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Calendriers.
A l’aube du troisième millénaire, il est fascinant
de s’arrêter sur la façon dont les Anciens
faisaient le décompte du temps. La construction
calendaire des Anciens Egyptiens est remarquable
à bien des égards. |
| Partitions
millénaires |
| Les
Egyptiens, vivant en contact étroit avec la
nature, ont observé, bien avant l’invention
de l’écriture, les étoiles et les différentes
phases de la lune. Ils voyaient dans le ciel
l’expression d’un ordre supérieur, qu’ils
tentèrent durant toute leur histoire d’exprimer
dans leur vie de tous les jours. Agriculteurs,
ils reconnaissent très tôt l’importance des
solstices et des équinoxes. Aussi, le soleil
était l’objet de vénération des Egyptiens,
dans une région où il ne pleut que rarement,
surtout en Haute-Egypte. Ainsi, pour qu’un
calendrier soit bon, il faut que les passages
du soleil aux mêmes points de l’écliptique
se produisent toujours à la même date, de
sorte que les saisons soient toujours comprises
entre les mêmes dates. Et c’est en fait aux
Anciens Egyptiens que nous devons la connaissance
de l’année solaire de 365 jours et un quart.
Tout
au début de l’époque archaïque, avant le IVe
millénaire, les Egyptiens utilisaient, pour
leurs datations, le cycle lunaire, qui compte
354 jours. Les douze mois lunaires comportaient
alternativement 29 et 30 jours. Ce calendrier
aboutit à un décalage annuel de 11 jours par
rapport à l’année solaire. Or tous les 32
ou 33 ans, le début de l’année lunaire pouvait
coïncider avec le début de l’année solaire.
C’est
probablement durant la IIIe dynastie de l’Ancien
Empire pharaonique (2800 av. J.-C.), et plus
précisément sous le règne du roi Djéser, que
l’Egypte s’est dotée d’un calendrier beaucoup
plus fixe, fondé sur l’apparition annuelle
d’une étoile très brillante, Sirius (Sotis
en langue grecque). Le lever de Sirius en
Egypte, en même temps que le soleil, coïncidait
avec le début de la crue du Nil, pendant l’actuel
mois de juin.
Ce
lever héliaque n’est visible en Egypte qu’une
fois par an, et c’est ainsi que l’année égyptienne
comprit, à partir de ce moment, 365 jours
répartis en 12 mois de 30 jours, et un 13e
mois rajouté, composé de 5 jours, å épagomènes
ò (du grec epagoménai, c’est-à-dire complémentaires).
Ces jours å épagomènes ò célèbrent
le temps sacré dans lesquels naissent 5 des
divinités égyptiennes : Osiris, Isis, Seth,
Horus et Nephtys. Ces 5 jours sont à considérer
en dehors du temps chronologique et réservés
à de très particulières et profondes méditations
sur la création du monde. Durant cette période,
qui a été calculée du 24 au 28 août de chaque
année, aucun travail rituel n’est effectué.
Donc,
l’observation du ciel avant, pendant et après
la crue du Nil, eut une grande influence sur
la création et le perfectionnement du calendrier
égyptien, en ce qu’elle poussa à la détermination
et à la notation d’une année fixe. On admet
comme vraisemblable que les mois furent assez
vite remplacés par 3 saisons de 4 mois chacune,
auxquelles on donna, comme aux lunaisons,
le nom d’année.
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Les
signes du zodiaque selon les Pharaons
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L’astrologie
égyptienne était enseignée uniquement dans
les temples, et la recherche du destin à la
naissance ne concerne que les privilégiés,
rois ou prêtres. Les prêtes spécialistes sont
appelés horoscopoï (qui signifie ceux qui
observent l’heure) : d’abord chargés de mesurer
le temps, ils devinrent des astrologues d’Etat.
