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Le Qiz : le pour et le contre

Moustapha Al-Saïd
Economiste

Les gouvernements égyptien, américain et israélien ont dernièrement conclu un accord sur la création de zones industrielles qualifiées appelées Qiz. Loin du tapage médiatique et du penchant idéologique traditionnel, l’opinion publique égyptienne a parfaitement le droit de connaître en toute objectivité la nature de cet accord, ses avantages et ses risques.

Les partisans de cet accord avancent plusieurs avantages. Premièrement, cet accord mènera à l’augmentation de la compétitivité des produits égyptiens fabriqués dans ces zones sur le marché américain, notamment le textile et le prêt-à-porter. Ce qui contribuera à l’augmentation des exportations vers ce grand marché et par conséquent à l’augmentation des investissements et des offres d’emploi.

Deuxièmement, selon le Gatt, les Etats-Unis doivent abroger début 2005 le système des quotas qui protégeait les produits égyptiens de la concurrence de pays comme la Chine, le Bangladesh et autres, notamment dans ce domaine précis du textile et du prêt-à-porter. Par conséquent, si l’Egypte n’avait pas conclu le Qiz, elle aurait perdu sa capacité compétitive sur le marché américain.

Il s’avère donc incontestable que l’Egypte profite de l’exemption douanière de ses produits sur le marché américain. Mais le doute plane sur les chiffres avancés par les partisans de cet accord. Quoi qu’il en soit, pour que notre analyse soit objective, il faut reconnaître les désavantages, voire les risques que présente le Qiz.

Malgré toutes les évolutions négatives dans le monde arabe, la coopération et la complémentarité arabes sont en toute objectivité le principal point d’élan et de développement de l’économie égyptienne. Israël en est pleinement conscient, c’est pourquoi il fait de son mieux pour semer la discorde entre ces pays. En effet, la coopération et la complémentarité entre les pays arabes représentent un grand danger pour l’Etat hébreu ainsi que pour les Etats-Unis qui y voient un danger sur leur mainmise sur les sources de pétrole. Dans notre analyse du Qiz, nous pouvons nous demander à quel point de tels accords peuvent influencer la coopération et la complémentarité arabes.

Par ailleurs, les chiffres avancés sur les profits que tirera l’Egypte du Qiz n’ont aucun fondement scientifique. La vérification de ces chiffres nécessite de nombreuses informations sur les vérités et les mutations économiques et politiques, sur les différences entre les taux de productivité et de qualité des pays en compétition sur le marché américain, sur la probable hausse des prix des composants fournis par Israël à cause de son monopole, sur les différences de prix de ces composants s’ils proviennent d’autres pays, etc. Il est certain que les données et informations disponibles ne renforcent pas cet excès d’optimisme chez les partisans du Qiz et les médias officiels. Enfin, j’aimerais attirer l’attention des décideurs sur deux points importants.

Les Etats-Unis ont conclu des accords de zones libres avec de nombreux pays, dont des pays arabes. Selon ces accords, les Américains ouvrent leur marché aux produits de ces pays sans droits de douane ni quota. De plus, ils ne revendiquent pas que ces pays importent une partie des composants d’Israël. L’Egypte a demandé d’être traitée de la sorte. Mais les Etats-Unis n’ont pas répondu à la demande égyptienne. Pourquoi l’ont-ils acceptée lorsqu’il y a eu des intérêts en faveur d’Israël ? Ceux de l’Egypte sont mieux réalisés si ses relations commerciales avec les Etats-Unis sont régies par un accord de libre-échange en comparaison au Qiz. Il est certain que la signature du Qiz entravera la possibilité de signer un accord de libre-échange avec les Etats-Unis. En effet, les lobbies de pression pro-israéliens se dresseront à la conclusion de tout accord de ce genre afin qu’Israël ne perde pas ses prérogatives économiques et politiques. Il vaut mieux se dépêcher de signer l’accord de libre-échange.

Le critère d’évaluation du Qiz dépend des priorités de la sécurité nationale égyptienne sur les plans économique et politique. Si nous laissons de côté le politique, la question qui s’imposerait est : La priorité est-elle pour l’intérêt de l’économie, sa stratégie de développement et sa dimension régionale ou pour les intérêts d’une certaine tranche ou d’une certaine industrie ? La réponse est évidente.

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