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La vie mondaine

Transports . Réservé seulement à une partie des citoyens, le projet des nouveaux taxis de la capitale continue de susciter bien des critiques ... Un de nos lecteurs s'exprime.

Un projet aberrant
Puis-je me permettre en tant qu’expert dans le trafic routier de donner mon avis sur le projet grandiose du taxi de la capitale qui a pour objectif de moderniser les taxis délabrés du Caire ?

En deux mots, cette idée est une grossière erreur qui aura des répercussions néfastes sur les chauffeurs de taxis et sur les citoyens ordinaires qui endurent déjà un véritable calvaire pour se rendre sur leurs lieux de travail. Pourquoi ? Et bien, parce que, selon ce que j’ai lu à ce sujet, le taxi de la capitale sera une voiture toute neuve avec climatiseur et taximètre intégré commençant à 3 ou 4 livres et faisant payer une livre par kilomètre parcouru. Ce sera donc un taxi pour les riches et non pour les gens ordinaires. Selon les experts, le trajet entre Héliopolis et le centre-ville, qui coûte aujourd’hui 10 L.E. coûtera alors près de 15 L.E. Ceci est une hausse considérable pour un grand nombre de personnes. D’autre part, tous les gens qui prenaient le taxi pour de petites courses « à l’américaine », par exemple de la rue Talaat Harb à la place Tahrir, et payaient une livre seulement seront obligés de payer trois fois plus. Notons aussi que les taxis délabrés du Caire transportent la plupart du temps quatre passagers, alors que le taxi de luxe du Caire transportera un seul client à la fois. Ce qui signifie qu’il faudra quatre taxis pour transporter quatre personnes vers la même destination.

Les rues du Caire n’ont pas changé depuis que le baron Empain a construit Héliopolis en 1906. Où pourront donc circuler les 2 600 nouveaux taxis ? Auront-ils des ailes pour voler ?

Venons-en maintenant aux chauffeurs de taxis eux-mêmes. La raison pour laquelle ils continuent à utiliser leurs taxis délabrés est simple : ils n’ont pas assez d’argent pour les renouveler.Qu’en est-il des milliers de chauffeurs de taxis qui conduisent des taxis délabrés sans taximètres ? Que deviendront-ils ? Notons que le nombre des taxis qui circulent dans les rues du Caire est estimé à 175 000 véhicules.

Tout enfant doté d’un minimum d’intelligence peut vous dire que l’ère des taxis en Egypte est révolue. Le Caire a besoin aujourd’hui de transports en commun de bonne qualité comme ceux qui existent dans la majorité des pays d’Europe. Au lieu du taxi de la capitale, Le Caire a besoin de grands bus confortables, de 2 étages de préférence, d’un large réseau de minibus et de métros souterrains pour transporter les milliers de Cairotes.

Les taxis, qu’ils soient luxueux ou délabrés, c’est la dernière chose dont Le Caire a besoin. Pour ceux qui insistent pour utiliser un moyen de transport privé, il existe déjà plus d’une compagnie présentant le service des limousines, un concept introduit par Jihane Al-Sadate.

En conclusion, j’aimerais demander à tous les responsables concernés de rejeter cette idée du taxi de la capitale qui rendra la vie encore plus dure aux passagers et aux conducteurs de taxis. Je souhaiterais donc qu’un système moderne de transport en commun soit mis en place.

Mamdouh El Dakhakhni, Alexandrie.



La souffrance des musulmans

Le jour de la mort ou plutôt du rappel à Dieu du saint homme de la Palestine, Abou-Ammar, je n’ai fait que pleurer dans la pénombre de ma chambre. J’ai eu un choc en suivant le déroulement des événements sur RFI, ce fut très pénible. J’ai aussi très mal vécu la colonisation de l’Iraq par les Américains pour soi-disant sécuriser le monde ou plutôt Israël. Quelle injustice ! Et pourtant, les mêmes crimes et comportements existent ailleurs sans être condamnés. Ariel Sharon, pour ne pas le nommer, est le prototype du hors-la-loi des temps modernes. Que de crimes à son actif, que de résolutions des Nations-Unies bafouées, que de torts faits à des Palestiniens qui ne demandent même plus aux Israéliens de quitter la Palestine, mais simplement de les laisser vivre chez eux. Ariel Sharon identifie officiellement ses cibles, les traque n’importe où. Il les élimine non seulement sans état d’âme, mais aussi dans la plus grande impunité. Et personne n’intervient si ce n’est pour dénoncer et condamner, mais sans jamais agir. Les bombardements de Tora Bora pour une soi-disant réplique à une attaque supposée terroriste sont une autre aberration, une véritable mascarade réalisée avec la complicité des « musulmans ».