C’est le travail de ces astrologues qui donna
naissance à l’horoscope que nous connaissons
:
La
saison Akhet, la première et celle de l’inondation,
s’étale de juin à octobre. Elle comprend les
mois de Thôt, Phaophi, Athyr et Choïak. La
deuxième est Peret, la saison des semailles
: elle commence en novembre et se termine
en février. Peret comprend les mois de Tybi,
Méchir, Phaménoth, Pharmouthi. La troisième
et dernière saison est Chémou, la saison de
la récolte, qui commence en mars et se termine
fin juin. Cette dernière est composée de Pachons,
Payni, Epiphi et Mésori.
Chaque
mois comportait trois semaines de dix jours
chacune. Ce système ne tenait pas compte du
quart de journée supplémentaire par année
que comprend le cycle solaire, sur lequel
était pourtant fondée toute l’année agricole
des Anciens Egyptiens, et qui a été calculé
plus tard. Lorsque les Egyptiens se rendirent
compte qu’il manquait un jour tous les quatre
ans, vers la fin de l’époque pharaonique,
sous Ptolémée III, le décalage fut partiellement
corrigé, en 238 av. J.-C., à Canope (ville
qui se trouvait près d’Alexandrie), par les
prêtres égyptiens astronomes : on ajouta 1/4
de jour, soit 6 heures, c’est-à-dire concrètement
un jour tous les quatre ans, à chaque année
du cycle de Sirius ; c’est le « Décret de
Canope », dont on possède quatre exemplaires
(trois au Musée du Caire, un au Musée du Louvre).
Le
système très simple utilisé avait certains
avantages : il était clair et n’en était pas
moins supérieur que les autres, puisqu’il
avait l’avantage de ne présenter ni des mois
de longueurs inégales, ni des semaines chevauchant
les mois et les années. Le seul grand reproche
que l’on puisse faire à ce système calendaire
était le manque d’une année bissextile, qui
apparaîtra seulement à l’époque des Ptolémées.
A cause de cela, le calendrier prenait un
jour de retard tous les quatre ans, de sorte
que le calendrier se décalait progressivement
par rapport à l’année naturelle. Les Egyptiens
n’étaient pas gênés par ce décalage du calendrier
civil, les travaux des champs dépendant de
la crue du Nil qui avait lieu vers la fin
mai.
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Des
jours et des heures
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De
même, le mois de trente jours ne coïncidait
pas avec le cycle naturel de la lune. Beaucoup
de fêtes étaient, par conséquent, célébrées
sur la base de l’observation de la lune plutôt
que sur les données du calendrier civil. Le
jour, quant à lui, était divisé en 24 heures,
soit 12 diurnes et 12 nocturnes. On mesurait
le temps au moyen de clepsydres en forme de
bol gradué, d’où l’eau tombait goutte à goutte
par un trou. Pour exprimer une date, on écrivait
par exemple : An 5, 3e mois de l’hiver, jour
13. Les astronomes de l’époque hellénistique
n’ont pas manqué de reconnaître les avantages
du calendrier égyptien et l’ont utilisé dans
leurs calculs ; il a survécu au Moyen-Age
et Copernic s’en est encore servi.
Dans
l’usage courant, les heures n’étaient pas
de longueur égale ; les 12 heures de soleil
et les 12 heures d’obscurité variaient nécessairement
selon les saisons ; en été les heures du jour
s’allongeaient, celles de la nuit étaient
courtes ; en hiver la situation se renversait.
Mais l’« heure égale » était déjà connue.
L’astronomie hellénistique la subdivisera
en 60 minutes en s’inspirant du système sexagésimal
qui, lui, est d’origine babylonienne, mais
elle gardera, et nous à sa suite, le principe
égyptien.
Lorsque
l’Egypte fut réduite à une province romaine,
après l’effondrement de l’empire ptolémaïque
sous Cléopâtre VII, l’empereur romain Jules
César y introduisit son calendrier en l’an
30 av. J.-C. Colonisés par les Romains, les
Anciens Egyptiens ont vu leur calendrier perdre
son importance. Aujourd’hui, et pour des raisons
uniquement religieuses, seul le calendrier
de l’ère des martyrs (calendrier copte) maintient
des traces importantes du calendrier antique.
