| |
|
Tourisme.
Cinq hôtels de luxe viennent d’être inaugurés la semaine
dernière à Hurghada, à un moment où les visiteurs fortunés
en Egypte sont loin d’être les plus nombreux.
|
| A
la conquête des riches |
|
Bien
que l’Egypte possède des complexes hôteliers de renommée,
composés notamment d’hôtels cinq étoiles, voire même
sept étoiles, le pays n’a pas réussi jusqu’à présent
à attirer la clientèle de luxe, à l’instar de celle
qui visite des lieux comme la Riviera, la Côte d’Azur
ou Monte Carlo.
Si
l’Egypte a reçu cette année presque huit millions de
touristes, ceux qui se rendent en Egypte appartiennent
généralement à la classe moyenne. Ceci n’est en fait
que la conséquence d’un manque de stratégie et de planification
correctes de la part des spécialistes dans ce domaine.
« Nous n’avons pas réalisé en Egypte d’études sérieuses
et approfondies sur la promotion du tourisme de luxe
», souligne Mohamad Léheita, directeur de l’agence de
voyages Mena Tours. Selon lui, le tourisme de luxe n’est
pas basé uniquement sur la construction d’hôtels de
luxe, mais c’est toute une philosophie qui devrait être
adoptée. « La création d’un tourisme cinq étoiles ne
dépend pas uniquement de la somptuosité de l’hôtel.
Son emplacement joue aussi un rôle important. Il doit
répondre à des normes bien strictes. Il est inconcevable
de construire un cinq étoiles dans un endroit populaire
et pollué par exemple. Et avant tout, ce qui est encore
plus important, c’est la qualité du service offert au
touriste », estime Léheita.
|
|
Le
modèle mexicain
|
Pour
atteindre le niveau du tourisme de grand luxe, le marché
égyptien doit répondre à tous les besoins du touriste.
Léheita suggère de suivre l’exemple du Mexique : le
pays est divisé en trois grandes catégories bien distinctes
dont chacune possède une fonction bien particulière.
Une première zone touristique est destinée aux visiteurs
qui cherchent le luxe. Une deuxième répond aux critères
des touristes de la classe moyenne, et la troisième
catégorie est destinée aux touristes plus modestes.
L’endroit
où se trouvent les hôtels de grand luxe doit donc être
bien réfléchi, dans un quartier propre et à proximité
des lieux touristiques afin de faciliter les choses
aux hommes d’affaires et conférenciers par exemple.
« Ce genre de touristes ne se soucient pas trop des
frais de voyage, ils cherchent plutôt le confort et
la perfection du service. A savoir que très souvent,
ce sont les sociétés multinationales organisant les
conférences qui paient pour ces voyages », explique
Léheita.
Selon
lui, la seule ville en Egypte qui a réussi à devenir
une destination de luxe est Charm Al-Cheikh, puisqu’elle
répond aux critères requis. « Charm Al-Cheikh a eu la
chance de devenir une ville luxueuse, une ville de paix,
grâce à des circonstances politiques bien spéciales.
Souma Bay et Sahl Hachich, les deux stations balnéaires
de la mer Rouge, peuvent aussi répondre à ces normes
du tourisme de grand luxe », reprend Léheita.
|
Un
tourisme de masse
|
Le
problème majeur de l’Egypte réside dans le manque de stratégie
globale qui vise à attirer une clientèle de qualité. La
plupart des agences de tourisme favorisent la quantité
aux dépens de la qualité. Ce qui fait que les services
rendus aux touristes, que ce soit dans les hôtels ou sur
les sites touristiques, ne sont pas à la hauteur.
Selon
Wessal Abou-Alam, expert en tourisme, afin d’arriver à
un service luxueux, il faut commencer à faire comprendre
au simple citoyen, qui est en contact direct avec le touriste
tel le vendeur au bazar ou le chauffeur de taxi, quelle
est la valeur du touriste pour l’Egypte. « Si les agences
de voyages favorisent la quantité par rapport à la qualité,
cela est dû aux circonstances politiques que subit la
région », explique Wessal. En fait, les agences sont parfois
obligées de réduire leurs prix. Ce qui encourage beaucoup
de touristes modestes à se rendre en Egypte. C’est le
cas de beaucoup de touristes anglais pour qui l’Egypte
est une destination très bon marché. « Les grandes agences
de tourisme doivent négocier avec les responsables du
tourisme égyptien pour promouvoir et attirer les touristes
les plus riches », suggère Wessal. C’est en fait un grand
travail qui devrait être élaboré à long terme par les
experts afin d’arriver à un tourisme de qualité et non
à un tourisme de masse .
|
Nada
Al-Hagrassy |
|
|
|
|