Aujourd’hui, Hamid Karzaï n’instaurera jamais la charia en Afghanistan, Iyad Allaoui sera toujours le « toutou » des Américains qui souhaitent uniformiser le monde pour que tout soit sous leur contrôle. Moammar Kadhafi a mis de l’eau dans son vin et collabore avec ceux qui traquent les musulmans du monde entier, exception faite des « modérés » : la démocratie américaine remplace le texte sacré. Et pour couronner le tout, le symbole le plus vivant de la religion, la terre sainte, la référence : l’Arabie saoudite continue de nourrir les Etats-Unis de son pétrole. Que dira-t-on si aujourd’hui les Américains attaquent les lieux saints de l’islam ? En tout cas, tout porte à croire que cela n’est plus qu’une question de temps car les colonisateurs américains sont en train de franchir, palier par palier, les étapes qu’ils se sont fixées dans leur stratégie de démantèlement de la civilisation islamique. Mais heureusement, la phrase : « Innaa nahnu nazalna zikra wa innaa lahuu la haafizuun » est toujours d’actualité pour rassurer les musulmans. A noter qu’il n’y a pas de modérés ou d’extrémistes en islam, un non-croyant et un non musulman tout simplement.

Je ne serais pas surpris de ne pas voir ma lettre dans vos colonnes, car les musulmans sont très censurés par les temps qui courent ...

Muhammad, Sénégal.



Alexandrie … Un rêve inachevé

Autrefois je vivais dans une ville antique

Sous l’œil des Pharaons, des Grecs et des Romains

La mer était si bleue, le ciel si poétique

Que je pensais tenir le monde entre les mains

Les plages de chez nous portaient des noms magiques

Stanley, Cléopâtra, Sporting, Sidi-Gaber

Chacune éveille en moi des pensées nostalgiques

Quelques brins de muguet dans mon jardin d’hiver

Des souvenirs lointains rangés dans ma mémoire

Que je croyais perdus, s’animent devant moi

Chaque lieu, chaque objet me rappelle une histoire

Qui jaillit du passé pour me remplir d’émoi.

Je revois la maison rose qui m’a vu naître

Et l’étroite ruelle où je jouais jadis

Les « Nonnas », les « Geddos » penchés à leur fenêtre

Les marchands ambulants, les vendeurs de maïs

Je revois mon école et son portail qui grince

Le cher frère en soutane et mon vieux tablier

Ma chaussure trouée, mon estomac qui pince

Devant le tableau noir, la plume et l’encrier

Je revois sur la mer les reflets de Neptune

Puis cette jeune Anglaise à la robe indigo

Qui chantonnait pour nous le soir au clair de lune

Old Mac Donald had a farm, hia, hia, ho !

Je revois le tramway, l’antre cosmopolite

Que tous les lycéens prenaient chaque matin

J’entends avec bonheur leur parler insolite

Un zeste de français, de grec et de latin.

Je revois cette fille au visage angélique

Avec qui je dansais harmonieusement

Serrés, joue contre joue, quand ma bouche impudique

M’attira vers la sienne irrésistiblement

Je revois la corniche et la dernière vague

Qui suivit mon exil en escortant mes pleurs

Mon chagrin si profond, mon esprit qui divague

Sur ce grand paquebot qui m’emportait ailleurs

Enfant de mon pays, je t’offre ce poème

Que tu sois d’Abouqir ou bien d’Al-Alamein

Alexandrie pour nous sera toujours la même

Un rêve inachevé Ya leil, ya leil, ya ein !

Marcel Fakhoury, Alexandrie.



Une nouvelle voie de culture

Il existe diverses visions d’enseignement concernant les programmes d’études. Parmi ces visions, il y a celle qui a pour but que l’élève étudie par cœur et récite ce qu’il a étudié à l’examen. Je crois que c’est une vision stérile. Elle est déjà répandue dans les écoles et les universités, mais sans résultat positif. L’autre option vise à rendre l’étudiant plus intelligent et avide de connaissances, elle insiste sur la réflexion, la liberté d’expression, les recherches, etc. Je suis d’accord avec cette seconde option car c’est un moyen réel pour le développement intellectuel. Je souhaite qu’elle soit généralisée dans les écoles et les universités égyptiennes

Fatma El-Zahraa Damaty, Alexandrie.



Une mode inquiétante

Chaque jour, des vidéoclips contraires à nos coutumes et nos mœurs sont diffusés sur nos écrans de télévision. Les jeunes s’identifient de plus en plus aux acteurs mis en scène dans ces clips et les imitent tant dans l’apparence que dans le comportement. Les programmes que transmettent les chaînes satellitaires représentent la culture égyptienne devant le monde entier. Que pensera un étranger en voyant ces vidéoclips où les chanteurs et les chanteuses ont une attitude vraiment insolente ? Je lance un appel à tous les concernés pour protéger nos jeunes de ce nouveau phénomène qui les habite.

Imane Abdel-Fattah Helmy, Le Caire.
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