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Bilan
. Malgré les importants efforts
déployés par le ministère de l’Environnement, de nombreuses
questions restent toujours sans réponse et le fardeau du nouveau
ministre reste bien lourd à porter. |
| Dans
l’attente
d’une révolution écologique |
Avec
un smog qui semble-t-il est le bienvenu chaque automne, des
réserves naturelles qui risquent de disparaître, des eaux polluées,
une désertification qui gagne de plus en plus de terrain, une
absence de gestion des déchets dangereux et solides ... la liste
des problèmes liés à l’environnement en Egypte n’en finit pas.
Loin de désespérer, le ministère égyptien de l’Environnement
a tenu à préparer un rapport en bonne et due forme d’une dizaine
de pages pour présenter les efforts qu’il a déployés et les
réussites qu’il a réalisées ! Les citoyens, quant à eux, restent
incapables de se rendre compte de tous ces efforts. « Je ne
sais pas comment le ministère
ose parler de ces efforts fantômes alors que les problèmes liés
à l’environnement demeurent, comme les tas d’ordures qui traînent
dans les rues, y compris dans les quartiers huppés d’Héliopolis
», explique Amr Kamal, ingénieur. En outre, les rues souffrent
d’un cocktail empoisonnant de gaz carbonique, de dioxyde de
soufre et autres vu l’état lamentable des moteurs des véhicules.
« Je n’arrive pas à ouvrir les vitres de ma voiture, je crains
que mes deux petits enfants n’inhalent les fumées noires provenant
surtout des pots d’échappement des véhicules. J’ai maintes fois
pensé à leur mettre des masques même si un tel acte est peu
fréquent en Egypte. Mais il n’y a pas d’autre alternative »,
déclare Dina Moussa, mère de deux enfants. Car les Cairotes
cohabitent avec le smog, ou ozone terrestre : un puissant polluant
secondaire qui se forme quand les oxydes d’azote et les hydrocarbones
organiques volatils non brûlés, provenant surtout des gaz d’échappement
des véhicules, se combinent avec l’oxygène sous l’action du
soleil. Une pollution qui depuis quelques années préoccupe particulièrement
les responsables et dont l’action en 2004 a été un peu plus
palpable. Selon les rapports ministériels, des quartiers connus
pour leur taux élevé de pollution, dont Fom Al-Khalig et Abbassiya,
ont enregistré une diminution remarquable durant les mois d’octobre
et de novembre 2004. Les rapports des observatoires ont prouvé
que le gaz sulfureux, utilisé dans les industries de blanchiment,
a diminué de manière importante, entre 7 % et 32 % selon les
quartiers. Toujours dans le même rapport annuel du ministre,
une amélioration a été observée en 2004 grâce à l’examen obligatoire
depuis 2002 des pots d’échappement. Quant aux cimenteries, cause
principale de la pollution et des maladies pulmonaires, notamment
à Hélouan, une légère amélioration a été observée concernant
les poussières qu’elles dégagent puisqu’elles sont réutilisées
dans les industries de la poterie et du verre.
De plus, en vertu
de l’article 44 de la loi relative à l’environnement, promulguée
en 1994, la lutte contre la pollution acoustique des ateliers
mécaniques et autres a été concrétisée en 2004 par des contraventions
à l’encontre de 183 établissements.
Quant à la question
de l’eau, elle a préoccupé les responsables concernés. Les eaux
usées ont été réutilisées pour la culture des arbres dans plusieurs
nouveaux espaces réalisés par le ministère en coopération avec
la Chine et plusieurs organismes étrangers. Il s’agit de nouvelles
forêts cultivées dans le désert du Sinaï, à Assouan, Assiout,
Sohag et Suez. Mais l’eau potable des villes reste un problème
à cause du taux de chlore qu’elle contient.
Autre sujet à polémique
: la gestion des déchets ménagers. En dépit des décharges créées,
la question reste d’actualité, notamment avec celle d’Alexandrie
dont l’emplacement a été mal choisi et qui incommode ses riverains.
