C'est
suite au vote cette semaine par le Conseil de sécurité de l'Onu
d'une résolution appelant le Soudan à résoudre dans les 30 jours
la crise au Darfour que le chef de la diplomatie, Ahmad Aboul-Gheit,
s'est rendu à Khartoum. Aboul-Gheit était porteur d'un message
du président Hosni Moubarak à son homologue soudanais, Omar
Al-Béchir, lui demandant d'intervenir pour faire cesser les
agissements des milices arabes pro-gouvernementales, rendues
responsables de la plupart des atrocités commises au Darfour.
Le
chef de la diplomatie a fait une visite rapide dans un camp
à Al-Facher, capitale du Darfour nord, afin de se rendre compte
de la situation sur place. La visite du chef de la diplomatie
intervient dans le cadre des efforts déployés par l'Egypte pour
réduire la pression internationale sur son voisin du sud. Le
Caire a recommandé au Soudan de se concentrer sur les aspects
positifs de la résolution. Le Caire a voulu persuader Khartoum
que la résolution contient des éléments qui peuvent constituer
une base pour un dialogue constructif entre le Soudan et le
Conseil de sécurité, servir les intérêts du peuple soudanais
et désamorcer la situation explosive.
D'autre
part, l'Egypte a décidé de dépêcher des militaires au Darfour
pour rejoindre les observateurs de l'Union Africaine (UA) déjà
sur place. Au terme de sa rencontre avec le président Al-Béchir,
le chef de la diplomatie a tenu une conférence de presse commune
avec son homologue soudanais Moustapha Osmane Ismaïl. Il a affirmé
que l'Egypte a déjà envoyé la liste des officiers qu'elle entend
dépêcher au Soudan au siège de l'UA. Ces officiers arriveront
au Darfour dans un futur proche. « C'est un petit groupe,
mais il sera efficace », a déclaré Aboul-Gheit. Le
Caire a formulé le souhait que le Soudan continue à coopérer
positivement avec les Nations-Unies, après le vote de la résolution
du Conseil de sécurité. « Je souhaite que le Soudan
continue à coopérer positivement avec l'Onu suite à la résolution
des Nations-Unies et que, de leur côté, les parties occidentales
comprennent les circonstances extrêmement difficiles que traverse
la province du Darfour, avec ses complexités internes et politiques »,
a déclaré dimanche dernier le chef de la diplomatie. L'Egypte
a exprimé sa satisfaction vis-à-vis de la résolution du Conseil
de sécurité. Aboul-Gheit a estimé que la résolution votée vendredi
soir traitait avec prudence la crise dans le Darfour et répondait
aux observations émises par l'Egypte en accordant à Khartoum
le temps d'honorer ses engagements. « La résolution
de l'Onu apporte son soutien aux efforts de l'UA dans cette
crise et donne à Khartoum plus de temps pour respecter ses engagements »,
a affirmé le ministre.
Aboul-Gheit
a évoqué les objectifs annoncés des Etats-Unis et des pays occidentaux
d'assurer la stabilité du Soudan. Il a affirmé qu'il souhaitait
que leurs positions soient empreintes de crédibilité et qu'ils
œuvrent avec maturité politique pour assurer cette stabilité.
Le président Moubarak avait demandé au secrétaire d'Etat américain,
Colin Powell, de temporiser avant de demander des sanctions
internationales contre le Soudan.
L'Egypte
entretient traditionnellement de solides relations avec le Soudan,
en raison notamment des intérêts communs que les deux pays ont
dans la gestion des ressources hydrauliques du Nil. Elle s'est
prononcée publiquement à plusieurs reprises ces derniers mois
pour une solution politique des conflits soudanais au sud, avec
l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) de John Garang
et à l'ouest avec les rebelles du Darfour, dans le respect de
l'intégrité territoriale du Soudan.
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