Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Le monde en bref

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde
en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Arts
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Iraq . Avec les attaques contre des cibles chrétiennes, la violence a franchi un nouveau pas et laisse craindre un glissement dangereux pour l'unité du pays.

Inquiétude grandissante

L'Iraq n'en finit pas de s'empêtrer dans une situation qui gagne chaque jour en confusion. Après les actes menés par la rébellion contre les forces étrangères, notamment américaines, les attentats, les prises d'otages étrangers comme nouveau moyen de pression, la violence a franchi un nouveau pas cette semaine. En effet, c'est une vague d'attentats sans précédent qui a frappé dimanche au moment des vêpres plusieurs églises chrétiennes à Bagdad et Mossoul faisant au moins dix morts et une cinquantaine de blessés. De quoi envenimer la situation et attiser les tensions intercommunautaires, dans un pays qui compte 60 % de chiites, 20 % de sunnites, 17 % de Kurdes et 3 % de chrétiens. Il ne s'agit plus là de combattre l'occupant, mais de créer ou plutôt de raviver des rivalités déjà existantes et qui risquent de mener au chaos.

A la suite de ces attentats, le président iraqien Ghazi Al-Yaouar ne pouvait qu'appeler à l'unité des Iraqiens, affirmant que « de tels actes terroristes qui nuisent à la sécurité du peuple sont la marque de l'accroissement de la haine de ceux qui organisent ces crimes contre le peuple iraqien ». Même son de cloche auprès de la plus haute autorité religieuse chiite d'Iraq, le grand ayatollah Ali Sistani, qui a qualifié lundi de « crimes terribles » les attentats contre cinq églises à Bagdad et Mossoul. « Nous dénonçons et condamnons ces terribles crimes et nous estimons qu'il est nécessaire d'unifier nos efforts. Nous devrions travailler tous ensemble, le gouvernement et le peuple, afin de mettre un terme aux attaques contre les Iraqiens », a indiqué le bureau de l'ayatollah Sistani à Najaf, la ville sainte chiite du sud de l'Iraq. La figure emblématique des chiites iraqiens a aussi condamné ces attentats comme « une campagne criminelle qui vise l'unité, la stabilité et l'indépendance de l'Iraq ». Auparavant, c'était le patriarche chaldéen, chef de la plus importante communauté chrétienne d'Iraq, Mgr Emmanuel Delly, qui avait appelé les chrétiens et musulmans d'Iraq à l'union.

Les sunnites de leur côté n'ont pas manqué de condamner les attaques et surtout de pointer du doigt « des parties étrangères », qui seraient, selon le Comité des oulémas sunnites iraqiens, à l'origine des attentats anti-chrétiens. Ces parties veulent « diviser le peuple iraqien et veulent que le chaos perdure dans l'intérêt des occupants » de l'Iraq, a indiqué le comité dans un communiqué.

Ces attentats anti-chrétiens n'ont pas été les seuls actes de violence qui ont secoué l'Iraq cette semaine. Combats entre rébellion et forces américaines et bombardements américains à Falloujah (au moins 10 morts) ; explosion d'une voiture piégée devant un commissariat de Mossoul (4 morts et 51 blessés) ; explosion d'un engin piégé peu après le passage d'un convoi américain dans une rue du centre de la capitale (2 Iraqiens tués et 2 blessés) ; explosion d'un engin télécommandé près de Samarra, à 120 km au nord de Bagdad (un soldat américain tué et deux ont été blessés) ; la situation reste explosive dans les quatre coins du pays.

Cette situation a poussé le secrétaire d'Etat américain Colin Powell à appeler dimanche depuis Varsovie les pays de la coalition à ne pas faiblir dans leur engagement en Iraq, malgré la violence et les prises d'otages. « Nous devons rester aux côtés du peuple iraqien pour l'aider à bâtir une vie meilleure », a déclaré le chef de la diplomatie américaine.

Powell a également déclaré qu'après les élections prévues en Iraq pour janvier, si la violence diminuait et si les forces iraqiennes étaient prêtes, « nous examinerions les besoins en forces et consulterions nos partenaires » pour voir « quelles seraient leurs capacités en termes de présence en Iraq ».


Implications des pays musulmans

Ces déclarations sont intervenues alors que le ministre des Affaires étrangères saoudien, le prince Saoud Al-Fayçal, a déclaré dimanche que des troupes musulmanes éventuellement envoyées en Iraq remplaceraient les forces de la coalition dirigée par les Etats-Unis et n'y seraient pas intégrées. Il a aussi précisé que les troupes ne devraient être envoyées en Iraq que si les autorités iraqiennes en formulaient la demande, et devraient travailler sous les auspices des Nations-Unies. Le prince Saoud avait discuté jeudi de l'idée saoudienne d'envoyer des soldats musulmans en Iraq avec Powell et le premier ministre iraqien Iyad Allaoui lors de visites officielles des deux responsables dans le royaume. Le premier ministre iraqien s'est déclaré favorable à cette initiative et a appelé le monde arabo-musulman à « serrer les rangs » pour aider son pays.

La proposition saoudienne, encore à l'état de discussions préliminaires, a été rendue publique pour la première fois mercredi dernier lors de la visite de Powell à Djeddah. L'idée générale vise à fournir un cadre politique et un mandat incitant les pays musulmans, aujourd'hui quasiment absents de la coalition militaire dirigée par les Etats-Unis en Iraq, à fournir des troupes pour aider à stabiliser ce pays. Powell avait souligné jeudi que ces forces musulmanes pourraient contribuer à « la protection des installations (iraqiennes) ou à la protection de l'Onu », deux domaines qui ne comprennent pas a priori de missions offensives, un point important pour les opinions musulmanes. Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a affirmé pour sa part dimanche à Djeddah que les pays arabes et musulmans ne voulaient pas, du moins pour le moment, envoyer des soldats en Iraq. « Il revient à chaque Etat (de décider) », a affirmé Amr Moussa.

Abir Taleb

Retour au sommaire
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631