Ce
qui précède n'aura de sens que s'il est suivi d'un changement
au niveau des gouverneurs, dont plusieurs viennent d'être nommés
par le chef d'Etat. Les fonctions du gouverneur ont évolué.
Il ne s'agit plus d'un simple poste relevant de l'Etat, mais
d'un ensemble de responsabilités de plus en plus sérieuses.
D’autant plus que nous sommes au seuil d'une phase critique
de reforme globale, politique, économique et sociale. Nous serons
capables de franchir cette phase uniquement lorsque les gouvernorats
deviendront de véritables sources d'attraction pour la population
et non des sources d'exode rural vers la capitale encombrée.
Depuis
longtemps, l'Etat appelle à la décentralisation. Il revient
aux gouverneurs de déployer tous leurs efforts afin de mettre
en application cette politique. Et ce en établissant une infrastructure
adéquate dans chaque gouvernorat, en encourageant les petits
projets, en œuvrant à limiter le problème du chômage, etc. Ceci
n'est réalisable que si les gouverneurs vont à la rencontre
des gens et des problèmes, comme c'est le cas des gouverneurs
d'Alexandrie et de Qéna, Abdel-Salam Al-Mahgoub et Adel Labib.
Il faut donc que les gouverneurs évitent de se trouver isolés
dans des tours d'ivoire, se contentant de lire les rapports
des assistants les plus proches.
Il
s'agit pour chaque gouverneur d'étudier minutieusement les problèmes
et de trouver le bon remède, notamment pour les villages et
villes tant négligés.
Dans
ce même contexte, il est important de mettre en garde contre
le phénomène de ravinement de la terre agricole au profit de
la construction immobilière, tout en encourageant les paysans
et les petits producteurs agricoles à développer la campagne
afin d'en faire un lieu d'attraction pour les familles.
Le
gouvernement a d'ailleurs conclu des accords avec le PNUD pour
développer 600 villages égyptiens dans huit gouvernorats. L'Onu
contribuera, à hauteur de 48 millions de dollars, à ce projet
qui inclut l'introduction d'améliorations dans les domaines
de l'économie, la culture, l'enseignement, la santé et l'hygiène
dans les campagnes. Un tel projet vise essentiellement à remédier
aux erreurs du passé, notamment une urbanisation hasardeuse
qui manque d'esthétique et de services sanitaires.
Reste
à dire que l'accord signé entre le gouvernement et l'Onu sur
le développement rural rend encore plus important le rôle des
gouverneurs, dont la mission sera le suivi de l'exécution des
plans élaborés tout en consacrant les sommes allouées aux objectifs
définis par l'accord.
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