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Iran . Les positions de Téhéran et des pays européens sur la question du nucléaire restent diamétralement opposées. Washington menace de porter l'affaire devant le Conseil de sécurité en vue de l'imposition de sanctions.

Blocage total

C'est toujours l'impasse dans le dossier nucléaire iranien. Les discussions entre l'Iran et la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne sur le programme nucléaire de la République islamique n'ont enregistré « aucun progrès substantiel », ont déclaré dimanche des diplomates européens à Téhéran.

Des responsables du « trio » européen ont rencontré, jeudi et vendredi, à Paris, une délégation iranienne pour évoquer le programme nucléaire de la République islamique, les Européens souhaitant que l'Iran cesse de travailler au cycle d'enrichissement de l'uranium, étape dans l'élaboration d'une bombe atomique, alors que la partie iranienne insiste sur son droit à poursuivre l'enrichissement. « Chaque partie a répété ses positions, et aucun changement n'a eu lieu. Nous souhaiterions voir l'Iran cesser ses opérations sur le combustible nucléaire, mais l'Iran considère simplement sa suspension comme une mesure temporaire », a déclaré un diplomate de l'un des membres du trio. « C'est décevant, mais honnêtement, personne ne s'attendait à une percée », a concédé le diplomate.

Accusant le « trio » européen de ne pas avoir rempli ses engagements qui consistaient à faire en sorte que le dossier nucléaire iranien soit refermé par l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) à la fin juin, Téhéran a confirmé, samedi, la reprise de la production de pièces de centrifugeuses utilisées dans l'enrichissement de l'uranium. Ces équipements servent à la production d'uranium enrichi, composant nécessaire à la mise au point de l'arme nucléaire. Téhéran a néanmoins affirmé qu'il était toujours tenu par la suspension de l'activité d'enrichissement. « Nous sommes toujours tenus par l'accord de suspension de l'enrichissement de l'uranium », a pourtant déclaré le ministre des Affaires étrangères, Kamal Kharazi, en référence à l'accord passé avec la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne.

Le nouveau Parlement conservateur iranien a affirmé la semaine dernière qu'il ne ratifiera pas le protocole additionnel au Traité de Non-Prolifération (TNP) tant que l'AIEA n'aura pas classé le dossier de l'Iran, a averti un des députés les plus influents.

En décembre 2003, à la suite de pressions occidentales, l'Iran a accepté de signer ce protocole afin de dissiper les craintes de la communauté internationale, qui soupçonne l'Iran de vouloir se doter de la bombe atomique sous le couvert de son programme nucléaire civil. Mais la ratification de ce texte, qui doit être entériné par le Parlement, est liée à « une condition : l'AIEA doit d'abord reconnaître notre droit à utiliser la technique nucléaire à des fins pacifiques », a dit Mohamoud Mohammadi, vice-président de la Commission parlementaire des affaires étrangères et de la sécurité nationale. « Notre crainte, c'est que le protocole additionnel soit utilisé contre nous comme une arme de pression politique. S'ils (à l'AIEA) traitent notre dossier d'un point de vue strictement technique, alors nous coopérerons », a-t-il dit.

Suite à cette position iranienne, le secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, a estimé qu'il était « de plus en plus probable » que le Conseil de sécurité de l'Onu se saisisse du dossier du nucléaire iranien en vue d'éventuelles sanctions. « L'Iran a fait savoir clairement qu'il n'entendait pas respecter ses engagements à faire toute la lumière sur ses activités nucléaires, dont Washington pense qu'elles ont une finalité militaire contrairement à ce qu'affirme Téhéran », a-t-il affirmé. Un diplomate européen a estimé pour sa part que le dossier est loin d'être clos « mais il est également prématuré de dire qu'il va se retrouver devant le Conseil de sécurité. Beaucoup dépend du rapport du directeur général de l'AIEA sur l'état de coopération de Téhéran », a-t-il expliqué. La prochaine réunion de l'agence aura lieu en septembre à Vienne.

L'Iran avait accepté en octobre 2003, à la suite d'une visite à Téhéran des ministres des Affaires étrangères français, allemand et britannique, de suspendre unilatéralement et temporairement ses activités d'enrichissement, de permettre des inspections poussées de ses équipements et de rendre un rapport complet sur ses activités nucléaires. Ces mesures étaient destinées à établir la confiance, alors que l'AIEA enquête sur le programme nucléaire iranien, que les Occidentaux soupçonnent de dissimuler un programme militaire.

Maha Al-Cherbini

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