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Cette
année s’est écoulée lourdement, chargée de graves événements
qui jettent leurs ombres sinistres sur la vie au Proche-Orient.
Tout au long de 2004, les pays arabes ont fait l’objet
de pressions, d’embargos et d’opérations de chantage,
jamais connus dans leur histoire. Même les pays situés
aux confins du monde arabe, ainsi que ceux qui avaient
adopté une position de concession ou même de trêve, n’ont
pas pu échapper à ces circonstances destructrices.
Malgré
tout, de bons augures s’annoncent : les pays arabes commencent
pour la première fois à se blâmer pour les richesses et
les libertés gaspillées, et pour les bilans politique,
économique et culturel désastreux. En élaborant le bilan
de l’année écoulée, conformément aux critères de progrès
et de retard, il est difficile de relever une avancée
concrète, soit à propos des tentatives de solidarité,
soit à propos des deux drames vécus par la nation. Ces
événements qui ont bouleversé le monde arabe, l’ont acculé
à un double conflit contre lui-même et contre la superpuissance
mondiale. Il s’agit bien sûr de la cause palestinienne
et de l’occupation américaine de l’Iraq.
Le début
du démantèlement de la solidarité arabe date du sommet
de Tunis qui n’a pas pu être tenu à la date prévue. Et
ce à cause des pressions externes relatives aux tentatives
de réformes américaines. Mais, lorsque le sommet fut finalement
tenu, deux mois plus tard, beaucoup de chefs d’Etat n’ont
pas pu y prendre part. Les résultats ont été vagues, ambigus
et n’avaient rien apporté aux peuples arabes, sauf peut-être
de la rancœur.
Pour ce qui
est de la cause palestinienne, les images sont sanglantes
et les pays arabes ont compris le sens de l’humiliation
par les armes les plus sophistiquées. Ils se sont alors
repliés, épiant la machine de guerre israélo-américaine
écrasant sur son passage les villes et les villages palestiniens
et perpétrant au su et au vu de la planète les crimes
les plus insupportables. Israël, lui, est allé encore
plus loin en liquidant des centaines de personnalités
palestiniennes, comme Cheikh Yassine et Rantissi. Et avec
l’achèvement de l’année, Arafat est tombé malade à Ramallah,
pour ensuite mourir en France de maladie ou d’empoisonnement,
nul ne peut le savoir. Le champ est libre donc pour Israël.
C’est en tout cas ce qu’il croit !
Quant à l’Iraq,
la guerre des voitures piégées, les explosions à tout
va, le meurtre des otages contre la guerre des chars et
des bombes américaines intelligentes font chaque jour
un nombre considérable de victimes ! Un nombre évalué
par un magazine britannique à 100 000. Sans oublier les
centaines de bâtiments et de centrales électriques qui
ont été détruits. Les efforts de reconstruction pour lesquels
les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont mobilisé les
alliés n’ont pu effacer les traces de l’occupation et
des bombardements massifs, qui ont totalement rasé les
villes iraqiennes. Bilan amer d’une année pénible dont
je vous épargne les détails ! |