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Le
calendrier de Jules César !
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Le
calendrier romain, avant le règne de Jules
César, était un calendrier solaire classique
qui, comme la plupart des calendriers antiques,
accumulait un décalage sur le temps réellement
mis par la terre pour tourner autour du soleil.
Sur les conseils de son astronome Sosigène,
Jules César réforma le calendrier égyptien.
Il décida que tous les 4 ans, l’année aurait
366 jours au lieu de 365. A cette époque,
le jour supplémentaire a été rajouté au mois
de février.
Les
Romains commençaient l’année le premier mars,
c’est d’après eux que les mois de septembre
(7e mois), octobre (8e mois), novembre (9e
mois) et décembre (10e mois) conservent toujours
leur dénomination dans le calendrier romain.
Ce calendrier n’était pas encore parfait,
car il attribuait à l’année astronomique des
saisons fondées sur la révolution de la terre
autour du soleil, une valeur un peu trop forte.
En effet, la valeur réelle desjours de l’année
est de 365,24226 jours et non de 365,25 jours.
Il y avait donc tous les ans une erreur de
0,00774 jour en excès. Au bout de quatre cents
ans, cette erreur atteignait la valeur de
3,096 jours.
César
et Auguste travaillèrent eux aussi à la réforme
du calendrier : ils y firent placer leurs
deux noms : Quinctilis, le mois où César était
né, reçu le nom de julius (juillet), la seconde
année julienne fut celle de la mort du dictateur.
Auguste substitua lui-même son nom à celui
du mois sextilis, qui devint augustus (août).
Le calendrier julien fut en usage dans l’ancien
monde romain pendant plus de 16 siècles. |
Le
calendrier grégorien |
Mais
le calendrier julien n’est pas parfait non
plus. Il faisait durer l’année de 11 minutes
et 14 secondes de plus que l’année solaire.
En 1582 ap. J.-C., la différence cumulée représentait
environ une dizaine de jours. En cette année,
le pape Grégoire XIII de Rome modifia le calendrier
julien sur l’avis de ses astronomes. C’était
eux qui avaient remarqué plusieurs jours de
décalage entre la date des fêtes fixées à
leur concile religieux (Nicée) en 325 ap.
J.-C. et celles de l’époque. Pour rattraper
l’année solaire, un décret gouvernemental
fixa le lendemain du jeudi 4 octobre 1582
(julien) par le vendredi 15 octobre (grégorien)
de la même année. Le calendrier grégorien
est celui qui est le plus largement utilisé
actuellement. |
Noël,
le 25 décembre et le 7 janvier ?
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Malgré
toutes les corrections qui lui ont été faites,
le calendrier julien a continué d’enregistrer
un décalage avec la révolution de la terre
autour du soleil. Aujourd’hui, le calendrier
julien enregistre un retard de 13 jours sur
le calendrier grégorien. Bien qu’il ne soit
plus officiellement utilisé par les pays,
le calendrier julien est toujours en vigueur
pour calculer les dates des fêtes religieuses
des rites chrétiens orthodoxes. Ainsi, le
Noël orthodoxe tombe non pas le 25 décembre
2004 mais le 7 janvier 2005.
Tout
au long de l’histoire de l’humanité, les rectifications
exercées sur les calendriers manquent quand
même de précision. Les savants ont remarqué
que l’année du calendrier grégorien comprenait
3 jours de trop tous les 10 000 ans. De même
qu’il ne tient pas compte de l’allongement
de l’année dû au ralentissement de la rotation
terrestre qui mesure 0.60 s au bout d’un siècle.
Lunaires
ou solaires, égyptiens, grecs ou indiens,
les calendriers sont là pour calculer le temps
qui passe et fixer les moments passés ou futurs
de nos joies et nos peines. Le proverbe antique
nous enseigne que le regret sur ce qui a passé
ne mène à rien ...
Goûte
l’heure qui sonne à l’horloge du temps,
Sans
stériles regrets et sans attentes vaines,
Et
souris à la vie avec des yeux contents. |
Loula
Lahham |
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