« L'accord marque le début de la fin
des subventions agricoles », s'est félicité le ministre
brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim. Du côté des
pays riches, les Etats-Unis, deuxième puissance subventionniste
du monde après l'Union européenne, ont estimé que l'accord est
« positif pour nous et pour l'OMC, pour les exportateurs,
les consommateurs, les pays développés et les pays en voie de
développement », a annoncé Robert Zoellick, représentant
au Commerce américain.
L'accord prévoit ainsi pour la première fois
d'ouvrir des négociations sur la fixation d'une date limite
pour supprimer les subventions aux exportations du Nord, accusées
de ruiner les paysans des pays en voie développement. Il prévoit
aussi la baisse des autres subventions à l'agriculture. Les
pourcentages de baisse des droits de douane et des subventions,
de même que les calendriers d'application, restent ainsi à négocier.
L'autre sujet d'examen a été celui du coton.
Les pays d'Afrique de l'Ouest sont repartis avec la promesse
que leur combat contre les subventions américaines sera pris
en compte par l'OMC, mais sans aucun engagement concret qui
puisse garantir une amélioration du sort de leurs paysans.
Or, cet accord peut être interprété de deux
manières. La première, optimiste et politique, est celle de
l'OMC et des délégués africains, qui saluent un « premier
pas » vers une baisse effective des subventions américaines.
La seconde, celle des faits, souligne que l'accord ne prévoit
rien de concret, ni date ni chiffres, et reste suspendu au vouloir
des Etats-Unis. « Cela ne va absolument rien changer
pour les paysans africains qui tombent dans la misère »,
souligne ainsi l'ONG Oxfam. Au final, le bilan de ces derniers
est bien maigre : selon l'accord, la question sera réglée
de manière « ambitieuse, rapide et spécifique »,
un « sous-comité du coton » sera créé, et de
nouveaux programmes d'aide internationaux seront favorisés.