Mamdouh
Hamza, le célèbre ingénieur architecte égyptien, avait été
arrêté le 12 juillet dernier dans la capitale britannique
alors qu'il s'apprêtait à assister le lendemain à une réception
donnée par la reine d'Angleterre au Pakingham palace en l'honneur
de plusieurs personnalités scientifiques. Selon les dernières
déclarations, toujours floues, des responsables britanniques,
Mamdouh Hamza est accusé de « complot criminel ».
Il aurait projeté d’assassiner 4 personnalités égyptiennes
de haut rang en s'appropriant les services de tueurs professionnels
en Grande-Bretagne ! Des informations circulent selon
lesquelles Scotland Yard serait en possession d'enregistrements
sonores prouvant la culpabilité de Mamdouh Hamza.
L'affaire
enveloppée de mystère a suscité un déluge d'interrogations
en Egypte. Est-il possible qu'un architecte aussi renommé
que Mamdouh Hamza soit accusé de complot criminel ? Qui
a informé les autorités britanniques de ces supposées intentions
de l'architecte ? Et enfin, s'agit-il d'un complot visant
à nuire à l'image de l'architecte, d'autant plus que celui-ci
n'est pas recherché en Egypte et ne faisait l'objet d'aucune
poursuite. La famille de l'accusé insiste sur son innocence.
« L'arrestation de mon mari a suscité un choc et un
désarroi. Mon mari n'a aucune activité terroriste. Il n'a
jamais comploté contre personne », affirme Omayma
Hatem, épouse de l'architecte qui a pu lui rendre visite cette
semaine en prison. Elle affirme que son époux est très fatigué
depuis son entrée en prison mais qu'« il est sûr qu'il
sera déclaré innocent ».
Pour
leur part, les autorités égyptiennes ont manifesté un intérêt
aux développements de l'affaire. La diplomatie égyptienne
est en contact avec les responsables britanniques en vue d’obtenir
toutes les informations concernant le procès. « Le
président Moubarak suit les développements de cette affaire
qui est d’ordre criminel et non terroriste ou politique. Notre
ambassade à Londres déploie tous les efforts possibles pour
aider juridiquement Hamza, qui est une figure importante en
Egypte, en chargeant plusieurs avocats de prendre sa défense »,
a déclaré l’ambassadeur Magued Abdel-Fattah, porte-parole
de la présidence de la République. En outre, le ministre des
Affaires étrangères, Ahmad Aboul-Gheit, a affirmé que les
autorités égyptiennes et l’ambassade d’Egypte à Londres « suivent
le procès avec le plus grand intérêt ».
De
son côté, le Conseil national des droits de l’homme a réclamé
aux autorités britanniques de fournir toutes les informations
nécessaires pour clarifier cette affaire. « Nous allons
tenir une réunion pour discuter de cette affaire qui préoccupe
l’opinion publique et nous allons également suivre de près
le procès à travers des contacts avec les autorités britanniques
et les avocats que nous allons charger de suivre le procès »,
explique Ahmad Kamal Aboul-Magd, vice-président du Conseil
des droits de l’homme, qui s'est rendu cette semaine dans
la capitale britannique pour suivre l'affaire.
Mamdouh
Hamza est un illustre architecte qui possède un grand bureau
de consultants et jouit d’une excellente réputation. Il a
participé à l’exécution de plusieurs grands projets comme
la Bibliothèque d’Alexandrie, le port de l’Est de Port-Saïd
et plusieurs projets à Tochka, sans compter les projets qu’il
a réalisés dans plusieurs pays arabes et européens. « Mamdouh
Hamza est une personnalité connue dans le monde et il a obtenu
plusieurs prix à l'étranger. Il a publié plus de 35 recherches
et est membre de plusieurs associations scientifiques connues.
Je ne pense pas que Hamza puisse être impliqué dans n’importe
quel crime », assure Ahmad Rached, vice-président
du Bureau Hamza.
Que
s'est-il donc passé ? L'hypothèse d'un règlement de comptes
entre l'architecte et des personnalité égyptiennes de haut
rang a été évoquée. Des rumeurs ont circulé dernièrement sur
les rapports mouvementés qu'entretenait Mamdouh Hamza avec
le ministre de l’Habitat, Mohamad Ibrahim Soliman. En effet,
dans une ancienne interview accordée au quotidien Al-Ahram,
Hamza avait fait part de son mécontentement de la bureaucratie
en Egypte ainsi que de son désir de quitter le pays : « J’ai
beaucoup de projets que je n’arrive pas à réaliser en Egypte
à cause des obstacles par exemple à Tochka », a expliqué
Hamza dans l’interview sans nier les différends existant entre
lui et le ministre de l’Habitat qui, selon lui, cherche à
faire échouer ses projets. Le ministre de l’Habitat a refusé,
pour sa part, de commenter ces rumeurs. « Je ne veux
pas parler de tout cela avant que l’enquête soit finie. Je
n’ai jamais dit que Hamza est allé à Londres pour faire venir
des criminels pour m’assassiner. Ce ne sont que des rumeurs »,
a déclaré Ibrahim Soliman.
La
première audience du procès Hamza doit se tenir le premier
septembre. Toute la lumière reste à faire sur cette affaire
aussi mystérieuse qu'obscure.