Une
fin dramatique pour les jeunes Pharaons qui ont
quitté le terrain en larmes et sous les applaudissements
des spectateurs qui remplissaient les gradins du stade.
Une défaite non méritée pour les hommes de Hassan Chéhata,
le directeur technique de la sélection égyptienne, après
leur excellente performance durant les 110 minutes de
la rencontre.
Bien que menés après 27 minutes par
un coup franc bien placé du capitaine argentin Fernando
Cavenaghi, les jeunes Pharaons ont réussi à remonter
le score 15 minutes plus tard, grâce à un effort personnel
de l'attaquant de Ghazl Al-Mahalla et de la sélection
Réda Métoualli, à la 42e minute de la rencontre. L'Egypte
s'est imposée face à l'Argentine et a percé la défense
à plusieurs reprises, mais c'est le manque de concentration
et d'imagination des attaquants égyptiens devant les
buts adverses qui a bloqué leurs tentatives. Ce qui
n'a pas été le cas des Sud-Américains qui ont profité
d'une erreur de marquage de la part de la défense égyptienne
pour marquer le but de la victoire grâce à l'incontournable
attaquant de River Plate, Cavenaghi, à la 110e
minute de la rencontre et pour se qualifier pour les
quarts de finale. Une grande déception pour les joueurs
qui ont joué un beau match contre le grand favori de
cette compétition (ndlr : l'Argentine a remporté
trois des quatre éditions passées : 2001 et 1997
et 1995). Ils ont raté une chance de prendre la revanche
de leurs prédécesseurs qui ont subi une défaite humiliante
contre les Argentins (1-7), lors de l'édition de 2001.
La victoire était à la portée de la nouvelle génération,
surtout que leurs adversaires n'étaient pas du calibre
de l'équipe de 2001, menée par un magnifique Javier
Saviola (Barcelone/Esp) qui a terminé comme meilleur
buteur de l'histoire de la compétition avec 11 buts.
C'est vrai que les juniors égyptiens
ne méritaient pas d'être éliminés de cette compétition,
mais il faut préciser que ce sont les joueurs eux-mêmes
qui se sont mis dans cette impasse. Lors de leur dernière
rencontre de poule contre le Japon, non seulement ils
ont gaspillé une victoire facile, mais ils se sont bizarrement
inclinés 0-1, pour ainsi se qualifier en tant que troisième
du groupe. C'était un match-clé où il leur fallait remporter
les trois points du match pour décrocher le sommet du
groupe D et être épargnés de la rencontre avec les descendants
de Diego Armando Maradona aussi tôt dans le championnat.
« Le fait que nous ayons garanti notre qualification
avant le troisième match (4 points avec la victoire
contre l'Angleterre et un nul contre la Colombie) a
eu un effet néfaste sur l'équipe. Les joueurs étaient
trop relaxés durant la rencontre », explique
Hassan Chéhata.
Durant
les quatre rencontres disputées lors de cette compétition,
l'équipe égyptienne a impressionné tout les observateurs.
Une formation solide et pleine de talents, tels que
Ahmad Samir Farag (Sochaux/Fra), Emad Meteab
(Ahli), Ahmad Fathi et Hosni Abd-Rabbo (Ismaïli).
Les champions d'Afrique, dotés du soutien d'un large
public émirati, ont été placés parmi les favoris du
titre.
Mais la sélection s'est vraiment distinguée
par sa performance défensive plus qu'offensive. L'impuissance
offensive de l'équipe a été flagrante lors de la compétition.
En quatre rencontres, deux buts seulement ont été inscrits.
Selon les statistiques officielles de la compétition,
59 occasions ont été offertes aux Egyptiens, dont 18
tirs cadrés durant leur parcours. Il était clair que
le sélectionneur était en déficit d'attaquants, notamment
en l'absence de la vedette égyptienne Ahmad Hossam « Mido »
qui a été privé de participation par l'Olympique
de Marseille (Fra), ou du puissant attaquant d'Enppi
Amr Zaki, pas encore rétabli de sa blessure. La révélation
Réda Métoualli, en grande forme, a été une consolation
non négligeable pour Chéhata. Mais elle n'était pas
suffisante pour combler le déficit d'attaquants. En
revanche, Emad Meteab, buteur du Championnat d'Afrique
juniors en janvier dernier, n'a pas été au niveau après
les nombreuses occasions qui lui ont été offertes et
dont il n'a su exploiter qu'une, pour un but somptueux
qui a laissé apercevoir son talent, face à l'Angleterre.
Le numéro 17 égyptien n'était pas le
seul à avoir suscité des interrogations sur son niveau.
Il y avait aussi les joueurs de flanc, Ahmad Saïd, meilleur
latéral droit du Championnat d'Afrique juniors 2003,
et Mohamad Abdel-Wahab (gauche) qui ont failli à leur
réputation. Quant au gardien prometteur Chérif Ekrami,
meilleur gardien du Championnat d'Afrique juniors en
2003, il a présenté une grande performance, mais a été
auteur d'une erreur fatale contre le Japon, qui a été
la cause de la défaite et que le public ne sera pas
prêt d'oublier.
Chéhata se trouvait incapable de faire
face à de tels situations, surtout qu'à côté de lui
sur la touche, le potentiel n'était pas là pour compenser
ce déficit. Les attaquants Ahmad Wahid et Islam Choukri,
le défenseur Ahmad Assem et le milieu Hani Saïd n'ont
pas pu saisir leurs chances lorsqu'ils en ont eu l'occasion.
Chéhata, qui était sous la pression
de l'exploit de la 3e place mondiale précédente, peut
rentrer à domicile en étant satisfait de son œuvre.
De même, les joueurs se sont bien distingués, même s'ils
auraient pu porter les espoirs des Egyptiens plus loin.
Il n'a pas de meilleure preuve que les applaudissements
des 11 000 spectateurs présents dans le stade Al
Maktoum, témoignant de la performance de cette équipe.