmes en suspens |
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Si
l'expérience a plus au moins réussi un an après son lancement,
des problèmes restent à régler. « Théoriquement, il y a
une coordination entre nous et les différents ministères. Ces
derniers sont censés coopérer avec les employés des centres
de services chargés de faciliter les procédures aux citoyens.
Mais nos employés affrontent des obstacles qui les empêchent
d'achever leur mission. Soit le fonctionnaire du ministère est
absent, soit il refuse de prendre les papiers en réclamant la
présence du citoyen en personne, notamment les ministères de
l'Intérieur et de la Main-d'œuvre », affirme Aliya Badrane,
directrice du secteur des services publics au ministère du Développement
administratif. Ceci pousse les citoyens à croire qu'il y a une
défaillance dans le fonctionnement de ces centres.
D'autre
part, ces centres étant encore mal connus, nombreux sont les
citoyens qui n'y ont pas recours. « L'année dernière,
nous n'avons reçu que 655 clients. Tout simplement parce que
peu de gens connaissent ces centres. Aucune publicité n'est
faite pour les faire connaître sous prétexte que cela alourdit
le budget. Les gens prennent ces kiosques pour des bureaux de
poste », lâche Islam Salama, fonctionnaire au centre
de Madinet Nasr, au Caire.
Les
responsables affirment pourtant qu'ils viennent de conclure
un contrat avec trois chaînes télévisées pour diffuser des spots
indiquant aux citoyens les lieux de ces centres de service.
« Si peu de citoyens ont recours à nos services au Caire,
cela ne signifie pas que nous avons échoué. Dans les autres
gouvernorats, nous avons accueilli des milliers de personnes.
A Monib, dans le gouvernorat de Guiza, nous avons accueilli
1 280 personnes, alors qu'en Haute-Egypte, le chiffre a
dépassé les trois milles en un an », affirme Omar Abdel-Aziz.
Cet écart s'explique, selon les responsables, par le taux d'analphabétisme
élevé dans les provinces où on ignore les démarches à faire
pour obtenir un document officiel. Certains citoyens au Caire
préfèrent quand même se rendre directement dans les administrations
gouvernementales. Ils obtiennent ce qu'ils veulent en versant
des pots-de-vins aux petits employés. Or, dans les gouvernorats,
le niveau de vie est plus modeste et les gens n'ont pas recours
à de telles méthodes.
Mais
les problèmes ne s'arrêtent pas là. Les employés de ces centres
sont mal payés. « Nous travaillons par contrat renouvelable
annuellement. Notre salaire est de 300 L.E. y compris les primes
de transports que nous payons nous-mêmes. Pourquoi ne pas nous
rembourser les frais de transports ou bien nous permettre d'utiliser
les moyens de transport gratuitement ? », propose
Moustapha Ahmad, fonctionnaire au Caire. Vient ensuite l'absence
de lignes directes de téléphone ou de fax qui faciliteraient
la mission de ces employés. Sans mentionner d'autres difficultés
d'ordre pratique : « La superficie de ces kiosques
ne dépasse pas les 2 m2, alors que trois employés y travaillent.
Ils sont fabriqués en tôle. Conséquence : une chaleur écrasante
qui provoque une panne fréquente des appareils », s'indigne
Nagwa Ezzat, fonctionnaire.
En
fait, plusieurs plaintes sur toutes ces difficultés ont été
présentées à l'ex-ministre du Développement administratif, mais
sans succès. Le nouveau ministre, Ahmad Darwich, quant à lui,
a critiqué les défaillances dans ce secteur vital. Il a déclaré
la semaine dernière qu'il procédera à l'étude de ces plaintes
en promettant une amélioration des services.
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Ola
Hamdi
Héba
Nasreddine
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