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Le gouvernement et les prochaines élections
Par Mohamed Salmawy

Je ne partage pas l'avis de ceux qui croient que le gouvernement actuel partira dans 15 mois. Leur argument est qu'à l'année prochaine auront lieu des élections législatives et présidentielles, qui seront sûrement suivies de la formation d'un nouveau gouvernement. Cela voudra dire que l'actuel gouvernement se verra remplacé sans avoir eu le temps de mettre un terme à nos maux chroniques. Les choses reprendront ainsi leur cours normal avec la formation d'un gouvernement composé de la vieille garde.

Les tenants de cet avis partent du principe que les problèmes que nous vivons aux niveaux économique, politique et social ont longtemps duré et que leur règlement ne peut se faire qu'à long terme. Par conséquent, disent-ils, un gouvernement qui ne reste en place que 15 mois ne peut apporter de solution miracle. Comment régler en 15 mois les problèmes du chômage, de l'inflation, du déficit budgétaire ou de la bureaucratie ?

Ils croient que le fait que 20 ministres de la vieille garde soient restés dans le nouveau gouvernement prouve qu'il existe une volonté de revenir à la situation antérieure. Le but de leur présence étant de freiner l'élan de la nouvelle direction pour garantir un retour aux vieilles méthodes.

Il est vrai que les gens se sont posés des questions sur le maintien de ces 20 ministres qui faisaient partie d'un gouvernement qui avait mené le pays vers une situation intenable. C'est pourquoi le changement était inévitable. Mais ceci ne voulait pas dire non plus que tout ministre ayant fait partie de l'ancien gouvernement doit impérativement partir. Le maintien de certains anciens ministres était donc envisageable, surtout pour ceux qui ont réussi dans leurs fonctions. Mais les gens se sont arrêtés devant le maintien de certains ministres qui sont des symboles de la vieille garde et qu'on voulait à tout prix changer. Il ne s'agit de changer des ministres maintenus à leurs postes pendant de longues années, mais plutôt de changer des situations déterminées illustrées par ces ministres qui n'ont pas su s'adapter aux nouvelles réalités. Des réalités qui nécessitaient une plus grande compréhension des problèmes du peuple et une nouvelle vision pour traiter nos crises chroniques. Sans oublier le fait que d'autres ministres étaient décriés pour leur malhonnêteté au point de devenir des symboles de la corruption.

Le maintien de certains ministres dont on s'attendait au départ était peut-être l'une des raisons qui ont incité les gens à s'imaginer que la nomination de 14 nouveaux ministres n'était qu'une parenthèse qui sera vite fermée dans 15 mois.

Une telle analyse signifie que l'actuel gouvernement est effectivement divisé en deux, le premier groupe représentant les aspirations des citoyens et l'autre symbolisant le passé. Comment pourrait-il y avoir une harmonie entre ces deux groupes pour mettre en application les nouvelles politiques affichées par le premier ministre ? Le gouvernement sera-t-il capable de résoudre les problèmes en suspens à l'ombre de cette dualité ?

Il est normal qu'à la tenue des prochaines élections, les Egyptiens jugeront le bilan de l'actuel gouvernement. Une période d'un an, même si elle est insuffisante pour régler nos problèmes, sera suffisante pour évaluer l'action entreprise par le gouvernement.

Ce que les gens attendent du gouvernement Nazif n'est pas de régler tous les problèmes du pays en 15 mois. Mais de voir dans quel sens vont ses orientations et ses politiques qui détermineront s'il s'agit de faire du surplace ou d'avancer de l'avant. Les premières déclarations faites par le nouveau premier ministre annonçaient des « solutions non-conventionnelles ». Cela tombe bien, car nos problèmes ont besoin de solutions effectivement nouvelles et inédites. Cela a suscité de l'optimisme, mais reste néanmoins prudent. Ce sentiment de prudence durera jusqu'à la tenue des prochaines élections. A ce moment-là, les gens pourront évaluer la performance du gouvernement et juger s'ils sont devant une situation de déjà-vu ou devant un élan de renouveau.

Partant, il est erroné d'imaginer que la tenue des élections dans 15 mois est une échéance pour demander des comptes au gouvernement et savoir s'il a réussi ou non à trouver des solutions à nos problèmes chroniques. Cependant, il est clair qu'à la fin de ces 15 mois, il sera nécessaire de marquer une pause pour savoir si le gouvernement est sur la bonne voie.

Nous avons vu beaucoup de responsables sérieux qui sont parvenus à gagner la confiance des gens. Certains gouverneurs, par exemple, ont gagné l'appui des habitants de leur gouvernorat ces dernières années. Non pas parce qu'ils ont réussi à résoudre tous les problèmes auxquels ils faisaient face, mais parce que les gens ont constaté l'existence d'une nouvelle politique qui a eu des effets positifs sur leur vie de tous les jours.

Donc, le gouvernement d'Ahmad Nazif a la mission de convaincre les gens qu'il détient les solutions. Un tel constat sera possible lorsque les gens verront les répercussions positives des nouvelles politiques sur leur vie quotidienne. Si tel est le cas, ce gouvernement consolidera ses assises populaires et ceux qui croient à sa disparition après les 15 mois auront eu tort.

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