Les défis restent
donc encore nombreux et pour les relever, le ministère de l’Environnement
doit mettre sur pied une politique lisible, susceptible de définir
un cap cohérent pour l’action écologique .
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| Dalia Abdel-Salam
Racha Hanafi |
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Les
priorités écologiques
en 2005 |
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Le problème du smog mérite peut-être d’être
en tête des priorités du ministre de l’Environnement
en 2005. Mais personnellement, j’espère que l’année prochaine
témoignera de la formation de la Commission Nationale du Développement
Durable (CNDD) qui figure parmi les recommandations de la Conférence
des Nations-Unies sur l’Environnement et le Développement (CNUED)
et dont le but est de faire coopérer toutes les parties, gouvernementales
et non gouvernementales, concernées par la mise en œuvre d’une
politique de développement durable. Cette commission, qui doit
être présidée par le premier ministre, regroupera les représentants
des ministères concernés de l’Environnement et du Développement
durable, outre des représentants des Organisations non gouvernementales
et ceux du secteur privé. La Tunisie a été le premier pays arabe
à former une telle commission. En Egypte, je pense qu’il vaut
mieux qu’elle se forme au niveau du comité des politiques du
Parti national démocrate, qui s’occupe des dossiers à tendance
sociale comme ceux de la santé et de l’habitat.
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| Emad Adli,
président du Bureau Arabe pour les Jeunes et l’Environnement
(BAJE). |
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Les déchets dangereux sont des bombes à retardement.
Ce dossier qui ne bénéficie pas de l’attention qu’il mérite,
risque de détruire l’environnement égyptien dans quelques années.
Il manque en Egypte un programme de gestion complète de ses
déchets dangereux
venant des projets pétroliers, des industries et des hôpitaux.
Chaque compagnie ou industrie a sa propre façon de se débarrasser
des déchets dangereux, et dans la plupart des cas, cela porte
atteinte à l’environnement. Il nous faut donc une méthode unifiée
pour nous débarrasser des déchets dangereux. Je suis certain
que si je demande aux ouvriers d’une industrie pétrochimique
comment ils se débarrassent des déchets dangereux, chacun aura
une réponse différente car il n’existe pas de méthode précise.
Au Japon, si je demande à de simples citoyens comment on se
débarrasse dans leur pays des déchets dangereux, ils auront
la même réponse. C’est pourquoi nous demeurons un pays sous-développé.
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Salah Hafez,
ex-directeur exécutif de l’Agence Egyptienne pour les Affaires
de l’Environnement (AEAE). |
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Il est très difficile pour moi de ne retenir
qu’une seule priorité. Je pense que le principal problème de
la population est celui des pots d’échappement des véhicules,
des motocyclettes et des bus. Le ministre de l’Intérieur, Habib
Al-Adeli, a décidé en 2002 d’interdire le renouvellement de
la carte grise ou du permis du véhicule de tout propriétaire
de véhicule produisant des émanations dangereuses dépassant
les normes désignées par la loi 4 de l’année 1994 sur l’environnement.
Malgré tout, la pollution demeure et il faut donc trouver une
solution rapide. Le second problème qui est également très important
est celui des déchets ménagers. Bien que des sociétés étrangères
spécialistes en gestion des déchets soient présentes, les rues
de l’Egypte ne sont toujours pas propres, en dehors de quelques
avenues importantes comme Salah Salem et Tariq Al-Nasr. Je suis
sûr que ces sociétés ne travailleraient pas de manière si bâclée
dans un autre pays. Et puis le dossier du smog doit être traité
d’un point de vue plus scientifique. En bref, il faut que le
ministère essaye de faire des progrès que le simple citoyen
puisse ressentir.
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Mohamad Al-Zarqa,
expert et ex-président de l’Unité de l’environnement du Fonds
social. |
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