Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Commentaire

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Arts
Société
Sport
Environnement
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Le nouveau gouvernement et le besoin de transparence
Par Ibrahim Nafie

Le premier problème auquel le nouveau gouvernement doit faire face est la crise de confiance entre les citoyens et le gouvernement. Cette crise a été provoquée par les anciens gouvernements qui ne cessaient de faire des déclarations optimistes en totale opposition avec la réalité dont le peuple était témoin dans sa vie quotidienne. Raison pour laquelle les déclarations gouvernementales ont perdu tout leur sens, voire leur crédibilité, et ont poussé le peuple par conséquent à tourner le dos au suivi de l'action du gouvernement. Et c'est en effet ce dernier qui en a payé le prix. Les gens ne voient plus les réalisations dont les gouvernements successifs parlent. Et les véritables achèvements se sont noyés au milieu de vagues déclarations contradictoires, loin de la réalité des gens.

Le président Moubarak a entamé la marche de la réforme économique en déclarant au peuple la vérité sur les problèmes que nous affrontons et la difficulté de la réforme à laquelle nous aspirons. Cette démarche a abouti et la franchise du discours politique a contribué à alléger le fardeau dû aux réformes économiques. Or, cette démarche ne fut malheureusement pas suivie par certains gouvernements ayant pris en charge la réforme économique. Ceux-ci ont adopté un discours qui parlait de programmes et de projets qui n'ont jamais vu le jour. Plus encore, les renseignements attestés et les informations confirmées ont fait défaut à toute déclaration gouvernementale. Ainsi, seules des couvertures superficielles des discussions du Conseil des ministres étaient rendues publiques. Ni les journalistes ni les responsables des médias n'avaient la possibilité de poser des questions relatives aux discussions ayant lieu au sein du Conseil ministériel. Il leur était uniquement permis de transmettre les bilans dictés par le gouvernement.

Nous réclamons haut et fort un changement radical de cette politique si le gouvernement aspire à regagner la confiance du peuple. La transparence doit devenir une partie intégrante du discours du nouveau gouvernement car rien n'est pire que de faire des déclarations vagues et incompréhensibles.

Nous ne pourrons faire face à nos problèmes sans cette confiance mutuelle entre le peuple et le gouvernement. Pour accomplir cette tâche difficile, nous avons besoin de discours plus efficaces et un langage plus réaliste. Il incombe au gouvernement, non seulement d'être à l'écoute des citoyens, mais également d'entamer un dialogue afin de remédier à leurs problèmes. C'est pourquoi il est indispensable d'avoir un porte-parole compétent du gouvernement qui puisse engager un dialogue aussi bien avec les médias qu'avec les citoyens. Ce responsable doit en tout cas oublier l'ancienne mission consistant à transmettre des tas de déclarations positives sans fondement. C'est uniquement ainsi que le gouvernement d’Ahmad Nazif peut regagner la confiance perdue du peuple.


Le rôle des gouverneurs

Ce qui précède n'aura de sens que s'il est suivi d'un changement au niveau des gouverneurs, dont plusieurs viennent d'être nommés par le chef d'Etat. Les fonctions du gouverneur ont évolué. Il ne s'agit plus d'un simple poste relevant de l'Etat, mais d'un ensemble de responsabilités de plus en plus sérieuses. D’autant plus que nous sommes au seuil d'une phase critique de reforme globale, politique, économique et sociale. Nous serons capables de franchir cette phase uniquement lorsque les gouvernorats deviendront de véritables sources d'attraction pour la population et non des sources d'exode rural vers la capitale encombrée.

Depuis longtemps, l'Etat appelle à la décentralisation. Il revient aux gouverneurs de déployer tous leurs efforts afin de mettre en application cette politique. Et ce en établissant une infrastructure adéquate dans chaque gouvernorat, en encourageant les petits projets, en œuvrant à limiter le problème du chômage, etc. Ceci n'est réalisable que si les gouverneurs vont à la rencontre des gens et des problèmes, comme c'est le cas des gouverneurs d'Alexandrie et de Qéna, Abdel-Salam Al-Mahgoub et Adel Labib. Il faut donc que les gouverneurs évitent de se trouver isolés dans des tours d'ivoire, se contentant de lire les rapports des assistants les plus proches.

Il s'agit pour chaque gouverneur d'étudier minutieusement les problèmes et de trouver le bon remède, notamment pour les villages et villes tant négligés.

Dans ce même contexte, il est important de mettre en garde contre le phénomène de ravinement de la terre agricole au profit de la construction immobilière, tout en encourageant les paysans et les petits producteurs agricoles à développer la campagne afin d'en faire un lieu d'attraction pour les familles.

Le gouvernement a d'ailleurs conclu des accords avec le PNUD pour développer 600 villages égyptiens dans huit gouvernorats. L'Onu contribuera, à hauteur de 48 millions de dollars, à ce projet qui inclut l'introduction d'améliorations dans les domaines de l'économie, la culture, l'enseignement, la santé et l'hygiène dans les campagnes. Un tel projet vise essentiellement à remédier aux erreurs du passé, notamment une urbanisation hasardeuse qui manque d'esthétique et de services sanitaires.

Reste à dire que l'accord signé entre le gouvernement et l'Onu sur le développement rural rend encore plus important le rôle des gouverneurs, dont la mission sera le suivi de l'exécution des plans élaborés tout en consacrant les sommes allouées aux objectifs définis par l'accord.

 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631