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Palestine . Fahd Soliman, président de la délégation du Front Démocratique de Libération de la Palestine (FDLP) aux négociations interpalestiniennes du Caire évoque les raisons de leur échec.
« Epargner les civils aurait accentuer les divisions en Israël »

Al-Ahram Hebdo : Comment évaluez-vous les résultats du dialogue interpalestinien qui s'est soldé par un échec ?

Fahd Soliman : Plusieurs projets d'accord se sont affrontés. Il y avait celui du FDLP et celui du Fatah, auxquels le Hamas a voulu apporter des modifications. De notre côté, on était pour épargner les civils. Mais le Hamas voulait assortir cette disposition de conditions que les autres ont rejetées puisqu'elles compliquent la situation. Le Fatah a cherché alors à introduire une clause visant à relancer les négociations avec Israël, ce qu'a rejeté le Hamas qui considérait cela comme une prolongation des accords d'Oslo. Ne parvenant pas à un accord, les factions se sont finalement contentées d'un communiqué de presse. Les divergences qui ont eu lieu et qui concernent le cessez-le-feu ne sont pas constantes. Elles peuvent changer suivant les circonstances et les engagements que doit accepter la partie israélienne. Le projet du communiqué final rappelle la décision palestinienne de cessez-le-feu prise en juin dernier et jette la responsabilité de son échec sur Israël. Nous avons proposé d'épargner les civils. Car un accord sur ce point crée une situation confortable pour le mouvement palestinien. Il limite son action aux territoires occupés en 1967, et accentue les divisions au sein de la société israélienne quant aux attaques contre les colons et les militaires israéliens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Car il y a des Israéliens qui n'acceptent pas l’occupation militaire israélienne de la Cisjordanie et de Gaza. Les attentats qui avaient lieu en Israël ne faisaient pas de distinction entre Israéliens et Palestiniens, ce qui ne serait pas le cas s’ils avaient lieu dans les territoires occupés. Au cours du dialogue, l'Egypte a joué un rôle important dans l'unification de l'action palestinienne. Ce rôle ne se limite pas à accueillir le dialogue au Caire, mais aussi à s'ouvrir sur toutes les factions et les forces palestiniennes à Gaza et Ramallah.

— Que pensez-vous de l'Initiative de Genève que beaucoup présentent comme une alternative à la Feuille de route ?

— Je crois qu'il ne faut en aucun cas qu'une partie palestinienne entre dans des négociations sauf si elle est mandatée officiellement par l’OLP (l'Organisation de Libération de la Palestine). Toutefois, l'Autorité palestinienne a considéré ceux qui ont signé l'Initiative de Genève comme des individus agissant à titre personnel. L'Initiative a fait des concessions considérables, notamment en ce qui concerne la souveraineté palestinienne, en permettant à l'aviation israélienne d'utiliser librement l'espace aérien palestinien. Elle prévoit également d'installer des stations de pré-alerte dans les territoires palestiniens et la participation israélienne à des barrages routiers dans des endroits qui constituent une partie des frontières palestiniennes.

L'Initiative stipule, d'autre part, l'annexion des colonies par Israël. Celles-ci s'étendent sur 2 % de la superficie de la Cisjordanie, ce qui n’est pas négligeable. L'Initiative a supprimé le droit au retour des réfugiés palestiniens. Seul Israël a le droit de décider de les accueillir. Concernant Jérusalem, elle sera divisée et le statu quo sera maintenu, privant ainsi la ville de son caractère palestinien. Le Mur des lamentations sera sous souveraineté israélienne bien que sa longueur ne soit pas fixée, certains l'estimant à 12 kilomètres, alors que d'autres croient qu'il ne dépasse pas les 3 kilomètres.

Bien que cette initiative soit présentée comme une interprétation de la teneur de la Feuille de route, elle s'inscrit dans le cadre des relations publiques. Les détails de l'Initiative anticipent les résultats des négociations. Ce qui veut dire qu'au cours de celles-ci, les Israéliens procéderont à réduire leurs concessions autant que possible.

— Quelle solution envisagez-vous donc ?

— Il faut reprendre les négociations à partir des résultats auxquels nous sommes parvenus. Cette initiative ne fait qu'augmenter la pression sur Ariel Sharon pour abandonner son intransigeance et afficher sa disposition à appliquer la première phase de la Feuille de route. Néanmoins, Sharon a rejeté l'initiative en ayant recours à une manœuvre : il s'est déclaré prêt à entamer des négociations à travers lesquelles il fera des concessions douloureuses. Cette manœuvre signifie qu'il offrira lors des négociations l'établissement de la souveraineté palestinienne sur 42 % de la Cisjordanie et 70 % de la bande de Gaza. En cas de refus palestinien, il renforcera le mur de sécurité qui grignote les territoires palestiniens et ne laissera aux Palestiniens que la moitié de la Cisjordanie.

Propos recueillis par
A. S.

Un membre de l'OLP visé par des tirs

Des inconnus ont ouvert le feu dans la nuit de lundi à mardi, sans faire de blessé, sur la voiture d'un membre du comité exécutif de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP), alors qu'elle était garée devant son domicile à Naplouse, en Cisjordanie. Tayssir Khaled, membre du bureau politique du Front démocratique de libération de la Palestine, l'une des principales composantes de l'OLP, ne se trouvait pas dans le véhicule quand il a été atteint par les tirs. « L'affaire est entre les mains des services de sécurité qui ont arrêté l’un des auteurs des tirs », a affirmé Tayssir Khaled, qui prétend ne pas avoir d'ennemis connus.

 

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